Pensées d'une ronde

Mike et moi

Me voilà bien em...bêtée. Je comptais un peu vous raconter, à mes dépends mais aussi à ceux de la photographe, cette séance photo qui a eu lieu il y a quelques semaines déjà et qui ne me laisse pas un souvenir impérissable. Et puis je me dis que ce n'est pas super cool. D'abord parce que les clichés sur Femme actuelle sont finalement plutôt pas mal et que dire du mal de mes copines de Elle que je ne connais pas c'est une chose mais brocarder une fille qui après tout a fait son boulot ce n'est pas joli joli.

 

Cela dit, force est tout de même de reconnaitre qu'elle était un peu... spéciale.

 

Bon, ok, c'était Mike Tyson.

 

Sauf qu'elle mesurait un mètre 55 et qu'elle devait peser 42 kilos.

 

Mais c'était quand même Mike Tyson. Et que si j'hésite à en parler plus que ça c'est que mon thérapeute et moi on pense que c'est peut-être trop tôt rapport au travail qu'on a entrepris pour gérer le stress postraumatique.

 

Et aussi que j'ai peur. 

 

C'est simple, je ne mettrai plus jamais le pied dans le quartier où s'est déroulée la séance parce qu'à mon avis y'a un contrat sur ma tête. Oui, sur la mienne. Vous en connaissez vous des gens qui oseraient s'en prendre à Mike Tyson ? Ah ! Donc forcément, faut bien qu'il y ait quelqu'un qui paye.

 

Par mesure de précaution donc, j'ai rayé de la carte le cinquième arrondissement de Paris. 

 

Faut dire que ça avait mal commencé.

 

J'étais arrivée en retard et Mike, elle aime pas ça. 

 

Et puis moi je croyais que la séance allait durer dix minutes et qu'on ferait ça à la terrasse d'un café. Alors j'avais mis des chaussures à talons achetées la veille. Au bout d'une station de métro j'ai cru mourir des pieds.  J'étais pourtant assise.

 

Alors inutile de vous dire qu'au terme d'un marathon de deux heures et demie qui nous a fait parcourir le quartier Mouffetard de long en large et en travers - surtout en travers d'ailleurs - j'ai frisé la gangrène du gros orteil.

 

En revanche, j'avais comme qui dirait pris le parti d'être vraiment mal habillée. Ben oui, à croire que j'ai du mal à être bien de partout. Là, j'avais donc des chaussures rutilantes et blanches qui me rajoutent pas loin de dix centimètres au garot. Oui je dis bien au garot parce qu'avec je ne marche pas vraiment droit, mon cul a tendance à partir en arrière pour compenser la glissade qui s'opère à l'intérieur de la chaussure - comment vous faites d'ailleurs pour que votre pied il reste DETENDU dans une pompe à talons ? Le mien, il débaroule et finit tout boudiné au fond, là ou c'est le plus étroit Y'a même des fois où vu du talon on se demande si y'a vraiment un pied dans la chaussure.

 

Mais je m'égare. Par réaction à la cambrure de mon derrière, le haut de mon corps, lui, se penche alors en avant pour que tout ne se casse pas la figure. Bref, la démarche altière, ça me me connait pas, moi je tiendrai plus du chevalin, avec des talons.

 

Bref, revenons à nos moutons, j'avais des chaussures Barbara Gould. Du coup... le reste c'était du n'importe quoi. Une tunique à bretelles d'été qui en est à sa troisième saison après avoir servi de robe de plage l'année dernière et qui craque un peu sur les côtés, un soutien gorge playtex avec bretelles rembourrées - je l'adore mais dieu qu'il est laid - donc plus larges que celles de la tunique et un gilet ajouré.

 

Très ajouré, le gilet.

 

 Surtout au coude.

 

Pour ainsi dire, troué le gilet.

 

Quand au bas, un legging fatigué de l'entrejambe.

 

Bref, quand elle m'a vue arriver, Mike Tyson m'a toisée et direct calmée en me demandant si je voulais prendre deux minutes pour me recoiffer.

 

Je l'ai regardée avec mon air de fille paniquée d'autant que la fée Babou n'était même pas là. J'ai dit que ben non, ça risquait pas rapport à l'absence de brosse dans mon sac tout usé rose avec des palmiers.

 

Mike Tyson a eu envie de me coller une droite, je l'ai bien senti. Et là je suis hyper fière de moi parce que je lui ai dit super froidement que voilà, moi j'étais comme ça, tendance décoiffée. Ok, ma témérité venait du fait que je venais de rencontrer Mike. Après coup, mon thérapeute et moi on pense que j'ai provoqué la bête.

 

Mike m'a répondu du tac au tac que j'étais aussi tendance pas maquillée et trouée au coude. Elle a aussi dit que les talons c'était une mauvaise idée pour un trek dans le quartier mouffetard. Je peux vous dire qu'après j'ai plus mouffeté.

 

Hin hin, mouffetard, mouffeté... bref.

 

Voilà, ensuite ça a été une succession de moments nutella. Mike a commencé par virer une pauvre jeune femme qui mangeait tranquillement son sandwich sur le banc à côté de moi parce qu'elle gachait la photo. Souvent, la nuit, je la vois encore qui me regarde, son sandwich entamé. Elle me demande au nom de quoi j'ai foutu en l'air sa pause déjeuner.

 

Ensuite Mike m'a hurlé de sourire tellement de fois qu'à la fin j'avais une tendinite de la machoire en plus de ma polyarthrite de l'orteil.

 

Elle a également engueulé un maraicher qui était manifestement un psychopathe tout juste sorti de l'HP. Mais je peux vous dire que Mike, ça l'a bien fait rigoler. Il lui en faut plus que ça pour l'impressionner. Encore aujourd'hui on ignore ce qu'il est advenu de ce pauvre homme. Avant de disparaitre, il a tout de même pris le temps de proférer des insultes assez explicites sur ce boudin qui se prenait pour Catherine Deneuve. Et croyez moi, ce n'est pas de Mike qu'il parlait, ça j'ai bien saisi.

 

Mike n'a pas non plus apprécié qu'une jeune mère de famille passe avec sa poussette devant moi sur le trottoir alors que je prenais une pose devant un mur de graffitis. J'ai sauvé l'enfant de justesse.

 

Ensuite on s'est également tapé le curé de l'église en bas de la rue Mouffetard qui a osé faire remarquer à Mike que bon, des photos contre le porche d'un église pendant la messe, c'était bof. Pardon mon dieu pour tout ce qui a été dit sur toi ensuite. Je sais que j'en ai rajouté et même ri niaisement mais à ce moment là, j'avais peur.

 

Il a fallu aussi que je fasse mine de sortir d'une boutique de décoration, empêchant du coup tous les autres clients éventuels d'y entrer. Pendant un quart d'heure. C'est long un quart d'heure dans ces cas là.

 

Je passe sur la crise de nerfs de Mike quand elle s'est aperçue que le magasin "L'occitane" qu'elle avait repéré une heure avant et dans lequel il y avait une super lumière était fermé entre midi et deux. J'ai bien senti que mes dix minutes de retard avaient tout foutu en l'air. Comme le propriétaire était en train de manger quelque part, le bienheureux, on s'en est pris au poissonier d'à côté. Je dis "on" parce qu'à ce moment là, j'avais clairement choisi mon camp, je peux vous dire. D'autant que je me suis dit que tant qu'on s'en prenait au poissonnier, Mike ne pensait pas aux dix minutes de retard. Ce n'est pas joli joli, je sais. En même temps, moi aujourd'hui, je sais.

 

Ce que j'aurais fait en 39, je veux dire.

 

Bref, je passe sur les dix minutes passées à faire genre de débouler - mais immobile bien sûr - d'une ruelle élue officiellement chiottes de l'année par tous les chiens errants du quartier et sur l'énooooooorme fiante de pigeon qui est passée à ça de mon oeil.

 

Manifestement où pissent les chiens, chient les pigeons.

 

C'est simple, quand Mike m'a dit qu'elle pensait avoir tout dans la boîte, j'ai oublié ma nécrose de l'orteil et tout le reste et j'ai piqué le sprint de ma vie. Sérieux, Marion Jones à côté c'est un vieux canasson.

 

Bon, en fait, finalement, je me suis un peu lachée. Mon thérapeute et moi on se dit que peut-être ça fait partie du travail.

 

N'empêche qu'en même temps, Mike Tyson, elle en a dans le pantalon. Je peux vous dire qu'une nana comme ça, vous la mettez N'IMPORTE OU, y'a pas une mouche qui la fait chier. Et j'imagine qu'en Irak par exemple, c'est bien utile.

 

Mon thérapeute pense que je l'admire en raison du syndrôme de Stockolm.

 

Bon, voilà, au final un coup de photoshop et y'a plus de trou à mon coude. Et aussi un peu de rose sur les lèvres et on dirait que j'étais maquillée. Limite on pourrait penser que je souris vraiment, alors qu'en dedans de moi  y'a que de la terreur.

 

EDIT: Comme certain(e)s d'entre vous me demandent le lien vers l'article, je le remets ici: donc c'est par Là

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Une femme très actuelle

Ehhh oui, c'est encore moi. Quand y'en a plus y'en a encore, mes vacances, c'est un peu l'arlésienne, toutes les semaines de me dis que c'est pour cette fois-ci et pof, non, encore raté. M'enfin là la quille approche et à compter de vendredi vous êtes tranquilles jusqu'à fin août. A moi la canicule, la fêta, l'Ouzo et autres cyladeries... A vous le silence assourdissant de mes grands cris.

 

En attendant, je suis là et bien là. Je suis même cette semaine un peu people puisque voilà, je crois qu'il y a un article avec ma pomme dans Femme Actuelle.

 

 

Ouaip.

 

Bon, ok, Femme Actuelle, c'est pas Vogue. En même temps, ça se vend mieux.

 

Surtout, je dois vous avouer que je suis un peu fière. Pas à cause de Femme Actuelle. Mais de la raison pour laquelle je suis dedans.

 

Je vous raconte. L'année dernière en septembre, j'ai vu sur le site de Radio-France qu'un concours était lancé pour sélectionner des textes écrits par des femmes pour la publication d'un recueil de textes intitulé "Paroles de femmes" sur le modèle du "Paroles de poilus" - on arrête tout de suite de ricaner mes blondes, il s'agit des poilus de la grande guerre, hein, pas de témoignages poignants de mecs couverts de poils dans le dos, même si sûrement que dans le lot, y'en avait, des mecs à forte pilosité mais ce n'est pas le propos du livre, j'ai envie de dire.

 

Alors j'ai envoyé quelques textes. Faut dire que j'étais dans ma période de de super winneuse et qu'à l'époque, s'cusez du peu, je passais sur France Inter ( et ). J'étais également en passe de devenir un auteur de théâtre reconnu, à la une du Petit Gymnase.

 

Hum.

 

Bref, à l'époque donc, je ne doutais de rien et j'ai envoyé des textes.

 

Et puis j'y ai plus pensé.

 

Et forcément, comme toujours dans cette satanée blagueuse de vie, alors que je n'y pensais plus, ça a marché. Et en janvier, genre, on m'a avertie qu'un de mes textes avait tapé dans l'oeil du directeur des éditions de Radio France, Jean-Pierre Guéno.

 

Qui m'a appelée en personne pour me le dire.

 

Bon, là je dois vous l'avouer, pendant quelques jours je me suis prise pour Françoise Sagan. Et puis je me suis calmée. A cause de la marinière qui décidément me grossit grave.

 

Et pourquoi Femme actuelle, vous-demandez vous, mes biches ? Quel rapport avec le fleuron de la littérature française auquel désormais j'appartiens ? Ben rien, en fait. Juste que sur ce coup là, Radio France a conclu un partenariat avec Femme Actuelle. Rapport au titre du livre "Paroles de femmes". C'est sûr qu'ils allaient pas demander à Courrier International juste pour mon ego. Ni à Carpe magazine. En un sens tant mieux. Ou pas.

 

Donc disais-je, je suis drôlement fière d'autant que le texte sélectionné c'est "La sortie de l'eau" et qu'il m'est cher ET de saison.

 

En revanche, je ne suis pas super sûre de moi en ce qui concerne la photo parce que la séance ne s'est pas à proprement aussi bien déroulée qu'avec Fabrice ( et ), l'homme qui ma révélée à moi même en tant que modèle.

 

Mais ça c'est une autre histoire et je vous le raconterai demain, si vous le voulez bien...

 

En tous cas aux deux trois âmes esseulées qui ne sont pas en vacances...

 

EDIT 10h00 - A y'est, j'ai vu l'article. Mouais. Bon, disons que la photo, c'est moi. Moins flatteuse que celles de Bien dans ma vie, mais incontestablement plus réaliste. Ensuite, le texte de l'article, je le trouve plutôt pas mal, ce qui est au demeurant assez prétentieux parce que les 80% du texte sont des extraits du fameux "La sortie de l'eau". ça se confirme donc, je gonfle des chevilles. En réalité, une chose m'horrifie en revanche, le titre. Là tout de suite, on se croirait dans une émission de TFI ou un Jour après jour de Delarue: "Le calvaire d'une ronde". Pfffffff... Allez, va, tout ça n'est pas bien important, m'enfin je tenais à préciser que je n'ai jamais employé cette terminologie...

 

EDIT2 15h00 - z'avez vu comme je bosse ? - Grace à Marie, voici le lien vers l'article version web: http://www.femmeactuelle.fr/actu/c_est_dans_le_magazine/caroline_raconte_le_calvaire_d_une_ronde Marie je voulais mettre un lien vers ton blog mais celui que tu as mis n'aboutit nulle part... Merci en tous cas !

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THE liste de livres pour l'été

Alors alors alors... Voici dans le désordre et sans véritable classement quelques livres qui selon moi garantissent de passer de bons moments. Attention, il ne s'agit pas nécessairement de grands classiques de la littérature parce que l'été, on a peut-être pas assez de cerveau disponible pour ça. En revanche je me refuse également à faire de la pub pour de la chick-lit de bas étage du genre "Coup de foudre chez Manolo Blahnik", "Divorce à Manhattan" ou autres. Ces resucées de Bridget Jones n'ont en général aucun intérêt et si vraiment vous aimez ça alors achetez le Elle cet été, comme le dit Garance dans son billet drôlissime, les nouvelles sont probablement écrites par des stagiaires, la dernière en date de Michèle Fitoussi fait honte à celle qui l'a écrit, sauf si elle a moins de 16 ans et encore.

 

Bref.

 

Livres de filles (oui j'ai dit pas de classement mais je change d'avis si j'ai envie).

 

Au cas où certains n'auraient pas lu Bridget Jones, alors voilà, très franchement, dans le genre c'est tout ce même celui qui m'a fait le plus rire. Alors certes vous n'êtes probablement que deux sur cette planète à ne pas avoir succombé mais dans le doute...

 

 

 

 

 

Pareil, là encore pas sûre que grand monde n'ait pas déjà dévoré Les Chroniques de San Fransisco. Je les ai lus personnellement pendant les quatre mois durant lesquels je fus échouée sur mon canapé, avec dans le ventre deux machins qui aujourd'hui mesurent un peu plus d'un mètre mais qui à l'époque dieu merci n'étaient que deux crevettes. Rien que pour m'avoir permis de m'évader de ce canapé vers San Fransisco des heures durant je vénère Amisted Maupin. Et pour tout le reste aussi, les larmes, les rires, les rêveries. Friends en livre avant l'heure.  

 

 

 

 J'ai du mal à choisir parmi les livres de Laurie Colwin tant j'aime cet auteur mais "Une épouse presque parfaite" est ce que j'ai lu de plus subtil et fin sur le déchirement d'une femme qui aime son mari mais aussi... son amant. Tout Laurie Colwin est merveilleux.

 

 

 

 

Il y a aussi en quelque sorte la grand-mère de Bridget, Sheila Levine, qui est morte mais vit à NY. Je ne développe pas j'en ai déjà parlé.

 

 

 

 

 

Livres qui se passent à New-York (sauf que bon, y'en a plus haut qui se passent aussi à NY, voilà pourquoi je voulais pas faire de classements)

 

"Tout ce que j'aimais". De Siri Hutsveld qui en plus d'avoir un nom imprononçable est la femme de Paul Auster. En fait on s'en fiche parce que personnellement je n'aime pas tellement Paul Auster alors que ce livre là, il m'a conquise à le deuxième ligne. Je ne suis pas celle qui en parle le mieux, allez plutôt voir ce qu'en dit Julie dans son blog décédé. S'il n'y en a qu'un à lire c'est celui-ci.

 

 

 

 

 

 "30 ans et des poussières" C'était à Manhattan, dans les années 80. Corrine était courtière en Bourse ; Russell éditeur. Ils avaient trente ans et des poussières. Leurs amis les trouvaient beaux et spirituels. Mais ... Mais Corrine a voulu des enfants et Russell n'était pas prêt. Jeff s'est remis à prendre de la dope, Trina Cox est arrivée, et soudain, tout s'est mis à déraper.

 

 

 

"La Belle Vie". C'est la suite de 30 ans et des poussières et ça se passe durant les quelques jours qui suivent le 11 septembre. Corinne et Russell ont 10 ans et des poussières de plus. Je ne vous en dis pas plus pour ne pas trahir les secrets du premier tome. L'une de mes plus grandes émotions littéraires de cette année, Jay Mc Ierney est un génie de la comédie romantique en livre.

 

 

 

 

 

Littérature gay et lesbienne (mais si bien sûr que Les chroniques de San Fransisco c'est gay et lesbien. Puisque je vous dis que les classements c'est de la merde.)

 

"Week-end" de Peter Cameron et aussi les autres livres de cet auteur merveilleux. L'histoire se passe en été, entre Manhattan et la campagne le long de l'East River. C'est humide, c'est torride, c'est entre deux hommes.

 

 

 

 

"Caresser le Velours" de Sarah Waters. Là aussi c'est du lourd. Une histoire d'amour entre deux femmes dans l'Angleterre victorienne. ça se passe dans le milieu du music hall, ça parle aussi de la passion de Nancy petite écaillère d'huitre, cendrillon anglaise, pour Kitty, chanteuse qui se déguise en homme dans un numéro célébrissime. C'est plein d'aventures, on dirait du Dumas sauf qu'il est aussi beaucoup question de sexe et que personnellement j'ai été très... excitée. (Oh l'homme ça va, calme toi, ça ne veut absolument pas dire que tu aies une quelconque chance de pouvoir réaliser un jour ton fantasme absolu hein.

 

 

 

"L'objet de mon affection" de Stephen mc Cauley. Il y a eu un film avec Jenifer Aniston et croyez moi le livre est bien mieux. Voilà le pitch comme dirait Thierry A.: Nina et George partagent un appartement à Brooklyn et forment un couple hors du commun. Nina attend un bébé d'Howard qu'elle refuse d'épouser et souhaite élever son enfant avec George. Homosexuel affranchi, George a fait la rencontre de Paul qui lui demande à son tour de venir habiter avec lui dans le Vermont. C'est très bien écrit, c'est drôle, c'est gay, c'est à New-York. Oui, ok, comme 99% des bouquins conseillés.

 

 

 

Livre OVNI (faut bien que je m'arrête un jour alors encore un et puis c'est tout, si vous en voulez d'autres des listes j'en ferai, je suis aussi fondue de polars).

 

"Le chameau Sauvage" de Philippe Jaenada. La seule fois de ma vie où j'ai dû poser le livre pour reprendre ma respiration tellement j'étais littéralement pétée de rire. On pleure aussi.

 

 

 

 

 

 

 

Edit: je suis à la bourre alors je chiaderai la présentation plus tard mais pou Annedusud je me suis dépêchée !!!!

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Je fais ma Catherine

Mes lecteurs adorés ne pleurez pas, je ne suis pas du tout partie, je reviens dans la journée avec THE liste de livres à lire cet été, sélectionnés par moi himself. Heu... herself. A moins que ce ne soit myself. Bref, en toute subjectivité, sans me justifier, je vous ferai part de ce qui à mon sens devrait vous faire passer un bon mois d'août. Parce que vous le valez bien et moi aussi. 

Ouais j'ai une légère poussée de melon. En même temps, j'ai mes raisons. Parfaitement. Sachez qu'hier j'ai tout de même cotoyé de très très très près l'idole absolue de ma vie.

 

Catherine D.

 

Je vous arrête tout de suite, ne commencez pas à me faire la liste de tous les défauts de la grande Catherine. Oui elle est tirée de partout même qu'à table à sa place j'aurais eu peur de me retrouver avec mon visage dans l'assiette. Oui, elle est hautaine - on s'est rendus compte que c'était elle après qu'elle ait lancé un "Chuuuuuut" sonore en réaction aux rires de bécasses qui sortaient de la gorge de mes copines et moi rapport aux bulles et autres boissons à plusieurs degrés que nous avions ingérées. Oui elle est un peu tapée, friquée, flambeuse.

 

Oui mais.

 

Catherine c'est Peau d'Ane, Les Parapluies, Les demoiselles. C'est aussi Le sauvage et le Dernier métro. C'est Ma saison préférée et Belle de jour.

 

Catherine a partagé le lit de Marcello.

 

Catherine a doublé la maman de Marjane Satrapi.

 

Elle a chanté avec Björk.

 

Elle a été l'égérie de Bunuel et reste celle de Téchiné.

 

Elle aime les Palaces, le whisky, les hommes et les cigarettes.

 

Son blond lui coûte un rein toutes les semaines. Heureusement elle a plein de reins.

 

Comme moi. Je parlais du blond, hein, parce que forcément pour le reste... Quoi que les hommes et les Palaces, en fait, si. Les cigarettes aussi.

 

En fait Catherine, c'est moi.

 

Voilà, juste encore une chose. Hier lorsque nos rires se taisaient, on entendait sa voix. Elle a chuchoté à un moment "j'adore le sureau". Et on aurait dit un poème.

 

Donc forcément, oui, je me la pète un peu ce matin. Et aussi j'ai mal à la tête, le calva était en trop, je le SAVAIS.

 

A tout' !

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Kate grosse ? (trop fort non ?!)

Bon, revenons cinq minutes sur cette femme qui incarne LA ronde dans le Elle.

 

Oui, je veux parler de la fameuse mannequin grande taille.

 

Savez quoi ? Je suis d'accord avec le Elle. Ah, là je vous surprend hein ? Ben oui, comme le disait l'une d'entre vous, elle est ronde.

 

Elle est ronde si on la compare aux tops filiformes et prépubères qui s'exposent dans tous les féminins, publicité ou qui déambulent sur les podiums lors des défilés.

 

En revanche, si on la compare à la française lambda, elle est juste dans la moyenne haute des bombes qui énervent. Mais je dois admettre que si les filles des magazines étaient toutes comme elle, je serais déjà un peu moins chafouin un jour sur deux. Pourquoi ? Parce que par exemple, quand elle est debout et que ses deux pieds se joignent, ses cuisses se touchent.

 

ça n'a l'air de rien, je sais. Mais comme pour le fameux mec qui jouait du piano debout, et bien pour moi ça veut dire beaucoup. Au risque de passer pour une écervelée, je crois d'ailleurs que c'est une des choses dont je rêve. D'avoir ce léger espace entre les jambes quand je marche.

 

Pour ne plus avoir les cuisses en feu l'été - certes y'a la crème Nok, mais bon, moi honnêtement, au bout de deux heures, faut que j'en remette et ce n'est pas toujours super Barbara Gould, de se passer de la crème "là". C'est pas tout à fait comme se remettre du baume à lèvres, si vous voyez ce que je veux dire.

 

Aussi, ne plus avoir les cuisses qui frottent, ça me permettrait de voir vieillir mes jeans et de les user comme le commun des mortels au niveau des genoux, voire sur les fesses. En tous cas pas entre les jambes. C'est pareil, ça semble dérisoire, mais avoir un trou à cet endroit là, c'est tout de suite pas la classe. Surtout quand tu es assise et que la graisse de ta cuisse elle fait tout pour se faire la malle. Et que limite on pourrait croire qu'elle va y arriver.

 

Autre argument pour détester un peu moins cette Kate que sa copine plus connue, quand elle est assise, y'a un pli au niveau de sa taille. Attention, j'ai pas dit un bourrelet hein. Encore moins un chapelet de pneus de différentes épaisseurs comme quelqu'un que je connais intimement...

 

 Ouais, c'est à toi que je pense, mon ventre. Pas la peine de faire genre que t'as pas compris.

 

Bref, elle a un pli. Preuve que quelque part il y a comme un peu de chair sur son abdomen. Les autres tops, au mieux y'a rien, au pire un creux.

 

Ah et puis aussi, ses seins sont un tout petit peu lourds. Là encore, je ne parle pas d'une tentative d'évasion mamaire dès que le soutien gorge n'est plus de la partie, - voyez ce que je veux dire bande de fuyards ? Oui oui, vous deux, parfaitement - mais tout de même, ils semblent subir la loi de la pesanteur, et quelque part c'est rassurant.

 

Bon, voilà, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, la demoiselle n'a rien de rond, mais elle est belle. Elle n'incite pas à l'anorexie, elle n'est pas ridiculement jeune pour parader à poil, elle n'a pas l'air de manger de la cocaïne à tous les repas en plus de sa pomme hebdomadaire.

 

Alors moi je dis, si elle pouvait travailler pour les féminins en dehors des jours consacrés aux soit-disant rondes, juste comme ça, sans qu'il soit fait allusion à sa morphologie "particulière", et bien le monde tournerait un tout petit peu plus rond(e).

 

Edit: Savez quoi ? J'ai fait une recherche sur Internet. Et Kate Dillon, à priori, elle ressemble plutôt à ça:

  

 A se demander si elle n'est pas en réalité vraiment ronde mais trop pour Elle qui l'a photoshopée. A moins bien sûr qu'elle n'ait beaucoup maigri... Quoi qu'il en soit elle est magnifique, mais ça fait réfléchir, non ? Et encore je vous assure que je n'ai pas pris les photos où elle est la plus gironde.

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Ronde mon cul (et je reste polie)

Sur ce coup là, je sais que tu attends beaucoup de moi, lectrice. Oui, je dis lectrice parce que je suis lucide, quand il s'agit du Elle, c'est tout de même surtout une affaire de filles. M'enfin lecteur, ne passe pas ton chemin, ici on aime trop les hommes aussi, hein.

 

Bref, lectrice, je le sens, tu as super envie que je pousse mon grand cri rapport au super article de mes copines de Elle sur les rondes qui sont au top de la mode.

 

Et bien, lectrice, je vais te suprendre. Oui, je vais te surprendre parce que c'est à ça aussi qu'on distingue les vraies histoires d'amour. Ben oui, entre toi et moi, c'est une histoire d'amour, évidemment. Et tu n'es pas sans savoir qu'il faut parfois étonner pour continuer de séduire, j'en suis sûre. Parce que mine de rien, ça fait un bail qu'on se fréquente toi et moi. Faudrait donc pas que tu puisses penser que tu lis en moi comme dans un Elle ouvert.

 

Alors non, je ne pousserai pas ce cri déchirant.

 

Et pas uniquement pour te surprendre, ma biche. Aussi parce que cet article n'est que la resucée d'un plus ancien, sur lequel je me suis déjà égosillée. Soit dit en passant et sans mesquinerie aucune, m'est avis qu'on se foule pas trop la couane chez nos amies journalistes en ce moment... Alors à part te dire que pour la énième fois on nous donne pour exemple de rondeurs assumées les seins de Scarlett, les hanches de Beyonce ou le cul de  Jennifer, je vois pas.

 

 Ai-je besoin également de préciser, ma bichette, que si la nature me faisait offrande ne serait-ce que d'un seul de ces attributs, j'arrêterais de ce pas de t'enquiquiner et de me faire passer pour la Ché des bien en chair ?

 

Non, non, non ma chérie, je n'en ai pas besoin, parce que tu le sais, et parce que je soupçonne que toi aussi tu t'en contenterais.

 

Alors après, on peut s'étonner de certains des bons tuyaux qu'on nous refile comme celui consistant à porter de grosses lunettes mouches, THE accessoire de la ronde qui assure. Serait-ce pour se planquer ? En même temps, ça n'irait pas trop avec l'esprit du machin, hein ? Ou alors pour être raccord avec le reste de notre anatomie ? Mouais, ptêt bien. Ptêt aussi qu'en fait y'a pas d'explication ou alors juste qu'il fallait caser des lunettes mouches quelque part, pour honorer un quelconque contrat publicitaire.

 

Je penche plutôt pour ce genre d'explication à vrai dire. Parce que parfois, la vérité se cache dans d'insignes détails.

 

Un exemple, ma caille ? Ok. Vois plutôt: après les lunettes mouches, y'a un autre truc qui tue quand t'es grosse, selon le Elle, c'est de mettre le BON jean. Sans blague ! Un de ces quatre je ferai un post sur le parcours du combattant de la fille qui a un gros derrière et des cuisses qui se touchent et qui rêve d'un jean. A côté, l'Irak, c'est une promenade de santé.

 

Bref, THE jean, parait donc que c'est le Blue Cult de chez... Les Petites.

 

Ha ha ha ha HA HA HA HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

 

Pourquoi je perds mon calme comme un Sarko qu'aurait perdu son Lexo ? Parce que si t'es déjà allée chez Les Petites, tu sais comme moi que c'est pas par hasard que la boutique s'appelle comme ça. Dans les jeans, j'y mets à peine mon bras. Et encore, seulement si par miracle on me dégotte un 42, ce qui est de l'ordre de la science-fiction. A côté, Zadig et Molière, ils sont militants pro-fat, c'est dire. Alors le coup du jean Les Petites, franchement, ça me troue le cul. Et je reste polie.

 

Ben voilà, lectrice, en fait je crois que c'est le début de la fin entre nous. Pourquoi ? Parce qu'en fait t'as raison de penser que tu me connais par coeur. En même temps, on peut aussi voir ça comme une faculté intacte et sans cesse renouvelée de s'indigner. Et ça, c'est assez sexy aussi, non ?

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Gorge profonde

La scène se passe cette fois-ci après le visionnage très chaud de Lady Chatterley - film qui je vous le rappelle a été récemment récompensé par plusieurs césars et que par conséquent ce n'est même pas la peine de me regarder comme si j'étais super lubrique. Si si, j'ai bien vu comment vous m'avez regardée. Bon, ok, ça a reçu le césar mais faut bien reconnaître que c'est de la braise, ce soit-disant film d'auteur.

 

 

 

 

 

 

- Elle: Dis-donc, hein, ça t'a fait de l'effet, Lady Chatterley...

 

- Lui (un peu embarrassé et en même temps très content de lui): Ben oui, roh, quoi, toi aussi, non ?

 

- Elle: Mmmm... (Puis après quelques secondes de réflexion) Tu crois qu'on devrait regarder des films pornos ?

 

- Lui (Conscient qu'il a comme qui dirait une grosse ouverture mais sentant qu'il marche des oeufs et que le moindre dérapage peut lui être fatal): Heu, pourquoi, tu... Enfin, moi j'en ai pas besoin, hein. Mais bon, faut que tu saches que si jamais éventuellement on en regardait, et bien, je t'avertis que pour un mec c'est tout de même assez radical.

 

- Elle: Comment ça c'est radical ?

 

- Lui: Ben, c'est mécanique quoi. On contrôle pas, c'est comme un réflexe.

 

- Elle: Ben voyons. En gros, ton sabre laser a ses propres yeux, ses propres oreilles et décide tout seul qu'il va entrer en action dès qu'il y a deux nichons à la télé ?

 

- Lui (Réalisant que ça y'est, il est dans la merde): Non, c'est pas ça. Oh, et puis laisse tomber, tu ne peux pas comprendre, c'est un truc de mec. De toutes façons, on n'en a pas besoin, de films pornos, jamais j'ai voulu, je n'y ai même JAMAIS pensé. Moi y'a que toi tu sais. Ces trucs débiles, franchement, c'est bon pour les ados.

 

- Elle: Allez, ça va, arrête de t'enfoncer, pas de problème, c'est moi qui en ai parlé de toutes façons...

 

Après cet échange un peu sur la tangeante, chacun préfère aller vacquer à ses occupations quand quelques instants plus tard, il arrive dans la cuisine en se tortillant de manière très caractéristique...

 

- Lui: Heu, tout à l'heure, là, pour les films pornos, je veux dire, t'étais pas sérieuse, hein... Non parce que si t'étais sérieuse, faut que tu saches que moi je ne suis pas totalement opposé, à l'idée de...

 

- Elle: ...

 

- Lui (Comprenant que là ça y'est, le dérapage il est en plein dedans mais que de toutes façons c'est trop tard): T'étais pas sérieuse hein.

 

- Elle: ...

 

- Lui (se raccrochant aux branches): Nan mais je le savais.

 

Edit: Dans vos comms, n'utilisez pas le mot "porno", ni même "pornographique" ou tout autre mot avec "porno" dedans, ça fait dijoncter l'antispam... On n'a qu'à dire "p*rno", genre. Hin hin, antispam, on est bien plus forts que toi.

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Mal à mon ego

La scène se passe devant un kiosque à journaux, un soir, avant d'aller au ciné. Mais ça pourrait aussi être un matin, avant de partir au boulot, ou un après-midi de shopping, ou.... bref. 

 

 

 

 

 

Lui: "Non mais t'as vu la couverture de Têtu* encore ?"

 

Elle: "Ah ben ouais ça j'ai vu..."

 

Lui: "Ils exagèrent, non ? Quand même...

 

Elle: "En même temps, vu le temps que tu passes ces derniers temps à dépiauter le Elle, tu es un peu malvenu de jouer les choqués pour un mec torse nu..."

 

Lui: "Non mais attends, il est plus que torse nu, lui. Il sent le sexe, non ? Et puis tu as vu comme il est gaulé ? Franchement, à côté, moi...

 

Elle: "Oh, mon pauvre, ça te renvoie une image négative de tes bourrelets, c'est ça ?"

 

Lui: "Exactement, tu peux pas comprendre, c'est super violent comme impression".

 

Elle: "Non, tu as raison, je ne peux pas comprendre..."

 

J'ai toujours su que les gays étaient ce qui était arrivé de mieux aux femmes...

 

* Principal journal gay rivalisant avec le Elle pour les unes dénudées. Sauf que bien sûr, là ce sont des mecs...

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The Bubble

Hier, avec ma copine Chloé, on voulait aller au cinéma. Chloé, elle était partie sur l'idée d'aller voir Bruce et ses muscles. Bon, moi, je me suis dit que quand même, Bruce, c'était peut-être un peu léger pour nos neurones. Alors je lui ai proposé qu'on opte pour The Bubble.

 

 

- "The quoi ?"

 

- "The Bubble. Ma copine Stéphane m'a dit que c'était vraiment génial, drôle et tout. ça se passe à Tel Aviv".

 

- "Ah... Bon, si tu veux. Mais quand même, là, sur le Pariscope, y'a marqué "drame", pour The Bubble".

 

- "Ouais, mais c'est "drame" au sens "drôle", tu vois ?"

 

- "Nan, je vois pas trop mais bon, d'accord, tant pis pour Bruce, allons voir The Bubble"

 

Ma copine Chloé elle est cool et pas contrariante. Du coup on est allées voir The Bubble.

 

Autant vous le dire de suite, en fait c'est "drame" au sens "tu pleures au début, au milieu et à la fin". Sans vouloir livrer les secrets du film, ça commence par un accouchement au checkpoint de Naplouse avec une issue moyennement heureuse. Le reste est à l'avenant.

 

Sauf qu'en effet c'est drôle souvent malgré tout. En fait, c'est un film sombre mais sur fond de bluette. Un "Friends" - même qu'un des acteurs est le sosie de Ross en gay - israélien et homo, qui tire sur le drame shakespearien. Avec des scènes d'un érotisme à vous couper le souffle et d'un romantisme poignant.

 

L'histoire, pour la résumer, c'est Roméo et Juliette à Tel-Aviv. Sauf que Juliette s'appelle Ashram et qu'il est palestinien. Autour de ces deux amants magnifiques, il y a Yali - Ross - et Lulu, une bombe d'actrice, à n'en pas douter LA révélation de l'année. Entre Monica Belluci et Liv Tyler avec une espièglerie et une énergie que n'ont ni l'une ni l'autre. Ces jeunes vivent tous ensemble et passent leur journée à faire comme si "tout ça" n'existait pas. Tout ça ? La difficulté d'être gay dans les territoires occupés, les affres de l'amour qui débute, la très relative liberté des femmes au Sud et puis aussi la contrainte, les contrôles d'identité, les humiliations, les bombes qui sautent devant le café qu'on aimait et dans lequel se trouvait... Bref, Ils jouent à faire semblant que la vie pourrait être légère comme cette rave pour la paix organisée au nez et à la barbe des policiers sur une plage déserte.

 

Je ne vous en dirai pas plus, sauf que tout de même en sortant, ma copine Chloé a déclaré que la prochaine fois ce serait Bruce parce que merde, c'est pas humain d'être bouleversé comme ça. Et aussi que la prochaine fois qu'on voit ma copine Stéphane, il sera bien gentil de nous expliquer EN QUOI c'est un film hilarant, The Bubble.

 

Un dernier mot: allez-y, vous apprendrez comment dire je t'aime sans que personne d'autre que votre amour ne l'entende. Et aussi que "mon amour" en arabe ça se dit "ubi". Enfin, ça se prononce "Rubi", je crois.

 

Edit: Après précision d'Imane, "mon amour" se dit "Houbbi", à prononcer avec le H arabe, genre un peu "Roubbi"

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Vive la monarchie

Pas grand chose à vous raconter aujourd'hui - ben oui, faut pas non plus exagérer, je ne peux pas perdre un producteur tous les jours, être sollicitée par un nouvel éditeur tous les quatre matins ou me marier toutes les semaines - si ce n'est que je voulais tout de même vous avertir d'un truc qui me semble digne d'être souligné.

 

C'est quoi le scoop ?

 

Ben le scoop, c'est que cette semaine il n'y a pas de conseils pour maigrir dans le Elle - en même temps, tant mieux parce que là c'est trop tard pour le maillot -  ni d'article sur Cecilia Sarkozy.

 

En revanche, des femmes à poil y'en a une bonne quinzaine. Dont une en couverture. Comme la semaine dernièe. Et aussi celle d'avant. Bientôt à ce rythme faudra donner sa carte d'identité pour acheter le Elle.

 

Quel rapport entre les régimes, Cécilia et les femmes à poil ? Aucun. Ou peut-être que si, j'en sais rien, moi !

 

Quoi qu'il en soit, je n'arrive pas trop à dire si je préfère les conseils hilarants du Elle pour maigrir sans y penser - z'avez pas remarqué, maintenant, comme les régimes c'est mal, les féminins rajoutent toujours "sans y penser" dans leurs pages "maigrir" - les odes à Cécilia ou les soit-disant pages de mode qui consistent en réalité à photographier des filles à peine pubères dans le plus simple appareil.

 

Non, vraiment, chais pas.

 

Bon, je vous rassure, si vous voulez apprendre des trucs de dingue sur Cecilia - si si parait que y'a ENCORE des trucs qu'on ne sait pas sur elle, outre le fait qu'elle ne vote pas mais je vous ferais remarquer que ça relève de la VIE PRIVEE - il vous reste le Marie-Claire du mois d'août. 

 

Me demande si on a pas oublié de couper quelques têtes, moi, aux alentours de 1789... 

 

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Message à caractère informatif

Voici un billet sur moi, ma vie, mon oeuvre et mes chakras. Non, je ne sais toujours pas ce que sont les chakras, mais je sens que de bonnes vacances me permettraient certainement de les ouvrir un peu.

 

Bref, ami lecteur, admirateur de moi même à tes heures, te voilà prévenu, si tu t'en bas les nichons de ma carrière, tu as le droit aujourd'hui de passer ton chemin.

 

Premièrement, parlons de la pièce de théâtre. Autant le dire tout de suite, là maintenant, ce n'est pas gagné gagné. Disons que du côté du Petit Gymnase y'a comme qui dirait un léger problème rapport au fait que le patron est pour ainsi dire furax que notre gros lourdingue de producteur lache l'affaire. Beh oui, du coup il est caramel pour septembre et ça le fait moyennement rigoler. Alors certes il n'a rien contre nous personnellement mais présentement il n'a manifestement pas trop envie d'entendre parler de nous. Enfin, c'est au moment où il nous a dit "c'est décidé j'attaque en justice" qu'on s'est dit qu'il avait besoin de prendre un peu de recul avec nous. Du coup on a détalé.

 

Pour autant rien n'est perdu et même si on est totalement au fond du seau avec Stéphane, on arrive à tenir le cap. Autant le dire, notre moteur c'est la haine.  La haine du lourdingue, bien sûr. Ce n'est pas très chrétien mais mine de rien ça marche. Quoi qu'il en soit on est en train de réfléchir à des solutions de remplacement. Forcément, le théâtre risque d'être un peu plus petit que prévu et moins prestigieux. Surtout, vu qu'on va tenter de financer tout ça avec nos fonds de poches - et dieu sait qu'elles ne sont pas super remplies - si ça se fait ça sera de bric et de broc. M'en fous, perso, j'adore le bric et encore plus le broc. Surtout tu sais, lecteur, ce qu'on se disait avec Stéphane ? On se parlait à peu près dans ces termes: "Ok, on est grave dans le caca. Mais on est libres". Oui, libres. Libérés d'un vilain personnage qui n'investissait pas pour les bonnes raisons dans notre projet. Et notre liberté de penser, avec Stéphane, on y tient encore plus que Florent Pagny. C'est pas peu dire, crois moi, public.

 

Bref, promis, on te tient au courant.

 

A part ça, juste quelques mots d'autosatisfaction parce que c'est important surtout en période de loose - ben oui, ne nous voilons pas la face, on a la niaque mais on est tout de même en vraie période de loose, Stéphane et moi. Et aussi tous les gens qu'on a entrainé avec nous dans notre fiasco.

 

Premièrement, "Libido en berne" marche plutôt pas mal d'après l'éditeur. En deux mois y'aurait pas loin de 5000 exemplaires qui se seraient vendus. Alors merci, public.

 

Deuxièmement, "Mère indigne" se vend sûrement bien mais j'en sais rien, c'est trop tôt pour le savoir. N'empêche que dernièrement, une amie l'a vu chez une de ses copines, comme ça, sans que la fille ne sache de qui c'était. Elle l'avait acheté par hasard. Quand on me l'a raconté, je me suis dit qu'Harry Potter ça avait sûrement commencé comme ça.

 

Troisièmement, je me dois de vous avouer que deux autres livres vont sortir. Ouais, je sais, je ne la ramène pas trop sur ce coup là. Et pour cause. Disons que les "Courges" à côté, c'est du Flaubert. Là, clairement, public, je vais probablement te décevoir. M'enfin si tu crois qu'un mariage ça se paie avec des poèmes, tu te plantes. Et le champagne, ça chiffre vite, crois-moi. Donc voici les titres de ces deux merveilles. Je les dirai qu'une fois et t'es pas du tout obligé de les acheter parce que de toutes façons, les droits d'auteur là dessus à mon avis c'est peanuts. En même temps on sait jamais alors en fait, achète les, je t'en prie. ça paiera les costumes de Stéphane. Et peut-être même sa nourriture. En plus il mange énormément.

 

Allez, j'arrête de tourner autour du pot: le premier c'est "90 façons de baiser en cachette" (la classe) et le second c'est "90 façons de grignoter en cachette" (à première vue ça semble abject, je sais, mais en vrai c'est un pamphlet contre la dictature de la diététique).

 

Z'avez pas entendu ? Ben tant pis pour vous.

Edit: L'illustration c'est de la pub pour moi, totalement assumée. En plus elle est énorme. En même temps après tout, merde. "Aide toi et le ciel t'aidera", ça marche plutôt bien. T'as qu'à voir la masturbation, ça repose totalement sur ce principe et c'est pas si mal.

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Et si on disait non ?

Je ne sais pas ce qu'il en est pour vous, mais personnellement, je suis de la race des "j'ose pas". "J'ose pas demander à la maitresse", "j'ose pas lui dire que j'ai pas envie de sortir ce soir", "j'ose pas refuser de prêter de l'argent", etc etc etc.

 

Ce n'est pas nouveau, ça a toujours été. La manifestation la plus flagrante de cette faiblesse de caractère était particulièrement évidente du temps où je fumais. Je pense détenir le record de clopes données gracieusement à qui le demandait. Oh, pas par générosité, hein. Enfin, si quand même, mais pas que. Aussi par peur de me faire casser la figure. Ben oui, c'est comme ça, j'ai souvent peur qu'on me casse la figure.

 

Aussi par crainte qu'on ne m'aime pas. Ben oui, c'est comme ça, je veux qu'on m'aime. Ah bon, ça se voit ?

 

Toujours est-il que limite on aurait dit qu'il y avait écrit sur mon front: "Ici dépôt gratuit de tabac". Tout le monde le savait et jamais je crois de ma vie je n'ai refusé de donner une cigarette.

 

Jamais de ma vie non plus ou presque je n'en ai taxé. J'osais pas. En plus il se trouve que les rares fois où j'ai tenté je me suis pris des vents mémorables. En même temps ils étaient con les gens - oui, souvent, en effet, mais là vraiment - parce qu'en bonne adhérente du club des poires, j'étais aussi du style à racheter un paquet plein à la bonne âme qui m'aurai dépannée d'une clope. Et ça même si la personne en question m'en avait auparavant "emprunté" une bonne centaine.

 

Bref, la cigarette, c'est une métaphore, vous vous en doutez bien. Ah non, vous ne vous en doutiez pas ? Alors je vais en venir au fait au lieu de tourner autour du pot comme un lion en cage.

 

Depuis quelques mois, je reçois plein de mails de nouveaux amis. Ouais, c'est dingue, moi qui voulais qu'on m'aime, j'ai carrément réussi. Un truc de fou. Dans ces mails, les gens ils me disent que je suis géniale - jusqu'ici tout va bien - que vraiment ils me kiffent grave - encore, encore - et que d'ailleurs la preuve, ils viennent me lire. Je ne vous dis pas, les premiers du genre, j'étais pétrie de reconnaissance. Le problème, c'est qu'en général, ça ne s'arrête pas là.

 

Ces nouveaux amis que moi j'ai, ils ont en général un truc à me demander. ça donne ça à peu près:

 

- "Bonjour Caro, je trouve que t'es une fille géniale. Il se trouve que je viens de monter un commerce de dessous féminins, tu peux me faire de la pub ? Je n'ai pas d'argent à te proposer mais en revanche je te fais une ristourne de 5% sur les culottes à partir de 300 euros d'achat".

 

- "Bonjour Mademoiselle - ouais y'en a ENCORE qui ignorent que je suis une femme respectable maintenant - on lance une nouvelle ligne de vêtements pour des femmes fortes, vous voudriez bien mettre un gros encart sur votre blog ? On a pas d'argent à vous proposer, mais par contre vous toucheriez 1% du montant des achats générés par vos lectrices. On espère que vous vous rendez compte de la chance que vous avez."

 

- "Salut Caro, je suis toute nouvelle sur la blogosphère, alors ce serait génial que tu fasses un article sur moi et aussi que tu me mettes en lien. En plus je te signale que j'ai mis un commentaire chez toi y'a deux jours".

 

- "Bonjour t'es trop oufe comme nana, c'est méga bien ce que tu fais et comme t'es une fille et que moi aussi et que j'ai besoin de gagner un concours de blogs, ben je trouve que ça serait vraiment bien au nom de notre amitié naissante que tu fasses un billet sur moi."

 

Bref, vous voyez le style. Passées les premières semaines où j'étais trop heureuse d'avoir autant de gens qui m'aimaient, j'ai fini par comprendre que peut-être en réalité, ce n'était pas vraiment ni d'amour ni d'amitié qu'il s'agissait.

 

Alors au début, vu que je suis une "j'ose pas", ben j'ai pas osé, normal. Pas osé dire non, pas osé dire que merde alors, moi j'ai jamais rien demandé à personne de ce genre parce que ça me semble un peu... osé, non ? Du coup, j'ai mis en lien des gens juste parce qu'ils me l'avaient demandé gentiment et j'ai parlé de trucs dont en fait je n'avais pas du tout envie de parler.

 

Et puis comme je suis à l'aube de mes 29 ans - presque 38 - je me suis dit: "Ma caro, va falloir grandir. Dans la vie, on ne PEUT pas être aimé de tout le monde. Alors oui c'est assez désagréable d'avoir le mauvais rôle et de passer pour la méchante fille qui a dit non. Mais souviens-toi de toutes les fois où on t'a refusé une clope, merde, alors !"

 

Vous savez quoi ? ça marche. A chaque fois qu'on me demande un truc qui me semble purement intéressé, à chaque fois que j'ai la très nette impression d'être une poire, je me rappelle avec quelle désinvolture ces mêmes personnes me refuseraient une cigarette alors que le simple fait d'oser demander m'aurait déjà fait perdre deux ans de vie - à cause du stress.

 

Et du coup, je refuse.

 

Je ne vous cache pas que c'est moyennement facile à vivre, de ne plus être la gentille à tous les coups. Je vous avoue aussi que du coup, j'ai moins d'amis. En même temps, à bien y réfléchir, les Trois suisses n'ont jamais été mes amis - oui, la collection pour femmes forte, c'est eux.

 

Voilà, il est évident que je ne parle pas de tous ces mots adorables que certains d'entre vous m'envoient, juste pour me raconter que ben pareil, vous aussi vous n'aimez pas vos fesses, ou que vous allez vous marier, ou que vous détestez Vanessa et que vous adorez Charlotte et bien plus encore. Ces mots là, ils me nourrissent et me comblent, que les choses soient bien claires. Mais à tous les autres, qui s'offusquent et hurlent après le melon énoooooooooooorme que j'aurais soit-disant pris juste parce que je n'ai pas donné satisfaction à leur exigence, et bien vous savez quoi ? J'ose le dire là, bien en face de mon écran - ouais ben ça va, les thérapies comportementales ça ne marche pas sur tout et pour l'instant j'ose surtout dire des choses à mon clavier c'est une première étape - je m'en fiche. En vrai dans la vie de tous les jours vu que je suis grossière à souhait je dirais plutôt que je vous emmerde. Mais là, quand même, ça me semble limite, non ?

 

Edit: Ne me remerciez pas pour cette leçon de vie que je viens de vous donner. Premier exercice à tous ceux qui partageraient mon problème: dites non au moins une fois dans la journée. Juste parce que vous n'en avez pas envie. Sans vous excuser ni vous justifier. Juste NON.

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La poisse

Après un très grand bonheur, il arrive que des tuiles vous tombent dessus. Enfin, en tous cas en ce qui me concerne c'est quasi tout le temps le jackpot.

 

A tel point d'ailleurs que limite ça ne me surprend pas. Ben oui, à 28 ans - presque 37 - je commence à la connaître la petite musique de la vie. Encore que ça aurait plutôt tendance à s'arranger avec les années parce que pendant pas mal de temps, miss poisse c'était moi. Une merde de chien sur le trottoir devant l'école ? J'étais bonne non pas pour y mettre le pied - trop facile - mais mon cartable. Une mobylette volée devant l'école ? La mienne bien sûr et ça trois jours seulement après avoir enfin obtenu de ma mère hyper angoissée - euphémisme quand tu nous tiens - le "Ciao" de mes rêves. Après deux ans de pleurnicheries, calinades et autres chantages affectifs... Bye bye le Ciao.

 

Bref, dans le genre pas vernie, je me posais là. Je vous fais grace de tous ces petits complots des bons et mauvais génies qui nous entourent, parfois cachés dans les objets du quotidien, dont j'ai toujours été victime: filage de collants au moment d'intervenir pour la première fois de ma vie dans un colloque, réveil mal réglé le jour d'un examen, conjonctivite purulente et fulgurante apparue LE soir où, pendant une colo, un garçon m'a demandé si je voulais sortir avec lui - il s'est avéré par la suite que le dit garçon était gay, premier d'une longue longue longue série -, salpingite aigüe avec hospitalisation à la clé le week-end de présentation à mes beaux parents, etc etc etc. (ceux qui ne savent pas ce qu'est une salpingite n'ont qu'à aller sur google, ils constateront qu'à côté le ténia c'est glamour).

 

Evidemment, entre deux bonnes blagues du destin, j'ai eu de grands et beaux instants de bonheur. Mais en bonne routarde du manque de pot, j'ai toujours dans un coin de ma tête une petite voix qui m'avertit que je peux toujours rigoler, je ne perds rien pour attendre.

 

Et forcément, après le shoot de bonheur que je me suis envoyé le 30 juin, autant vous dire que depuis quelques jours, y'a pas que dans le ciel que c'est tout gris. Oh, ça va, rien de très grave. Mais tout de même. Je ne vais pas vous raconter ma vie surtout que c'est pas mon genre mais disons que tout ne tourne pas rond.

 

Allez, quand même, y'a au moins un truc que je dois vous dire, à grands regrets. Hier, j'ai appris que pour la pièce de théâtre, et bien c'était comme qui dirait à l'eau.

 

Une sombre histoire de producteur.

 

 Je ne vais pas m'étendre pour l'instant parce que ce n'est pas encore très clair. Mais disons comme Popeye - clin d'oeil subtil aux "bronzés" - que bon, à cause de l'argent, ça va pas être possible...

 

C'est ballot hein. On a la pièce, on a l'acteur - et pas le moindre croyez-moi - on a deux metteurs en scène de génie, on a le théâtre et pas n'importe lequel non plus, mais le producteur s'est fait la malle. Et dans le milieu du show bizz, le producteur, c'est un peu le nerf de la guerre. Rapport à l'argent.

 

J'en parle comme ça l'air de rien comme si c'était pas dramatique mais vous vous doutez que j'ai... grave les boules.

 

En gros.

 

Surtout pour Stéphane, Fabrice et Marie. Et aussi pour Bubble Cannelle qui a bossé sur le dossier de presse. Et aussi pour la jeune femme qui a fait une super affiche. Oui, pour eux, j'ai grave la rage, même.

 

Bref, rien à faire, "manque trente mille, quoi" (encore un clin d'oeil appuyé aux bronzés, j'y peux rien, quand ça va pas je pense à eux et hop je me sens un poil mieux).

 

Voilà, la vie c'est pas tout noir ou tout blanc, y'a aussi pas mal de gris. Mais comme avec les copains de la pièce on est de sacrés winners qui en plus se lèvent tôt, on a pas dit notre dernier mot. Et un producteur - fiable cette fois-ci - on va bien finir par en retrouver un. Chais pas trop où ça se trouve mais croyez moi, je vais chercher. Et au pire, la pièce, on la jouera dans mon salon. Parce que bon, merde quoi.

 

Moi je dis, vive la France d'après.

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Vanessa, Charlotte et moi

Parmi les filles de ma génération - 28 ans et des poussières - il y a deux camps. Celui des Vanessa et celui des Charlotte.

 

Enfin, je dis ça, moi, c'est sorti de mon cerveau uniquement. Mais voilà, c'est un truc que j'ai remarqué, une réflexion super profonde que je me suis faite il y a déjà un bail. Oui, je l'admets, ce n'est pas le fruit d'un travail cérébral intense. Mais voilà, on est en juillet, c'est l'été - enfin il parait - et j'ai envie de parler de futilités.

 

Donc disais-je, il y a les pro-vanessa et les pro-charlotte. En général d'ailleurs, les pro-Vanessa aiment bien Charlotte alors que les pro-Charlotte ont tendance à être plutôt anti-Vanessa.

 

Bon, vous aurez compris que je parle de Vanessa Paradis et de Charlotte Gainsbourg. Moi à quinze ans, j'étais à fond Charlotte. Je dansais sur Richie et Poveri comme elle dans l'effrontée et je rêvais aussi de rencontrer une pianiste étherée dont j'aurais été la meilleure amie. Sans parler du mec un peu tordu sur lequel elle flashait sans flasher et qui tentait de la sauter dans ne chambre glauque au dessus d'un bar-tabac. J'ai aussi acheté son album écrit par Serge le magnifique et ne voyais pas du tout pourquoi Lemon incest posait un problème à qui que ce soit. Notamment à ma mère.

 

Cette naïveté s'explique par le fait qu'à quinze ans j'étais moyennement aware niveau sexe. En plus vu que pour le coup je n'avais pas un physique facile facile, ça ne me posait pas à proprement parler de problèmes dans ma vie de tous les jours de ne pas être aware niveau sexe.

 

Donc Charlotte, je l'adorais. En plus elle était tout le contraire de moi, brune, longue, maigre et sans seins - ah oui parce que j'étais pas aware niveau sexe mais en revanche ma poitrine, elle, n'avait pas oublié de se pointer et pas qu'un peu. Du jour au lendemain, pof, 90 C au compteur, sans sommation ni transition - mais elle n'avait pas du tout conscience d'être jolie. Un peu comme moi pour le coup. Ok, moi je n'avais pas conscience d'être jolie mais en même temps quelque part ce n'était pas plus mal, ç'aurait pu être assez pathétique si j'avais été convaincue de l'être.

 

En revanche, Vanessa, je pouvais pas. Probablement parce que pour le coup, elle était vraiment canon et qu'elle en avait super conscience. Quoi qu'il en soit, je la DETESTAIS. Je la trouvais vulgaire et je clamais sur tous les toîts que sa chanson avec Joe le taxi, c'était trop trop naze. Bon, bien sûr, en cachette je la chantais et je guettais ses clips. Autant le dire, j'étais tout simplement jalouse. A ma décharge, je n'étais pas la seule. Mais voilà, Vanessa elle était beaucoup trop ostensiblement aware niveau sexe. Et j'imagine que ça me renvoyait tellement ma propre ignorance que je ne pouvais que la haïr...

 

Bref, je ne vais pas non plus vous faire une thèse sur Charlotte et Vanessa mais depuis quelque temps, je suis en train de me réconcilier avec cette dernière. Probablement parce que j'accepte ce qui en moi est un peu Vanessa, mon côté girly qui aime le rose et le bling bling. Bien sûr, Charlotte garde ma préférence, parce que voilà, elle a la classe et que plus ça va, plus elle est belle.

 

Mais Vanessa, même si elle a tendance à me gonfler légèrement avec son grand bonheur parfait qu'elle vit avec son Johnny D. depuis des années, et bien je dois l'avouer, elle me plait bien aussi. Bon, en tant qu'actrice, ce n'est pas le top du top, à part dans "Les noces blanches" où je l'avais adorée - sans le dire vu qu'à l'époque... bref. Mais ce qu'elle chante, je dois bien l'avouer, ça me rentre dans la tête. Et puis même si elle est devenue vraiment trop maigre, elle est bien jolie. C'est un sucre, un peu fée, un peu petite fille et ma foi, parfois, on est un peu ça nous aussi, non ?

 

En tous cas, j'ai écouté sa dernière chanson, "Divine idylle", écrite par M. Bien sûr,  M a été plus inspiré à ses heures. Sauf que ça marche. La voix n'a pas changé depuis Joe et son taxi et les paroles s'envolent comme des parcelles roses de barbe à papa. Si vous en avez envie, pous pouvez aller sur son site Internet qui montre les images du tournage du clip et sur lequel vous pouvez entendre le morceau.

 

Voilà, en écrivant ce post, j'ai pensé à une amie qui elle a toujours été très Vanessa et qui n'est sûrement pas étrangère au fait que j'ai aujourd'hui réussi à réconcilier la Charlotte et la Vanessa qui sont en moi...

 

Edit: Ce billet est un peu décousu, mais il est à l'image de ce que je suis depuis quelques jours, voilà, c'est comme ça, parfois...

 

Edit2: Je sais, je sais, je fais beaucoup moins que 28 ans, je ne me l'explique pas moi même.

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Persepolis

Alors hier, ayant miraculeusement réussi à caser nos deux adorables bambins dans de merveilleuses familles d'accueil - j'en profite pour vous renouveler mon conseil n° 22 de bonne mère indigne: apprenez très tôt à vos enfants à se faire tout plein d'amis de façon à ce que plus tard ils soient invités chez ces derniers - nous sommes allés au cinéma.

 

A ce propos, je ne sais pas comment ça se passe ailleurs, mais si on met de côté les premiers mois où on avait toujours envie de voir les mêmes films - en fait on n'en avait pas vraiment envie mais comme on était dans l'euphorie du commencement de l'amour avec un grand A on se MENTAIT. Enfin, en vrai, JE mentais en prétendant adorer les films iraniens sous-titrés en russe ou les mangas japonais en V.O - on est rarement d'accord sur le choix de la toile qu'on va se faire.

 

Pour résumer, disons que moi j'ai tendance à choisir la facilité et à considérer le cinéma comme un moment de détente où je mets mon cerveau en jachère - dire qu'il fut un temps où j'étais cinéphile, autant dire que ça c'est tout de même loin derrière moi. C'est horrible, si ça se trouve un jour je vais me réveiller et je serai de droite, ça serait bien ma veine tiens - et que l'homme, lui, prend le fait d'aller voir un film très au sérieux. En plus il trouve VRAIMENT que David Lynch est super accessible comme cinéaste. Et que Bergman limite il est populaire, genre. Bon, pour résumer, l'homme adore de plus en plus les films chiants et moi je vois mon penchant pour les comédies romantiques à l'eau de rose s'empirer dangereusement.

 

Je me demande si ce mariage n'est pas une monumentale erreur, maintenant que j'y pense.

 

Donc hier, pour la énième fois on a tenté de trouver un terrain d'entent. Faut dire que pour une fois la soirée cinoche ne nous coutait pas un bras, à savoir douze heures de baby-sitting + le resto + le film + le taxi. Autant vous dire que  lorsque le cinéma devient aussi cher qu'une semaine à Agadir y'a pas trop intérêt à se taper un navet, c'est moi qui vous le dis.

 

Bref, revenons en à nos moutons. L'homme voulait voir Persepolis.

 

Un film d'animation en noir et blanc. Il voulait ma mort.

 

J'ai tenté de proposer Die Hard 4 - ouais j'aime AUSSI les films d'action qui transpirent la testostérone - mais ça n'a pas été très concluant. J'ai aussi suggéré Ocean 13 mais ça s'est trop vu que Georges n'était pas totalement étranger à ce choix. Bref, on a tortillé pendant toute la journée pour finir par décider d'aller voir... Persepolis.

 

Après ça, que je n'entende pas un seul mec dire qu'on arrive toujours à nos fins.

 

En plus je me suis pliée à ce choix avec une bonne volonté remarquable. C'est tout juste si j'ai fait remarquer à quelques reprises - douze, pas plus - que je ne risquais pas de rentrer dans l'histoire rapport au fait que bon, un film d'animation en noir et blanc qui se passe en Iran, faut pas non plus trop m'en demander surtout que je suis en plein mariage-blues (j'en reparlerai peut-être mais oui, il faut l'avouer, je suis complètement nostalgique et si je m'écoutais j'irais travailler en robe de mariée, même pas honte).

 

Je dois admettre que l'homme a fait preuve d'une patience héroïque. A sa place je dois dire que je m'en serais collé une bien avant le début du film.

 

Résultat: j'ai commencé à pleurer à la quatorzième minute environ quand la petite Marjane dit adieu à son oncle révolutionnaire qui va mourir. Ensuite je n'ai pas cessé de m'identifier à cette femme libre et insolente qui balance à deux policiers des moeurs qui lui reprochent de courir en faisant remuer son postérieur: "et ben vous n'avez qu'à pas regarder mon CUL !". Alors que tout de même elle risquerait la lapidation pour moins que ça.

 

Ah, pour rentrer dans l'histoire, je suis rentrée dans l'histoire.

 

A tel point que même dans le bus je pleurais encore. Entre deux sanglots j'ai quand même trouvé la force de reprocher à l'homme, d'être complètement passé à côté du sens profond de ce chef d'oeuvre vu qu'il n'a pas versé une seule larme. Un vrai coeur de pierre.

 

Dire que si je n'avais pas insisté on n'y serait jamais allés.

 

Edit: Vous l'aurez compris, il faut courir voir Persepolis, c'est ce que j'ai vu de plus déchirant, drôle et féministe depuis des années. L'histoire est magnifique et les dessins, c'est juste de la dentelle. Il faut voir les fleurs de jasmin tomber du soutien-gorge de la grand-mère de Marjane, la neige tomber sur Téhéran ou les soldats fusillés tomber les uns après les autres comme des pantins pour avoir une idée de la poésie des auteurs. Et en prime, c'est la grande Catherine, sa fille Chiara et sa mère de cinéma, Danièle Darrieux qui font les voix.

 

Edit2: Marjane Satrapi a un myspace: http://www.myspace.com/persepolislefilm

 

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Rien n'a chaaaaaangé...

La scène se passe où vous voulez. Dans un lit si vous souhaitez vous recoucher, sur un canapé si vous êtes fatigués, dans la rue si vous êtes d'humeur badine ou sur le balcon si chez vous il fait beau. Bref, peu importe, ça pourrait être partout, il se trouve que c'était hier, dans la cuisine. Enfin, je crois.

 

 

Lui: Tu te rends compte, ça fait une semaine.

 

Elle: Oui, une semaine, c'est fou.

 

Lui: Tu trouves que ça a changé quelque chose ? Entre nous, je veux dire.

 

Elle: Mmm... non, je ne crois pas. Et c'est bien comme ça, non ?

 

Lui: Oui, bien sûr, mais bon, heu... par exemple, tu n'as pas l'impression que...

 

Elle: Que quoi ?

 

Lui (se tortillant de manière caractéristique, signe qu'une énormité va être prononcée): Ben chais pas, que maintenant qu'on est mariés, tu m'appartiens un peu, quoi...

 

Elle: Laisse moi réfléchir... Non.

 

Lui (masquant mal sa déception): C'est bien ce que je pensais.

 

Edit: le bouquet c'est pour clore le chapître, parce que forcément, il y a un moment où il faut tourner la page...

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Les vacances de mes copines de Elle

Bon, je sais, faut que j'arrête de lire le Elle. C'est bon, ce n'est pas la peine de me le redire, que voulez-vous, y'a des choses comme ça qui ne sont pas forcément bonnes pour soi et qu'on continue à faire, tout simplement parce qu'on n'arrive pas à s'en passer. Croyez-moi, si on arrivait à ne s'octroyer que les plaisirs bons pour la santé, on mangerait tous du quinoa sans sel, on habiterait dans des maisons sans électricité et on ne se laverait qu'une fois par semaine parce que ce qui est bon pour la planète, est forcément un bien pour l'humanité.

 

Et bien au risque de vous décevoir, personnellement je suis du genre à faire gaffe à ne pas jeter des papiers gras dans la rue - bon point pour l'environnement - ET à prendre des bains super chauds, mauvais pour mes varices et très mauvais point pour la planète. Et comme je ne suis pas avare de contradictions, je déverse mon fiel sur un magazine que j'achète malgré tout consciencieusement toutes les semaines.

 

Bref. Après cette digression, je voulais juste vous conseiller la lecture du Elle de cette semaine parce que c'est un florilège de bonnes blagues. Notamment cet article qui répertorie les petits conseils de la rédaction pour ne pas stresser pendant les vacances.

 

Non vraiment, ça vaut son pesant de cacahuètes. Genre, y'a un mec qui a l'air trop cool qui explique qu'il "a un peu honte" mais il n'accepte jamais d'invitation chez des amis en vacances s'il n'est pas assuré que ces amis en question ont prévu quelqu'un pour faire la cuisine, quelqu'un pour le ménage et quelqu'un pour garder les enfants. Dominique - il s'appelle Dominique - tu sais quoi ? Quelque part je suis rassurée, on ne se connait pas et je sais déjç que jamais tu ne viendras chez moi.

 

Une autre explique qu'elle est sûre de passer de bonnes vacances si elle a avec elle un grand châle en cachemire dans lequel elle peut s'enrouler le soir quand il fait frais, en fin de journée sur la plage ou le matin au réveil. Et aussi dans l'avion, bichette.

 

Dites, ça existe vraiment les gens comme ça ? Non parce que moi, le châle en cachemire, déjà, le jour où je peux m'en acheter un , je le mets pas sur la plage rapport au fait qu'inévitablement à un moment ou à un autre un de mes enfants va se moucher dedans vu qu'on oublie toujours les mouchoirs et que pour un troll, une serviette éponge c'est comme un grand mouchoir. Et qu'entre le pashmina et la serviette éponge, la frontièrre est mince. Pour un troll, bien sûr. Ou pour l'homme qui lui aussi se mouche toujours dans MA serviette. 

 

Une autre copine explique sans plaisanter que quand elle fait la cuisine en vacances, elle prend un enfant pour assistant et que les autres du coup se battent pour aider. Ouais c'est ça. Ah ça, pour se battre, ils vont se battre. Mais uniquement pour lécher le plat. Sachant qu'en plus, moi, le moment où je fais le repas, souvent c'est celui où j'ai la paix. Alors se coltiner la tribu de gamins en plus de la préparation de la salade géante, moi je dis y'a un piège.

 

Je vous passe les plans du genre "je responsabilise les enfants pour qu'ils aient chacun un petit sac avec leurs affaires de plage" pour éviter le débarquement quotidien avec tout le matos.

 

J'ai tenté.

 

Sauf que la pelle géante ne rentre pas dans le petit sac de pupuce. Ni la planche de bodysurf dans celui de loulou. résultat, tu te tapes Et les sacs individuels à ramener ET le reste du matos qui rentrait pas dans les sacs. Merci le plan anti-stress. Cette femme n'a pas d'enfants, je vois que ça. Ou alors ce sont des chihuahua. Auquel cas elle a pas besoin de pelle géante.

 

Une autre est trop drôle. Elle "est barbecue à fond". Elle délègue l'allumage aux mecs (déjà on se marre) et après, "on jette tout ce qu'on veut dessus: légumes, viande, poisson"...

 

Cette femme n'a jamais fait de barbecue.

 

Parce que n'importe quelle femme qui a fait un barbecue SAIT qu'à moins de ne manger que des saucisses, le barbecue c'est la fausse bonne idée. Il faut éplucher les légumes, les couper, les mettre en brochette, vérifier la cuisson des patates qui de toutes façons ne cuisent JAMAIS et faire la fameuse salade géante qui prend deux plombes à préparer. Alors le coup de "je jette un peu ce que je veux sur le grill", perso, je rigole.

 

Bon, la liste est longue. Tout ce que je constate, c'est que les seuls bons conseils sont ceux qui coûtent. A savoir prendre une femme de ménage, aller à l'hôtel, se réserver des soirées au resto (= prendre une baby-sitter). Une fois de plus, si on en doutait on a la confirmation que les gens du Elle ne vivent pas dans la vraie vie. Ils font des cacas tous roses qui sentent le bonbon, ils mangent des trucs jetés à la va vite sur un barbecue qui ne pue par le charbon, ils s'enroulent dans des pashminas par 45° à l'ombre et partent à Los angeles ou à l'Ile de ré en vacances. Ils n'ont jamais de sable dans les fesses après une journée de plage, ne savent pas ce que c'est que la lucite solaire et parviennent à lire élégamment un livre sur le sable tout en buvant un coktail trop hype.

 

Savez quoi ? A mon avis ces gens s'ennuient.

 

 

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Un vieux copain...

Il y a quelques jours je vous livrais ma définition de la vraie copine. J'aurais pu aussi vous donner celle du vrai copain, parce que j'ai la chance d'en avoir.

 

Un notamment.

 

Le genre de vrai copain qu'on traine avec soi depuis des années. Qui vous a vu ronde comme une queue de pelle plus d'une fois et qu'on a souvent soutenu dans la rue au petit matin parce que lui aussi côté bibine, ça y va, parfois. Un copain avec qui on a dormi, dans le même lit, sans que rien ne se soit passé et pas uniquement parce que de toutes façons, on était pas en état.

 

Le copain qui est du style à vous donner une grande claque dans le dos quand ça va mal ou qui ne trouve comme seule solution à une crise de cafard passagère de vous payer une bière. Avec lui, j'ai traversé le désert du célibat.

 

On en a passé des soirées à guetter dans les bars l'âme soeur, en priant secrètement - enfin surtout moi parce que je dois l'avouer, côté générosité, je ne suis pas forcément bien parée - pour que l'autre ne trouve pas en premier l'amour de sa vie.

 

Et puis finalement, l'homme est arrivé dans ma vie. Et bingo, le copain de toujours est devenu pote de l'homme. Pour une chance c'était une chance.

 

A partir de ce moment là, je me suis mis en tête que désormais ma mission c'était de lui trouver une poulette. Pas parce que ça me gênait de le voir seul, non, pas du tout. Je dirais même qu'au contraire - on en revient toujours à ma pénurie de générosité - c'était drôlement pratique de savoir qu'il était toujours partant quand de mon côté ça me prenait de jouer à "comme avant". Mais voilà,  les années passant, il a commencé à devenir triste. Il était seul et ça lui pesait.

 

Je lui ai alors présenté des copines, sans succès. Il a ramené des filles bizarres, qui ne trouvaient jamais grâce à mes yeux. Un jour, il est même tombé amoureux, mais c'était une méchante, une de celle dont on ne veut pas pour un vrai copain. Dois-je préciser que je ne me suis pas gênée pour le lui dire ? Et que bien sûr, ça n'a servi à rien ? Quand il a réalisé qu'il s'était trompé, qu'est-ce qu'on a fait ? On a picolé pour l'oublier.

 

Après, a chaque fois qu'il m'annonçait avoir peut-être rencontré quelqu'un, je tremblais à l'idée que ça marche et que je ne l'aime pas. Parce que soyons honnêtes, ce qui menace le plus une amitié de quinze ans comme celle là, c'est l'arrivée de miss chérie du vieux copain.

 

Et puis un jour, voilà qu'une drôle de petite lumière s'est allumée dans les yeux de mon vieux pote, devenu entre temps parrain de ma fille. Une de ces lumières dont on se dit qu'elle ne brille sûrement pas pour une idiote.

 

Très vite, j'ai fait la connaissance de celle qui en était à l'origine. Bien sûr, j'avais des tonnes d'à priori. Bien sûr, à la fois j'étais heureuse pour lui et en même temps, mince alors, je n'allais plus être la seule femme de sa vie (toujours de truc avec la générosité). Et puis au premier regard, il a fallu me rendre à l'évidence, sa perle à lui, il l'avait trouvée. Et cerise sur le verre d'eau à moitié plein, elle me plaisait grave.

 

Voilà, je vous raconte tout ça parce qu'aujourd'hui, c'est grace à elle que je peux vous montrer THE photo de l'homme et moi. Oui, grace à miss F. qui dès le lendemain du mariage m'a envoyé de bien jolies images de ce jour de rêve. La plus récente des amies et non la moindre... Alors je voulais lui dire merci. Pour cette attention, et pour la lumière dans les yeux de qui elle sait. 

 

Edit: Je ne laisserai pas cette photo longtemps, parce que voilà, je trouve ça un brin prétentieux de m'exhiber de la sorte. Mais vous me l'avez demandé et puis il me semble qu'on se connait, alors... Mais une fois de plus, ce sera une image éphémère...

Edit 2: J'ai bien sûr choisi LA photo où le gras de mes bras ne se voit pas. Mais très honnêtement, le cliché est flatteur. Très. Depuis samedi d'ailleurs j'envisage l'ablation pure et simple de mes bras.

Edit3: Comme à priori les billets sur ce mariage vous ont plus, je les ai regroupés sous une nouvelles rubrique, intitulée "Le mariage de la ronde". Comme ça c'est plus facile de les retrouver. De rien, de rien...

Edit4: Et oui, désolée, c'est trop tard, la photo a disparu... Je l'avais dit que c'était éphémère...

 

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Bien mieux que Bridget Jones, Sheila Levine

"Sheila Levine est morte et elle vit à New-York". C'est le titre d'un livre avalé goulûment ces derniers jours entre préparatifs du mariage et autres réjouissances.

 

Ecrit en 1973.

 

Franchement, je crois avoir trouvé en lisant cet ouvrage l'inspiratrice des Bridget Jones et consort. C'est simple, c'est à se bidonner. En plus ça se passe à New-York et je dois vous avouer que j'ai une passion dévorante pour tous les livres qui situent leur action à Manhattan. Je sais, c'est idiot mais c'est comme ça, je ne me suis pas remise de la fin de Sex and the city, les Woody Allen je les regarderais en boucle et Harry et Sally sont mes amis, j'ai d'ailleurs versé une larme devant THE fameux restaurant où Meg fait le coup de la simulation d'orgasme lors de mon dernier voyage à NY.

 

New-York, c'est pour moi un fantasme, un décor de cinéma, le lieu des possibles et de Tiffany, un repère d'executive women qui boivent du café fumant dans des verres en polystirène. C'est aussi la ville de Bill Cosby et d'Arnold et Willy quand même.

 

Le pire c'est que je dois l'admettre, je préfère presque mon New-York imaginaire à la vraie ville. Toujours est-il qu'un bouquin qui s'y passe a déjà toute mon attention.

 

Il se trouve que "Sheila Levine" n'est pas qu'un livre qui se déroule à New-York et que finalement, la grosse pomme n'y est même pas particulièrement mise à l'honneur.

 

En revanche, c'est une histoire de fille, la lettre d'une jeune juive trentenaire à sa mère dans laquelle elle explique les raisons pour lesquelles elle s'est suicidée.

 

Dit comme ça, ce n'est pas drôle, ok. Sauf que l'humour transpire par toutes les pages. Sheila Levine s'est suicidée parce qu'elle ne s'est pas mariée alors que depuis sa naissance sa mère ne souhaitait que cela pour elle. Elle s'est suicidée parce qu'elle est passée à côté de sa vie à force de ne poursuivre qu'un seul but: mettre le grappin sur un homme qui plaira à sa mère.

 

Parce qu'on est toutes un peu des Sheila Levine, il faut lire ce livre. On y rit et puis parfois on a les larmes aux yeux. Et personnellement, c'est ce que je préfère, passer du rire aux larmes.

 

Allez, je ne résiste pas à l'envie de vous livrer un petit extrait:

 

" Maman, je vais suivre ce régime

- T'es sûre de manger suffisamment ?"

Oui maman, je suis sûre que je mange suffisamment, je suis sûre que je mange plus que suffisamment. Pendant mon existence, j'ai mangé suffisamment pour nourrir toute la ville de Trenton, New-Jersey, Maman. Si tu mettais tous les Chinois du monde en rang par quatre, ils auraient pas mangé autant que moi au buffet de ma dernière Barmitzvah. Si j'arrêtais de manger l'espace d'une journée seulement on pourrrait nourrir tous les gens qui meurent de faim en Inde. Et tu me demandes si je mange suffisamment ? Pourquoi c'est maintenant que tu poses cette question maman ? T'aurais dû la poser quand j'étais bébé et que tu me gavais sans arrêt. Quand j'étais bébé tu pleurais si je mangeais pas (...)

(...) Mes huit kilos en trop je les ai perdu au moins sept fois dans ma vie. ça fait plus de cinquante kilos. Mais ils reviennent toujours. Il reviennent toujours parce que j'attends des applaudissements, à chaque fois que je mange".

 

Je l'admets, j'ai choisi un extrait plutôt grave. Mais promis, quand Sheila raconte comment elle a perdu sa virginité, c'est juste à se tordre.

 

Edit: sur l'image c'est la couverture américaine, je la trouve trop classe. Mais je vous rassure, je l'ai lu en français...

Edit 2: J'embrasse tout particulièrement Marionnette qui à l'heure qu'il est a sûrement dit oui elle aussi. Tous mes voeux de bonheur, jolie Marionnette, pour ce mariage et pour le bébé à venir...

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24h dans la vie d'une femme mariée

Alors ça y'est, nous y sommes. Depuis samedi 30 juin, la vie conjugale a commencé. Je sais que vous attendez un récit minuté de cette journée. Mais je ne suis pas sûre d'y arriver. J'ai eu la sensation d'être prise dans un tourbillon d'émotions contradictoires sans parvenir à m'en extirper. Je crois comprendre très exactement ce que signifie "vivre les choses de l'intérieur". Et dans ce cas, les raconter devient très compliqué.

 

Bref, voici quelques instants des 24h de la vie d'une femme... mariée.

 

Je me souviendrai de la nuit d'avant, seule dans mon lit - l'homme avait été envoyé manu militari chez mamie parce que ce n'est pas parce que ma virginité n'est qu'un très lointain souvenir qu'il faut faire fi des règles élémentaires du mariage réussi - à tourner, retourner et encore retourner sans parvenir à fermer l'oeil.

 

Je me souviendrai de ce brushing aux aurores dans un petit salon de coiffure, accompagnée de la fée Baboux, ma coach cheveux du jour et de ma Mimi, témoin de mon coeur. Telle super Nanny, Baboux a commandé trois brush "Jenifer Aniston" en prévenant qu'elle ne tolérerait aucune boucle, aucune fioriture. "Du lisse, du lisse, du lisse". La coiffeuse a réfréné ses envies de chignons dégoulinant et a, à regrets, lissé, lissé, lissé. On est ressorties toutes les trois, des Lucy Liu triomphantes et raides du tif.

 

Je me souviendrai de l'homme qui dix minutes avant de partir à la mairie a vraiment pensé qu'il avait oublié à Paris la moitié de son costume, le fameux Smalto à cent mille euros. Il fallait le voir, chemisé et cravaté, courant partout en pleurant qu'il avait perdu son pantalon.

 

Je me souviendrai de la ruche de filles dans la maison de mes parents, hésitant entre deux ou trois robes, quatre ou cinq paires de chaussures et une douzaine de blush différents. Au final, elles étaient toutes magnifiques bien sûr.

 

Je me souviendrai de la fée Baboux censée apporter la touche finale à ma non-coiffure en y piquant délicatement une rose de dentelle et de plumes. Dans une minuscule salle de bain bondée de filles bourdonnantes, Baboux a frolé le nervous breakdown. "Non, tu devrais la mettre tête en bas", "non, plutôt à gauche", "tu rigoles ? à droite !", "Personnellement je n'en mettrais pas c'est ridicule", "Ouh là là, on voit mon oreille là, c'est atroce, mon oreille est gigantesque, je souffre d'une hypertrophie de l'oreille, je ne me marierai pas avec une oreille pareille que dieu m'en soit témoin". Pour finir, l'aigrette a été épinglée à droite, tête en haut et c'était magnifique, même si forcément, mon oreille... bref.

 

Je me souviendrai du laçage de Mimi, impeccable, ponctué d'exclamations "non mais c'est dinnnnnnnnnngue, jamais j'avais pu serrer autant, ça se TOUCHE ! Tu as fondu ma parole !". Mimi, c'est toi que je veux épouser.

 

Je me souviendrai de ma Zaz, magicienne des fleurs, qui m'a offert un bouquet de passiflore, roses de jardins, pois de senteurs et noisettes - si si, noisettes - fabriqué entre deux tétées d'une Lilas adorable. C'est le plus beau bouquet de mariée que je n'ai jamais vu, Zaz, il est dans mon coeur et je n'en oublierai jamais le parfum.

 

Je me souviendrai du maquillage parfait, réalisé par H la mystérieuse...

 

Je me souviendrai de la voiture Jaune décapotable, de son beau chauffeur et de Maud dans sa mousseline vert d'eau qui derrière tenait mes cheveux pour que Jennifer Aniston ne se tranforme pas en Bonnie Tyler.

 

Je me souviendrai de ces Oui échangés sans l'ombre d'un doute ni les larmes redoutées, entourée de ma toute petite fille dans sa robe rose et de mon grand garçon, chemise blanche et jean de cow-boy, qui demanda ensuite à ma mamie si elle se rappelait du mariage de ses propres parents...

 

Je me souviendrai de ce baiser si doux et de tous ces regards bienveillants.

 

Je me souviendrai des larmes de Zaz. De celles de Delphine et de Marie-Caro.

 

Je me souviendrai que certains étaient venus du Danemark, juste pour nous, et que les voir si beaux, si fidèles à eux-mêmes après toutes ces années, c'était le plus beau cadeau.

 

Je me souviendrai de ce petit lien de fil rosé prêté par ma Béa parce que tout de même, la tradition quoi. Béa, c'était doux de t'avoir au poignet.

 

Je me souviendrai de ce petit de toi qui te ressemble tant mon dieu et de tous ceux qui l'entourent, comme autant d'anges gardiens.

 

Je me souviendrai de la voix chevrotante de mes petits qui avaient décidé de nous offrir une poésie, devant une assemblée toute ouïe.

 

Je me souviendrai d'une ronde enchantée.

 

Je me souviendrai du lamé de Chloé, Va va va va vroum !