Quand la ronde rêve de plaire à son docteur...
Comme me le faisait remarquer récemment une amie qui revenait d'une énième "première visite" chez un nouveau médecin, il se produit lors de la rencontre entre la ronde et le nutritionniste un phénomène assez particulier.
Après s'être répandue en confidences intimes, après avoir offert son corps à la balance et au centimètre, après s'être en général entendue dire que l'amaigrissement était nécessaire, voire urgent, voire salutaire et après avoir scrupuleusement écouté les conseil du nouveau diététicien, la ronde est saisie d'une sorte d'euphorie, accompagnée d'un espoir insensé.
Cette fois-ci, se dit-elle quasi systématiquement, mais oubliant qu'elle en avait déjà été sûre la fois d'avant, c'est le bon. Ou la bonne. Il ou elle va voir ce qu'il va voir. La ronde se sent pousser des ailes, elle va respecter à la lettre toutes les consignes et à la prochaine visite, le nutritionniste sera impressionné. Le mot est laché. La ronde veut lui en mettre plein la vue. Elle veut que son nouveau mentor soit fier d'elle. Elle veut peut-être même lui plaire. Se transformer, comme le crapaud devient prince. Se révéler à cet être qu'elle ne connaissait encore pas hier. Elle veut qu'il la félicite comme le faisaient ses professeurs au collège lors d'une dictée sans faute. Il lui a fixé comme objectif de perdre deux kilos en trois semaines ? Elle s'affamera s'il faut mais c'est délestée du double qu'elle se présentera à lui au prochain rendez-vous.
C'est là le problème. Et c'est probablement pour cela justement que ça ne marchera pas... Tant que la ronde aura besoin du regard d'un autre pour perdre son poids, elle n'y arrivera pas. Parce que le coup de foudre de la première séance ne dure jamais. Et que fondamentalement, le médecin en question se fiche pas mal de ses prouesses. Alors, déçue et vexée comme une amante éconduite, la ronde se réfugiera une fois de plus dans les douceurs du sucre et du beurre...
Derrière la figure emblématique du médecin, la ronde sait bien qu'une autre se cache. Mais s'avouer à son âge que c'est sa mère qu'elle voudrait impressionner n'est pas chose aisée...
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Lafaby dit | <<Derrière la figure emblématique du médecin, la ronde sait bien qu'une autre se cache. Mais s'avouer à son âge que c'est sa mère qu'elle voudrait impressionner n'est pas chose aisée...>> |
Caroline dit | Lafaby, ton commentaire n'est pas confus et je trouve extrèmement émouvant. Tu n'as pas idée à quel point il résonne en moi... Merci. |
Lafaby dit | Tant mieux alors ! :-) |
Raphaëlle dit | JE vais avouer un truc terrible, qui va, je le sens, me faire bannir à tout jamais de ton blog. Comment dire une chose pareille? |
Caroline dit | Ouah Raphaëlle, quel message ! Il y a beaucoup de choses dedans tu sais. Tellement que je trouve drôlement dommage que ce comm reste caché dans les limbes des archives. Parce que franchement, c'est très réconfortant de lire un truc pareil. Et en même temps extrèmement émouvant l'amour que tu portes à ton père. Je crois que je vais rediffuser très prochainement ce post pour que ton comm soit lu, si tu n'y vois pas d'inconvénients... |
Raphaëlle dit | J'en serais fichtrement honorée, Caroline. D'un coup, je me sens un peu impudique, mais si ça peut réconforter d'autres abonné(e)s aux nutritionnistesqui voient en eux une figure de l'autorité infaillible... Repose toi bien. Et, une dernière fois, bon anniversaire |



















