Pensées d'une ronde

Parle à mon cul

Tout pour être plus belle de dos". C'est ce que nous promet le Elle de cette semaine. Histoire de nous rappeler qu'en effet, le bourrelet du ventre qu'on essaie de camoufler du mieux possible avec une blouse un peu large, c'est rien comparé à l'énorme popotin qu'on se trimbale quotidiennement, sans qu'il ne nous soit - heureusement - imposé de le voir, mais que le reste du monde moque en silence, c'est sûr.

 

Donc, intriguée et pleine d'espoir, la ronde se précipite sur son magasine chéri - et pourtant ô combien souvent détesté - histoire de voir à quelle sauce son cul pourrait être mangé... Outre les conseils judicieux prodigués par de filles pourvues de fesses ressemblant à de charmants abricots veloutés, sur laquelle la ronde reviendra plus tard, "Elle" nous propose, dessins à l'appui, un inventaire de ces petits défauts de fessiers qui nous pourrissent la vie. Pour chaque type de cul, des astuces vestimentaires sont suggérées, afin de "tirer parti" de nos imperfections. Sur le principe, rien à dire.

 

Seulement voilà... il y a certes la fille aux fesses basses, la fille à la culotte de cheval, la fille aux fesses plates, ou celle aux grosses fesses. Mais il n'y a pas la fille AUX GROSSES FESSES BASSES ET PLATES ET A LA CULOTTE DE CHEVAL... Du coup, la ronde est perdue: en cas de fesses basses, il faut porter des robes droites. Mais si culotte de cheval il y a - et oui, il y a - surtout pas malheureuse! Idem pour le jean. En cas de gros cul, qualifié de "sexy" par la facétieuse journaliste, "ni taille haute, ni taille basse, le jean doit enrober la hanche et souligner la naissance de la taille" (heu... ????). En revanche, en cas de cellulite, il faut choisir une taille semi-haute (re-heu... ?). Mais si votre pétard en plus d'être bas est également plat - si si, c'est possible - c'est fichu. Pour un cul raplapla, rien ne vaut en effet une taille basse. Totalement proscrite par contre en cas de petites jambes et donc de cul bas. Ah, parce que oui, j'oubliais, "Elle" nous révèle un truc complètement dingue: quand votre postérieur semble trainer sa misère, "ce qui pêche, ce n'est pas vos fesses, ce sont vos jambes"... Vous pensiez n'avoir qu'un problème de postérieur ? Raté, vos jambes aussi sont bonnes à jeter.

 

Bref, la ronde finit par refermer rageusement le magasine, constatant une fois de plus qu'elle n'entre dans aucune des catégories proposées. Elle continuera donc de s'habiller tant bien que mal et de tourner dignement le dos à son cul. Après tout, il ne mérite que ça.

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Sex Bomb

18 juin 2006

Sex bomb

Il y a quelques jours, je rentrais chez moi après une journée harassante et un trajet en bus éprouvant, coincée entre deux grands bonhommes transpirants et sans arrêt déséquilibrée par des coup de freins intempestifs - vive les embouteillages en pleine canicule. Je rentrais, disais-je, fatiguée, sans entrain, à moitié déprimée à l'idée du repas qu'il allait falloir préparer tout en répondant aux attentes multiples de mes deux enfants toujours très en demande à cette heure de la journée. Mon sac était lourd, lesté par l'ordinateur portable qui me rappelait que le réveil du lendemain serait très matinal en raison d'un train à prendre à l'aube. Bref, ce soir là, j'étais dans une forme relative, handicapée qui plus est par des ampoules cuisantes dûes à la chaleur soudainement tombée sur Paris. Et puis, dans mes écouteurs, alors que je descendais la dernière marche du bus, Tom Jones s'est mis à me susurrer avec sa voie rocailleuse et langoureuse: "You're my sex-bomb...". J'ai d'abord souri, me disant qu'à cet instant précis, j'avais tout d'une mule épuisée et rien d'une bête de sexe. Mais il a insisté:

 

"Sexbomb sexbomb (uh) you're my sexbomb
And baby you can turn me on... baby you can turn me on"

 

Ses "uh" et ses "hah" étaient on ne peut plus explicites et le morceau remixé techno de plus en plus dansant. Subitement, mon ordinateur s'est fait léger, et mes pieds empoulés ont dégonflé. Mon pas s'est accéléré, et mes hanches, malgré moi se sont balancées. Lorsqu'il m'a dit: "sex me slow", j'ai redressé le buste, et les seins en avant je me suis cambrée. J'ai traversé mon avenue bruyante et polluée le cul bombé, au rythme d'une batterie de plus en plus effrénée. J'ai fini le trajet en chaloupant, fredonnant des "turn me on, turn me on..." sur un tempo de plus en plus lent. Lorsque j'ai ouvert la porte de chez moi, la chanson se terminait. Les enfants ont dévalé l'escalier en hurlant qu'ils avaient faim, que la maitresse avait dit que j'avais oublé le mot pour la sortie de classe, que théo les avait invité, qu'ils avaient joué au foot à la récré, que Fatoumatah était malade et que Marine avait des poux.

 

J'ai respiré un grand coup et une petite voix m'a susurré qu'une sex-bomb comme moi devrait être en mesure de tout assumer...

 

Nous sommes toutes des sex-bomb, les filles. Le tout est que parfois, quelqu'un nous le rappelle...

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Logique...

 

- J'en ai ras-le-bol, j'ai encore pris un kilo.

- Tu sais, si depuis dix ans, tu avais REELLEMENT pris un kilo tous les lundis, tu passerais plus les portes.

- C'est parce qu'après, je les reperds.

- Et pourquoi tu ne me le dis jamais, que tu as perdu un kilo?

- Parce que je sais que de toutes façons, je vais le reprendre.

- Alors tu ne devrais pas non plus me dire que tu as pris du poids puisque tu sais que tu le reperds systématiquement...

- ...

Oui, je sais, je sais...

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Sous les jupes des rondes, épilogue ?

Une fois n'est pas coutume, un petit message d'espoir spécifiquement destiné à toutes les filles dont les cuisses se touchent... Il y a quelques jours, je remettais au goût du jour un billet écrit au printemps, sur les souffrances tapies sous les jupes des rondes.

 

Et là, une lectrice avisée et généreuse, Marilou, m'a fait part d'une découverte que je n'hésiterais pas à qualifier de bienfait pour l'humanité: la crème Nok, d'Akiléine. Rendons à César ce qui est à César, c'est Hélène qui parla la première de ce produit magique sur son blog 100% filles, vantant ses qualités exceptionnelles. Enrichie au beurre de Karité, cette pommade protégerait l'épiderme des inflammations dûes aux frottements intempestifs.

 

Curieuse mais sceptique, je me suis rendue dans une pharmacie acheter un tube de Nok. Délestée de 10 petits euros - je crois que j'aurais pu donner dix fois plus pour une telle cause - je suis repartie chez moi, impatiente d'essayer l'onguent.

 

Dès le lendemain, ce fut chose faite. Texture un peu épaisse, odeur agréable. J'ai massé longuement mon entrejambe jusqu'à pénétration totale et je suis partie travailler, pas tellement légère mais néanmoins court vêtue...

 

A chaque pas, je m'attendais à sentir les prémices d'une brûlure. Mais rien de tel n'arriva. Bien sûr, mes cuisses n'ayant pas réduit de moitié dans la nuit continuaient de s'embrasser à chaque enjambée, mais sans s'embraser. La peau lubrifiée glissait sans s'irriter. Après une journée de marche, aucune souffrance n'a altéré mes pérégrinations.

 

Voilà, rondes de tous les pays, sachez que le salut est à portée de pharmacie. Pour dix euros vous pourrez mettre à l'air vos gambettes et vous sentir... femme.

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Tu bouffes

Parfois, tu manges. Souvent, tu bouffes. La première part, tu la manges. La deuxième, tu la bouffes. Pour certains, ce n'est qu'une question de vocabulaire, pour toi, c'est un état d'esprit.

 

Quand tu es entourée, tu manges. Au restaurant, tu fais attention, tu choisis les plats diététiquement corrects, ceux qui ne feront pas lever les yeux au ciel de tes convives, étonnés qu'avec tous ces kilos tu te permettes un confit-patates sautées. Au dessert, tu attends, fébrile, le choix de tes acolytes. S'ils prennent un café, alors toi aussi, tu sautes le sucré, osant même un "je n'ai plus faim, moi non plus", pas très convaincu. S'ils demandent la carte des douceurs, tu fais mine d'hésiter, mais tu jubiles. S'ils en croquent, alors pourquoi pas toi ? Dans ta tête, tu te répêtes "salade de fruits, salade de fruits", comme une incantation. Pourtant, lorsque le serveur se tourne vers toi, c'est "Fondant au chocolat" qui sort de ta bouche, sans que tu comprennes pourquoi. Mais là encore, tu manges, sagement. Il y a même des soirs où tu ne finis pas. Tu t'appuies alors sur ton dossier, la main sur le ventre et tu soupires que tu n'en peux plus, tu as bien trop mangé.

 

Seulement, quand tu rentres chez toi, dans ta cuisine à peine éclairée par le halo du néon de ton réfrigérateur et que personne ne peut plus lever les yeux au ciel, tu bouffes.

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Dix ans

 

Aujourd'hui, c'est son anniversaire. C'est aussi celui de notre histoire. Dix ans. Dix ans qu'on ne se lasse pas de se demander qui prendra le pain ce soir, qui appelle la baby-sitter pour samedi ou quel film on prend au vidéo. Dix ans que le vendredi est un jour qui sourit parce que les deux matins qui suivront seront doux. Dix ans de "J'ai grossi, non ?", dix ans de "Non, pas du tout".

Dix ans à deux dont six à quatre. Dix ans que sur cette place des Abesses, un soir de lendemain de fête de la musique, après quelques jours de valse hésitation, on s'est serrés fort. Ce soir là, on s'est dit qu'on ne voulait pas que ça s'arrête. Alors on a continué.

Dix ans, et maintenant ? "Maintenant", comme le dit la Maman souris de Claude Ponti, "on voyage..."

Bon anniversaire.

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Des mains expertes

Elle en avait souvent eu envie, mais jusque là, elle n'avait jamais osé. Confier son corps à une inconnue et s'abandonner à ses mains expertes, c'était tentant mais au dessus de ses forces.

Pourtant, l'idée de se faire huiler et masser la séduisait. Ses amies qui allaient souvent au hammam ne tarissaient pas d'éloges sur les bienfaits de ces coutumes ancestrales.

Alors un jour, après ce fameux après midi à la mosquée de Paris, elle retourna au hammam. Et cette fois-ci, elle ne se contenta pas de suer. Timidement, après deux heures de transpiration, de shampoings et de gommages, elle s'allongea sur un matelas, enroulée dans une serviette, et dégustant un thé, elle attendit son tour. Les tables de massages trônaient au milieu de la salle de repos et quand elle réalisa que toutes les femmes qui se prélassaient à ses côtés pourraient la regarder nue et malaxée, elle décida de s'en aller. Le hasard voulut que la masseuse choisisse cet instant pour appeler son numéro. Prise au piège, elle se rendit de mauvaise grace.

 

La vieille marocaine la fit prendre place sur la table, lui enlevant d'autorité le drap qui la protégeait des regards. Guidée par la masseuse qui accompagnait ses gestes d'une douce mélopée en arabe, elle fit tomber ses bras le long de son corps et écarta légèrement les jambes. La femme fit couler sur son ventre une décoction d'argan et de thym. Les gouttes d'huile coulèrent dans les sillons de son abdomen. Les mains habiles commencèrent alors leur travail. Energiques et douces, elles empoignèrent chaque bourrelet, s'infiltrèrent d'autorité dans chaque repli, dans chaque commissure. Tout en laissant courir ses doigts, la masseuse fredonnait une chanson de chez elle et parfois s'interrompait pour lui demander de se retourner, de lever un bras ou de se mettre sur le côté. "Allez, la belle, viens, je vais te frotter le coude... donne ta main, ma fille, assis toi, la chérie..."

 

Il n'y avait plus personne autour d'elles. Elle obéissait en silence, la laissant masser ses reins, ses fesses et ses seins. Elle finit huilée jusqu'au bout des doigts et des orteils, le visage luisant lui aussi, a force d'être modelé.

 

Le massage avait duré trente minutes, il aurait pu s'éterniser des heures. Quand elle se leva, elle n'était plus tout à fait la même. Elle s'était réappropriée ce corps qu'elle refusait parfois même de regarder. Il avait fallu pour cela qu'elle laisse cette vieille magicienne s'en emparer.

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Ronde en string

 

Suite à un commentaire de Pati, petite histoire d'un string...

 

Longtemps, la ronde a fantasmé sur les strings. Convaincue que ce n'était pas pour elle, elle convoitait pourtant l'objet interdit, ce privilège des petits culs, seuls habilités à en porter. Parfois, elle hésitait, tripotait la petite ficelle, caressait l'étoffe. Mais invariablement, lorsqu'elle achetait un soutien-gorge, elle se rabattait finalement sur la bonne vieille culotte montante parfois même pas coordonnée.

 

Un jour pourtant, une vendeuse d'un magasin de lingerie insista pour qu'elle en achète un. Elle prit cette incitation comme une faveur. Elle se sentit adoubée. Elle, et surtout ses grosses fesses, avaient la permission de porter sous ses pantalons ce triangle de soie. Qui plus est, ce droit lui était reconnu par LA prêtresse ultime, la vendeuse de lingerie...

 

Certes, cette dernière lui conseilla de choisir un modèle "bien extensible" et l'encouragea vivement à le prendre en taille 4, voire 5. Certes, un string taille 5 ne ressemble en rien aux format mini d'ordinaire exposés. Mais peu importe, après avoir payé la divine parure, la ronde sortit de la boutique persuadée d'être la fille la plus chaude du quartier.

 

A peine arrivée chez elle, n'y tenant plus, la ronde fit valser sa vieille culotte et enfila voluptueusement son string noir taille 5 extensible. La volupté ne dura pas. Elle s'y reprit à trois fois, et encore aujourd'hui, n'est pas sûre d'avoir trouvé le bon sens dans lequel le mettre. Après avoir étudié toutes les options, elle se dit qu'après tout peu importait, un string était peut-être ainsi fait qu'il pouvait s'enfiler de différentes façons. Le problème, tout de même, c'était cette ficelle. Pas moyen de s'empêcher de tenter de la décoincer d'entre ses fesses. D'autant qu'une fois sur elle, le slip semblait bien plus petit que dans le magasin et que la dentelle censée "se faire oublier" - dixit cette garce de vendeuse - devenait, pas après pas, un objet de torture, relevant plus de la ceinture de chasteté que de l'accessoire sexy. En se contorsionnant, la ronde s'aperçut en outre qu'ainsi départagées, ses fesses semblaient encore plus énormes, boudinées à la taille par un élastique tendu à l'extrême.

 

Malgré tout, elle décida de le garder jusqu'au soir. Petit à petit, et de façon totalement inespérée, la ficelle sembla trouver sa place et la dentelle se fit plus lache. De là à dire qu'elle se fit oublier... non. Mais la ronde connut ce sentiment particulier de savoir, alors qu'elle marchait dans la rue, qu'elle portait un string. C'était comme un secret que l'on rêve de susurrer à l'oreille des hommes, un plaisir inavouable et coupable, une délicieuse cachotterie.

 

Elle était peut-être trop ronde, mais sous son pantalon, son cul était nu...

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Sous les jupes des rondes

Une fois n'est pas coutume, je republie cette note, écrite dans les premiers jours de ce blog. Disons qu'elle est de saison...

"L'été arrive, les filles vont se dévêtir et les jupes vont raccourcir", se réjouissaient récemment deux amis. Oui, l'été arrive. Et cette nouvelle est loin de ravir la ronde...

 

Avec les beaux jours, il faut dire adieu aux grands pulls et manteaux qui certes ne cachent rien mais sont autant de remparts entre son corps et les regards inquisiteurs. Au revoir aussi, les bottes moulantes qui galbent le mollet.

 

Qui dit chaudes journées dit aussi jambes nues. Terminé, l'effet ventre plat des collants amincissant. Envolée, l'illusion d'une jambe fuselée grâce au dieu lycra.

 

L'été apporte aussi sont lot de désagréments. Les pieds gonflés sont sciés par les brides des chaussures estivales. La ronde s'essoufle plus vite. Elle transpire plus que la moyenne et souffre de maux de tête dès les premières chaleurs.

 

Mais surtout, l'été signifie pour la ronde l'apparition d'un syndrome aussi douloureux qu'honteux: les "cuisses qui frottent". Cette affection qui peut faire sourire à première vue, est dûe à l'excédent de gras se situant en haut des cuisses. Celles ci frottent l'une contre l'autre à chaque pas effectué. Avec la chaleur, les jambes ont tendance à gonfler, ce qui ne fait qu'accentuer le phénomène. Au départ, la sensation est tout juste désagréable. Mais en cas de marche prolongée, les peaux s'échauffent et les cuisses n'en finissent pas de se blesser mutuellement. Comme du papier de verre frotté sur des plaies à vif. En fin de journée, l'entrejambe est en sang et la brûlure est insupportable. Pourtant, la ronde préfèrerait mourir plutôt que de parler de cette meurtrissure.

 

L'été approche et les garçons se réjouissent. Ils sont loin de se douter des souffrances tapies sous les jupes des rondes...

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J'ai grossi, non ?

 

- Si on allait au ciné ce soir ?

- Oui... si tu veux...

- Ben non, si ça te dit pas trop, on n'y va pas.

- Si si, c'est juste que j'ai vachement grossi, non ?

- Alors on va voir quoi ? Tu voulais pas voir Volver ?

- ça se voit, hein ? Je suis sûre que tu trouves que ça se voit.

- On pourrait aller à la séance de 20h, comme ça on rentre pas trop tard ? Attends, je vérifie sur Internet si ça passe au MK2.

- De toutes façon, c'est obligé que tu t'en sois rendu compte, j'explose dans mon jean. J'en ai ras-le-bol, je ne mange rien et je perds pas un gramme. Je sais pas comment tu fais pour te montrer avec moi.

- C'est bon, y'a une séance à 19h50. J'appelle la baby-sitter.

- Non mais c'est vrai, moi à ta place j'aurais honte.

- File moi son numéro, je le trouve plus.

Puis, après un silence

- Hey...

- Oui ?

- Arrête.

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Foot et femmes

Hier, je regardais le match avec cocotte, fiston et baby-sitter, restée pour ne pas en perdre une miette. Oui, j'avoue, moi la ronde allergique au sport, j'aime - en vrai j'adore - regarder l'équipe de France. Je me permets même, moi qui n'ai pas piqué un sprint depuis des lustres et qui dépasse de quelques années la moyenne d'âge de cette équipe, de critiquer leur manque de jambes ou de moquer leur grand âge.

Enfin bref, on regardait, au départ enthousiastes, puis petit à petit complètement désabusés par la médiocrité du jeu, quand mon fils, chair de ma chair, nous interpella avec le plus grand sérieux:

"Je veux pas dire, mais quand même, je trouve qu'il n'y a pas beaucoup de filles, dans cette équipe..."

Le plus beau, c'est qu'il semblait évident pour lui qu'un lien de cause à effet existait entre ce constat et la nullité du résultat.

Peut-être n'ai-je pas tout raté ?

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Ces petits riens

Point n'est besoin ce matin de monter sur la balance. Tous les indicateurs du kilo repris ont viré au rouge:

Petite culotte: semble décidée à se coincer dans mes fesses. Disgracieux et désagréable

 

Pantalon: a rétréci de deux ou trois centimères. Impression "feu au plancher" des plus élégantes

 

Tunique: les coutures des manches sont entortillées autour de mes bras. Je ressemble à un saucisson

 

Seins: veulent à tout prix s'échapper de mon soutien-gorge. On pourrait croire que j'en ai quatre

 

Pieds: sciés. Rebondissent de mes chaussures

Ventre: en boudin.

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Aïcha

Maman, tu sais combien d'enfants vivent dans la maison d'Aïcha ? Treize ! Tu te rends compte ? Y'a ses frères et soeurs et aussi des cousins. Et y'a que deux chambres dans sa maison !

Maman, Aïcha, elle dort tout le temps à l'école. La maîtresse elle dit que c'est parce qu'elle dort pas assez chez elle. Aïcha elle m'a expliqué que c'est compliqué de dormir avec tous les autres enfants dans sa chambre.

Maman, Aïcha, je l'aime bien, mais y'a des jours où elle me fait mal à force de me tenir par le cou. Je lui dit d'arrêter et de juste me donner la main mais elle dit qu'elle peut pas s'empêcher de me prendre par le cou, parce qu'elle m'aime trop. Mais moi j'en ai marre. En plus elle veut pas que je joue avec mes autres copines.

Maman, Aïcha elle veut que je l'invite. Mais moi j'ai pas très envie.

Maman, Aïcha elle a eu très peur à la piscine parce que devine quoi ? Elle était jamais allée dans l'eau.

Maman, Aïcha elle raconte que bientôt elle va aller habiter chez Marine dans sa maison et que Marine elle habitera dans la maison de la famille d'Aïcha. Tu crois que c'est vrai ?

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Putain d'ADN

La nouvelle m'est tombée dessus ce matin. Un dimanche qui s'annonçait plutôt bien en plus. C'était sans compter ce couperet cruel lu dans "Marie-Claire" : on a tous un poids programmé génétiquement. La bataille contre les bourrelets est perdue d'avance. Programmée pour mesurer 1m60 et peser 70 kilos ? Et bien voilà, c'est comme ça, à prendre ou à laisser. Comme dirait Coluche, on nait tout égaux, sauf que certains le sont plus que d'autres. D'ailleurs, mieux vaut accepter son triste sort, parce que pour info, au cas où vous seriez tentés de lutter contre la nature, sachez que vous avez toutes les chances d'y laisser des plumes tout en prenant du poids...

 

En gros, en cas de régimes à répétition, fatigué de se voir imposer des restrictions, votre si sympatique patrimoine génétique décide d'en remettre une couche et se reprogramme comme un grand, tout seul, sans qu'on ne lui ait rien demandé. Inutile de préciser que ce reformatage se fait toujours dans le même sens et que le poids prédéfini ne fait qu'augmenter...

 

Putain d'ADN...

 

Ce qui m'étonne un peu, c'est que cette théorie - tout à fait crédible à mon sens - est défendue par des médecins qui par ailleurs font fortune en vendant des livres de régime et en se pointant à toutes les émissions du genre "J'ai décidé de maigrir". Et dans ces cas là, ils se gardent bien d'avertir les pauvres filles qui rêvent de perdre les cinq, dix ou quinze kilos qui les empoisonnent que rien n'y fera. Telles des sisyphes modernes, elle passeront leur vie à tenter de déposer en haut d'une montagne leur graisse qui n'en finira pas de leur dégouliner dessus dès qu'elle auront le dos tourné...

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De mère en fille

Au square, ce matin, ma fille se suspendait à une barre parallèle et tentait de se hisser en tirant sur ses bras. Sous l'effet de la tension, ses muscles se sont tendus, Sous ses épaules, deux petites pommes dures sont apparues bougeant au fur et à mesure de ses mouvements.

En regardant son corps nerveux et fuselé se balancer, je me suis surprise à me réjouir de la voir si svelte.

"Avec un peu de chance, elle ne connaitra pas les affres d'une enfance trop ronde. Avec un peu de chance, elle ne pleurera pas le soir en pétrissant son ventre. Avec un peu de chance, cet obstacle là lui sera épargné", me disais-je.

Je sais que tout ceci est chimère. On ne peut pas empêcher ses enfants de pleurer. Et puis je sais aussi que si je me réjouissais ce matin, ce n'était pas que par altruisme maternel. Il y avait beaucoup de vanité et d'orgueil dans cette contemplation satisfaite. Cette si jolie fillette, après tout, n'est pas sortie de nulle part, pensais-je aussi...

Les enfants portent toujours en eux les rêves brisés de leurs parents. Je voudrais tant que cela ne soit pas vrai, je voudrais tant ne pas lui souhaiter la minceur éternelle uniquement pour conjurer mes traumatismes enfantins...

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Petit homme

Ce soir, je touillais de la viande hachée en train de griller dans une poêle, sous l'oeil attentif de mon fils, apprenti cuisinier en herbe. Alors que je venais de lui refuser le droit de mélanger à son tour pour cause de plaque trop chaude, il a eu cette phrase magnifique: "Tu sais maman, je crois que je préfère que ce soit moi qui me brûle plutôt que toi".

Plus que ses mots, c'est le ton presque douloureux qu'il a eu pour les prononcer qui m'a saisie. Comme si cette constatation le bouleversait autant, peut-être même plus que moi. Comme s'il prenait soudain conscience que ma douleur lui serait réellement insupportable. Comme s'il réalisait que cet amour presque sacrificiel portait en lui une part de souffrance inévitable.

Petit homme, si tu savais comme moi aussi je préfèrerais dix mille fois mettre ma main au feu plutôt qu'une simple étincelle ne t'atteigne...

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Oral de rattrapage pour les grosses

"-3 kilos avant le maillot". C'est la deuxième salve des magasines féminins. Après le "Spécial maigrir" du mois d'avril, il y a une session de rattrapage pour celles qui auraient loupé l'écrit. Donc là, il ne s'agit plus du tout de maigrir "progressivement, en mangeant de tout" - ou presque - mais de littéralement s'affamer pendant les trois semaines qui restent avant le lancement officiel de la saison du maillot...

 

Inutile de vous préciser que la ronde a déjà essayé ce genre de diète musclée. Les kilos finissent bien sûr par s'en aller, pour mieux revenir dès le premier barbecue du mois de juillet ou le deuxième apéro du mois d'août. Vous avez donc une petite chance de commencer l'été allégée et une forte probabilité de le terminer bien engoncée...

 

Le corps se venge toujours, n'oubliez pas...

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Devoir de mémoire

La nuit dernière, ma cocotte a fait un cauchemar. Pas juste un mauvais rêve, non, un de ces cauchemars qui vous laissent en sueur dans vos draps trempés, le coeur battant la chamade et l'angoisse plantée en plein ventre. Un de ceux sur lesquels la magie d'un verre d'eau n'opère pas, pas plus que les calins d'une maman ensommeillée. Un vilain songe vicieux qui revient dès que les paupières se referment.

Après nous être réveillés trois fois, nous l'avons calée entre nous deux - ouh, c'est mal - deux parents épuisés sachant que même les plus odieux rêves d'enfants ne résistent tout de même pas aux gardiens farouches et belliqueux que sont un papa et une maman en manque de sommeil.

Le lendemain, ma fille ayant réussi à retrouver son calme, a réussi à me raconter le fameux cauchemar. "Il y avait ce monsieur très méchant, tu sais maman, qui voulait m'emmener loin d'ici pour me prisonnier et me tuer, avec plein d'autres enfants. Tu sais, "Adof Hiter"".

Adof Hiter... J'ai tout de suite mieux compris sa terreur nocturne. Moi même je n'apprécierais pas trop que le bonhomme vienne me rendre visite en pleine nuit.

Une question tout de même: pourquoi Adof Hiter ? A ma connaissance la seconde guerre mondiale ne fait pas encore partie du programme de troisième année de maternelle. L'explication est en réalité très simple. Il y a deux jours, alors que j'étais à Berlin  (!), une cérémonie du souvenir a été organisée dans l'école maternelle, en hommage aux nombreux enfants disparus pendant la rafle du Vel d'Hiv. Après la pose d'une plaque commémorative, les enseignants ont tenté d'expliquer ce qui était arrivé à ces petits. Sans se douter qu'"Adof Hiter" occuperait beaucoup de place dans la tête de leurs jeunes élèves...

J'ai bien tenté d'expliquer à ma fille que le monstre était mort et qu'il ne risquait pas de revenir de sitôt. Se souvenir était bien sûr essentiel, mais il ne fallait plus avoir peur. Terminé ma biche, on n'y pense plus, rideau. Elle m'a regardée perplexe, puis m'a lancé:

"Alors pourquoi ma maitresse nous a dit que si on n'y pense plus ça risque de se reproduire ?"

A ce moment là j'ai compris qu'elle s'efforçait, depuis la pose de la plaque, de garder tous ces enfants morts à l'esprit, de peur que l'histoire ne se répète...

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