Pensées d'une ronde

Ma vie est merveilleuse...

Je sais ce que tu te dis depuis quelques jours. Tu te dis que j'ai de la chance. Que tu m'aimes alors ça va, mais que limite on pourrait finir par me détester d'avoir la gloire, l'amour et la beauté. Voire l'amour, la gloire et la beauté, je ne sais pas pourquoi mais dans cet ordre là, ce sont des mots qui font rêver.

 

Bref, en un mot comme en cent, tu es jalouse.

 

Et je te comprends.

 

Alors comme en plus d'être bientôt pétée de thunes rapport au rachat de la pièce par Christian Clavier qui ne sait plus quoi faire de son argent, je suis aussi une fille au grand coeur, je vais te remonter le moral en te montrant que malgré cette période de gagne incroyable, il m'arrive à mes heures de vivre des moments de grande solitude.

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Même pas peur

Parmi mes plus grandes terreurs, après celle de l'avion bien sûr qui est toujours en pôle position même si je travaille beaucoup sur moi même, il y a celle de parler en public.

 

Dire que ça me terrorise est bien en deça de la réalité.

 

Tu me diras, on est jamais OBLIGE de parler en public. C'est vrai. Sauf que souviens-toi, je suis aussi celle qui ne sait pas dire non. Alors, lorsque mon chef me demande au pied levé: "Dis, tu me prépares une intervention sur xxxx, c'est pour dans trois jours et ce sera devant une centaine de personnes". Et bien je réponds niaisement: "Bien sûr, pas de problème, c'est comme si c'était fait".

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Anniversaire(s)

Pour la première fois depuis quinze ans il n'y a pas deux anniversaires à fêter aujourd'hui. Et je sais que nous sommes nombreux, ce matin, à avoir cette pensée.

 

Nombreux à rêver de pouvoir faire le chemin en arrière, récrire le film.

 

Surtout ne pas t'en vouloir. Respecter, accepter, tenter de comprendre. Prendre ceux qui restent dans nos bras.

 

Je pense à l'Igéenne, je pense à ce petit de toi. Je pense à vous tous, de Lyon à Marseille, de Paris à Copenhague.

 

 G, je suis tout près de toi aujourd'hui.

 

Edit: Je vous demande pardon pour ce message un peu codé. Ceux qui me suivent depuis longtemps comprendront que ce mois de novembre est endeuillé. Je ne cherche pas la compassion, je veux juste assurer ceux qui partagent cette douleur que je pense à eux.

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Les maux de Cathy

Avec Cathy, ça a commencé de façon un peu cahotique: un jour, il y a quelques mois, j'ai reçu un mail d'elle, dans lequel en substance elle m'expliquait qu'elle venait de commencer un blog et que ce serait drôlement bien que je lui fasse un peu de pub pour qu'elle ait des lecteurs et le courage de continuer.

 

D'habitude, ce genre de demandes, ça ne m'emballe pas. Euphémisme.

 

Mais là, il y avait dans ces mots une sorte d'urgence, une nécessité. Alors j'y suis allée, sur ce blog. Et là, j'ai été comme collée au mur par la force des dessins et du propos. Un humour souvent noir, une souffrance qui parfois dégouline et quelque chose qui fait qu'on a envie de prendre Cathy dans ses bras et de lui dire qu'on ne la connaît pas mais qu'elle est bien plus qu'une grosse. Elle est avant tout une jeune femme avec un sacré coup de crayon et une plume acérée.

 

Cathy parle donc de poids. Et ses mots en ont, sans mauvais jeu de mot. Certaines de ses douleurs je les connais ou les ai connues. D'autres non, parce qu'il n'y pas qu'une façon d'être ronde et encore moins de le vivre. Je ne saurais dire si je suis touchée à ce point parce que ses maux me parlent ou si tout simplement parce que sur ces pages j'ai tout bonnement touché du doigt le talent.

 

Quoi qu'il en soit, allez-y, vous n'aimerez pas forcément parce que la belle n'est pas de celles qui vous brossent dans le sens du poil. Mais ça m'étonnerait que vous restiez indifférent...

 

Edit: Cathy, je voulais te faire la surprise alors je t'ai "volé" un dessin en cachette pour illustrer ce billet. Si ça te pose un problème, dis-le moi, je l'enlèverai.

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En Eres fait ce qu'il te plait

Alors ce maillot Eres.

 

Vous avez été plusieurs à me demander s'il avait été d'enfer.

 

Comment vous dire...

 

Tout ça finalement c'est très relatif et tout dépend de quel côté on se place.

 

Je m'explique.

 

Sur la plage, il a été impeccable. Comme prévu, le côté fronci-fronça de la taille empire a fait son petit effet sur l'homme même si à la longue j'avais un peu l'impression d'avoir des fesses au niveau du décolleté. Mais assise, j'étais presque à l'aise, mon bourrelet bien tenu - hé ho, si j'ai envie de dire MON bourrelet et pas MES bourrelets, c'est ma liberté, hein - par un tissu ma foi de grande qualité, à la fois gainant tout en restant souple. Vive le luxe, j'ai envie de dire.

 

Et puis je me suis baignée. Ouais, je sais, c'est dingue, faut vraiment être une truffe pour faire un truc pareil alors qu'on est à la mer, on a pas idée.

 

Donc, je suis entrée dans l'eau, en toute confiance. Et j'ai nagé avec petite chérie, encore balbutiante en brasse.

 

C'était drôlement mignon. La bichette a bu le tiers de la mer Egée en dix minutes et en même temps, petit à petit, elle commençait à bien se débrouiller. Je me sentais bien, heureuse, à la fois mère et femme dans mon Eres.  A côté, y'avait un vieux monsieur qui nous regardait toutes les deux l'air drôlement attendri, avec plein de cette fameuse gentillesse grecque dans les yeux.

 

Que je croyais.

 

En fait il était juste

 

a) intrigué

b) excité par cette drôle de bouée qui flottait au niveau de mon menton.

 

Mon sein droit.

 

Qui avait manifestement repris sa liberté depuis un bon moment quand je m'en suis aperçue. Enfin, quand l'homme venu nous rejoindre a été pris d'un fou rire de crétin à la vue de cette drôle d'amazone en maillot Eres et que j'ai alors constaté que j'étais un peu débraillée.

 

Euphémisme.

 

J'ai jeté un regard indigné au vieux cochon qui reluquait mon nichon depuis deux plombes et j'ai remballé le fuyard illico presto.

 

Deux minutes et trois brasses plus tard l'évadé en question s'était refait la malle. Suivi de près par son copain de gauche. Pas une once de personnalité, moi je dis.

 

Après avoir tenté à plusieurs reprises de cadenasser ces deux gros malins et au passage flanqué une baffe à l'homme hilare de me voir nager précédée de deux flotteurs limites phosphorescents vu qu'ils ne voient tout de même pas souvent la lumière du jour, j'ai renoncé et compris la leçon. En Eres, tu nages pas, tu te trempes délicatement dans l'eau. Et ensuite tu restes sur ta serviette ou plutôt ton transat parce que bon, faut pas déconner, on est une femme Eres ou on en est pas une.

 

Donc pour répondre à vos questions, oui mon maillot Eres a fait son petit effet. Surtout en Grèce ou le monokini n'est pas super pratiqué (= jamais, pas l'ombre d'un sein nu en trois semaines) et d'autant plus que niveau poitrine, mère nature - cette trainée - ne m'a pas vraiment oubliée.

 

Du coup dès le lendemain j'ai repris mon vieux nanard qui se trouve être un deux pièces alors que j'avais juré mes grands dieux que cette année ce serait no way. Rapport aux photos de l'année dernière dont je ne me suis pas encore remise.

 

M'enfin vu que dans les boutiques de cette petite île il n'y avait que des bikinis ficelles - encore plus no way, j'explique même pas pourquoi ça tombe sous le sens - je me suis résignée à rempiler en deux pièces avec culotte super haute toute usée au niveau de mon intimité.

 

Le point positif, c'est que mon ventre est légèrement doré et que ma foi, ça lui donnerait presque un air sympa. Le point négatif c'est qu'une fois encore je ne suis pas à la veille de regarder sereinement une photo de moi on the beach.

 

Mais après tout, on s'en fout non ?

 

Edit: Je sais, la photo n'a rien à voir avec ce texte. Mais tu ne pensais quand même pas que j'allais te montrer mes seins ? Si ? Et ben voilà, pour ta punition, un monastère. Et le ciel bleu qui va avec. Même pas photoshopé dis-donc. ça fait mal hein...

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Lettre au vent

Hier j'ai vu ton frère, et dans son sourire tu étais là. Le matin, j'avais épluché mes anciens mails et j'étais tombée sur cette invitation pour cette soirée de l'été dernier à laquelle je n'avais finalement pas eu le courage de me rendre. Trop de souvenirs, trop d'appréhension de vous revoir, tous. Un peu de paresse aussi, parce que tu le sais, je suis paresseuse.

Ce jour là, jusqu'au dernier moment j'ai hésité, sans finalement franchir le pas. Evidemment je ne savais pas que je ne te reverrais pas. Mais c'est comme ça, la vie n'a rien à voir avec ces films qui nous font pleurer mais dans lesquels ce train justement, on finit par le prendre.

Et puis en ce moment, il m'arrive des choses qui t'auraient plu, qui t'auraient fait rire. Qu'est-ce que c'est frustrant de ne pas pouvoir t'en parler...

Evidemment, tout ça je le dis au vent, peut-être aussi à l'Igéenne qui si ça se trouve vient ici encore parfois et à laquelle je pense si souvent. Je le dis aussi à son petit de toi.

Je m'invente que tu es là avec nous, que ton esprit n'est pas bien loin. Mais bien sûr, je n'en sais rien.

Si, tout de même, hier, dans le sourire de ton frère, il y avait un peu de toi.

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La cabine. Un an déjà...

Hier, ça a fait un an. Un an de blog. Depuis quelque temps je me demandais ce que je ferais pour mes un an. Un billet très spécial, un truc qui pète, qui ferait date quoi. Un vrai truc de miss. Et puis... Et puis j'ai oublié. Faut le faire, non ? En même temps, à bien y réfléchir, cette histoire de pièce de théâtre, dans le genre cadeau d'anniversaire, je me demande si ça n'est pas ce qui se fait de mieux. Alors voilà, je n'en ferai pas plus. Ah, si. Pour marquer le coup, voici le premier billet de "Pensées d'une ronde". C'est avec ce texte que tout a commencé. C'est parce que je ne savais pas quoi en faire que j'ai décidé d'ouvrir un blog. A le relire, je crois que je ne l'aime plus trop. Aujourd'hui, je ne l'écrirais pas comme ça. Il serait moins triste pour la bonne raison que je suis moins triste. Pas plus mince - au contraire - pas mieux foutue. Pas beaucoup plus à l'aise dans un magasin de fringues. Mais juste plus légère. Et ça, c'est grâce à vous. Alors voilà, j'espère qu'on va faire encore un petit bout de chemin ensemble. Je fais aussi un petit clin d'oeil à Mlle Vie, ma première lectrice, qui connait les affres de la cabine et qui a la grâce d'en rire.

La cabine

Il y a des périodes où il m’est impossible d’entrer. Le simple fait de regarder les vitrines est douloureux. Et puis il y a les jours fastes, quand l’aiguille hésite et passe en dessous du poids maximum. Alors je me risque parfois à franchir le pas de la porte. Je m’arrange pour passer derrière une autre, en espérant qu’Elle ne me verra pas. Elle, la vendeuse. Redoutée, jalousée, souvent haïe. Elle est tour à tour méprisante, condescendante, presque insultante parfois. Rarement gentille. Pourtant je ne lui demande que ça, moi. Un sourire, même désolé, me suffirait. Elle mesure souvent plus d’1m70 et n’a jamais prié pour que l’aiguille de sa balance ne passe pas au dessus du maudit chiffre. Elle déambule telle un chat dans son territoire, jaugeant la clientèle, choisissant celles qu’elle adoubera, avec lesquelles elle se fera cajoleuse, et flatteuse. Avec elle, les girondes, grosses ou enveloppées n’ont aucune chance. Elles peuvent espérer l’indifférence ou redouter son jugement définitif : « désolée, nous n’avons pas votre taille ». Le portrait est rapide. Mais voilà, selon moi, l’univers féminin se partage en deux : les grosses et les autres. Enfin, parfois je suis plus subtile. Mais jamais quand je suis dans le saint des saints, la boutique de fringues.

A l’intérieur, je regarde les habits. Enfin, pas vraiment. Les tailles. 42, 44, parfois 46. Si je suis seule, si elle ne me regarde pas, et si l’humeur est favorable, alors je sélectionne deux trois choses et je pars le plus discrètement possible en cabine. L’envie d’être invisible est forte. Mais quand on est grosse, on n’est pas invisible. L’empressement me rend plutôt maladroite. En me faufilant entre les rayons, j’accroche un ou deux cintres et des vêtements en tombent bruyamment. C’est à cet instant qu’elle intervient, l’air pincé, ostensiblement inquiète pour le pantalon que je m’apprête à essayer.

- Je peux vous aider ? - Non, merci, je regarde, euh… je vais essayer un ou deux trucs - Je vois. N’hésitez pas à me demander, si la taille ne va pas. - Oui, oui, d’accord, merci, je… je…

Le processus est en marche. J’oublie que j’ai plus de trente ans et que je ne suis coupable de rien. Je me transforme en une pauvre petite fille balbutiante, confuse et honteuse d’avoir osé entrer. J’ai dix ans, peut-être moins, et je me retrouve avec ma mère, dans un autre magasin, avec les mêmes angoisses. Souvent, à ce moment là, je décide d’acheter ce pantalon ou autre vêtement sans même l’avoir essayé, juste pour partir le plus vite possible. En payant, je guette un signe de reconnaissance. Mais Elle ne me le donne pas. Jusqu’au bout, je suis une intruse. Elle sait que je ne le mettrai pas, et je crois l’entendre rire avec ses collègues.

Parfois, armée d’un peu plus de courage, je pénètre dans la cabine, en priant pour qu’une glace s’y trouve. Sinon, il faut sortir et s’exposer à ses regards ou ceux des clientes légitimes, les minces. Je me déshabille et je commence à sentir les premiers signes de détresse. Ici, tout est plus blanc, tout est plus gros. Les cabines les pires sont celles entièrement tapissées de miroirs. On peut y vérifier qu’on est grosse de face, mais aussi de dos. Et de côté.

Je commence à enfiler le pantalon. Si je le ferme, le plus souvent, je ne cherche même pas à savoir s’il me va bien. Je me rhabille et je l’achète. Il sera toujours temps de se demander s’il est beau. Et puis de toutes façons, un pantalon en taille 44, est-ce vraiment fait pour être beau ?

Mais la plupart du temps, ça commence à coincer au niveau des genoux. Chaque seconde qui passe, chaque centimètre gagné est alors une lutte perdue d’avance contre la graisse. Je sais, c’est indécent de souffrir pour ça. Pourtant, la douleur est réelle.

Petite, dans les cabines d’essayage, ma mère tirait toujours le rideau avant que j’aie fini de m’habiller. Tout le monde pouvait alors me contempler, boulotte et cramoisie, la jupe baissée et la chemise étriquée – « on n’a pas plus grand », lançait alors la vendeuse à ma mère. Aujourd’hui, elle ne vient plus avec moi, mais je suis toujours aussi cramoisie dans ma cabine. Et les larmes coulent silencieusement, lorsque je dois me rendre à l’évidence : il manque dix bons centimètres pour que le bouton rejoigne sa boutonnière. Alors je repars aussi vite que je suis entrée, ravalant mon chagrin. Il y a deux mondes, celui des minces et celui des grosses. C’est indécent, superficiel, indigne d’une fille plutôt pas idiote d’en être convaincue. Mais c’est bien mon intime conviction, depuis que je suis en âge de voir mon reflet dans une glace.

Edit: Pour la pièce les billets ne sont pas en vente. Mais on est en train de réfléchir à la façon d'organiser une soirée spéciale pour vous. Et ça se passera au Théâtre du petit Gymnase, à Paris.

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Shoot de bouffe

Aujourd'hui, une petite rediff. Parce que la vie c'est ça, parfois ça va bien, parfois un peu moins. Et en cette période post-noëlesque, les vieux démons ne sont pas très très loin...

Dabord, il y a la réminiscence d'un goût aimé. Souvent sucré. L'idée d'un carré de chocolat au lait, la douceur d'une madeleine ou l'acidité délicieuse d'une tarte au citron, par exemple. Petit à petit, ce souvenir s'installe insidieusement et se rappelle à toi de manière obsédante. Il t'en faut. Tu essaies de chasser l'envie, de penser à autre chose. Mais tu salives de plus en plus, tu ne peux plus rien faire, il t'en faut. Tu sais que chez toi, il n'y a rien de tout ça, tu t'interdis d'en acheter, pour ne pas céder. Mais aujourd'hui, ça ne changera rien.

Un fumeur hésite-t-il à traverser la ville le dimanche soir pour trouver un paquet de cigarettes ?

C'est décidé, tu y vas. Tu cours vers le supermarché le plus proche. Tu prends, vite, la tablette de chocolat à l'origine de la compulsion. Et comme tu sais qu'une fois la crise enclenchée, ça ne suffira pas, tu rafles quelques paquets de gâteaux, peu importe lesquels. Une fois ton butin amassé, tu rentres chez toi et prends le temps de t'installer. Tu sais que le bonheur sera de courte durée, alors autant l'optimiser.

Assise sur ton canapé, la télécommande à portée de main, tu déchires soigneusement le papier argenté. La vue du chocolat velouté excite tes papilles. Tu casses un morceau, et le porte à ta bouche, fébrile et impatiente. Les premiers effluves parviennent à tes narines et commencent à calmer le manque. Puis ta langue apprécie la douceur sans aspérité du petit carré. Très vite, le jus divin tapisse ton palais. Les récepteurs transmettent à ton cerveau la sensation de bien-être. Tu te sens calme, tes pensées errent sans entraves, ton corps se détend. Tu n'es plus ici, tu n'es plus toi, tu n'es plus que ce carré de chocolat qui fond voluptueusement pour couler ensuite dans ta gorge.

Le shoot a commencé.

La première bouchée est la meilleure, la seule qui vaille. Les autres ne seront que de vaines tentatives de parvenir à nouveau à l'extase. Et cette impossibilité te poussera alors à engloutir, de rage et de désespoir, tout ce que tu as acheté en plus. Jusqu'à l'écoeurement ultime, la nausée finale.

Seulement toi, tu ne vomis pas. Tu n'as jamais su, jamais pu. Oh, tu as essayé, tu as enfoncé ton doigt dans ta gorge plus d'une fois. Mais ton corps refuse. Il veut garder ce que tu viens de lui donner. Non, tu ne vomiras pas, tu ne sais que te remplir.

La descente est aussi douloureuse que la montée fut euphorique. La culpabilité te fait mal. Tu pétris ton ventre violemment, tu te frapperais si tu le pouvais. Pour te calmer, tu finis par t'inventer un demain différent. Oui, c'était la dernière crise. Demain, tout à l'heure, même, tu feras du sport. Tu ne mangeras rien, ou alors si peu. Demain, tu maigriras. Demain, tu décrocheras.

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Mon corps n'aime pas le sport

champignons_1Je tiens à informer le monde entier - en tous cas une partie de la blogosphère, celle qui me fait l'honneur de me lire - que suite à mon héroïque traversée de la piscine Pontoise, je souffre actuellement d'une otite aigüe. A ce jour, d'ailleurs, je ne suis absolument pas assurée de retrouver l'usage de mon oreille droite.

De plus, il semblerait que des colonies de Candida Albicans - que celles qui n'ont aucune idée de ce que sont les candida passent leur chemin, elles sont sûrement du genre à avoir un chignon parfait ou à savoir garder un tee-shirt blanc une journée entière et ne sont donc pas les bienvenues ici - aient décidé de s'installer DEFINITIVEMENT dans l'endroit le plus chaud et humide - climat de rêve pour ces charmantes bestioles - de mon anatomie.

A l'heure qu'il est, je guette l'apparition d'une verrue plantaire qui ne devrait pas manquer d'apparaitre incessament sous peu.

A ce niveau là, ce ne sont pas des signaux que mon organisme envoie désespérément mais de véritables balises argos. Il n'aime pas le sport, c'est une évidence. Encore moins la piscine.

On m'a toujours dit qu'il fallait écouter son corps. Pour une fois je vais respecter ce conseil à la lettre.

PS: Y'a-t-il vraiment des filles ici qui ne connaissent pas les candida ? Bon, peut-être pas sous leur nom savant, mais enfin, ne me dites pas que vous n'avez jamais eu envie de vous asseoir en pleine rue et de vous frotter contre n'importe quoi pourvu que ça cesse de vous gratter ?

Si ?

Veinardes.

PS 2: Pour celles qui ignoreraient vraiment ce qu'est un candida je tiens à préciser qu'il ne s'agit pas de morpions, à me relire on pourrait confondre.

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"On irait pas se faire les boutiques en copines ?"

 

cr_pageParmi les très mauvaises idées qui peuvent parfois te traverser l'esprit il y a celle consistant à accepter de faire les boutiques avec une copine. Surtout bien sûr si ladite copine affiche au bas mot deux tailles de moins au compteur que toi.

 

Pourquoi est-ce l'exemple type de la fausse bonne idée ? Parce qu'il ne faut pas se leurrer, au bout de deux heures à se comparer à moitié à poil dans des cabines exigües, il y a  forcément - c'est génétique, laissez tomber ce n'est même pas la peine de penser que c'est évitable - l'une des deux qui se met à haïr l'autre. Et croyez moi, c'est toujours la même qui commence les hostilités. A savoir... la plus grosse. Et plus la copine plus mince essaie d'être gentille, plus la plus grosse a envie de lui tirer les cheveux.

 

En général, ça commence à déraper au troisième pantalon taille 44 que tu ne fermes pas. A ce moment là, ton amie qui jusque là a été patiente et qui elle s'est dégotté un slim que même pas en rêve un jour tu y mettras le bras, te dit le plus gentiment du monde: "Tu veux que j'aille te chercher le même en 46 ?"

 

Là, épuisée, cramoisie et au bord des larmes tu réponds avec le plus de calme possible - c'est à dire sur un ton super agressif: "je n'ai jamais fait de 46 de ma vie, plutôt crever que j'acheter un pantalon qui pourrait aller à ma tante Marie-Odile". Ton amie, qui te connait depuis l'école primaire, devrait savoir que la meilleure solution à cet instant T est de prendre ses jambes à son cou et de fuir la cabine, le magasin et le centre commercial. Pourtant, sans aucune raison apparente - elle n'a jusque là jamais présenté de symptômes suicidaires - elle porte alors le coup fatal et prononce LA phrase qui déclenche chez n'importe quelle fille normalement constituée un énorme pétage de plomb: "qu'est ce que ça peut te faire la taille ? L'essentiel tout de même, c'est que tu sois bien dedans, non ? Personne ne le saura que c'est un 46". PERSONNE ? Si. Au moins deux personnes le sauront, elle et toi. Et c'est déjà une de trop. 

 

A ce moment là, tu te rends compte qu'entre elle et toi il y a un océan, celui qui sépare le 36 du 46. A côté, traverser la manche à la nage c'est rien. Et tu commences à avoir tout un tas de répliques super perfides qui se bousculent dans ta gorge nouée. Comme par exemple que tu voudrais bien la voir, elle, obligée de prendre un jean en 40. Qu'on l'entendrait pleurer à l'autre bout du Zara. Que ça lui ferait bizarre d'un coup de plus pouvoir compter que sur son physique. Et que d'ailleurs tu lui souhaites bonne chance quand dans dix ans elle les aura ses dix kilos de trop parce qu'elle ne va pas y couper, c'est qu'une question de temps. Et là, on verra si elle trouve ça cool d'acheter une coupe femme enceinte alors qu'elle est en préménopause. Et puisqu'on en parle, tu ne voulais pas le lui dire mais franchement, il arrive un moment où il faut peut-être accepter son âge. Parce qu'il y a un mot pour décrire les filles de trente ans passés qui veulent en faire dix de moins. Pathétique.

 

Plus tu laches ton fiel, plus tu entends une petite voix dans ta tête qui te crie "méchante, méchante, tais-toi, tais-toi méchante". Et plus la petite voix crie, plus ton fiel il sort. Tout ça se finit dans les larmes. Ta copine mince ne trouve rien d'autre à répondre à toutes tes méchancetés que "ce n'est quand même pas ma faute si tu es trop gr...". Bref, c'est un carnage. Il faudra des semaines de diplomatie de part et d'autres pour tenter d'oublier cet épisode malheureux. Alors croyez moi, les boutiques, c'est en solo et puis c'est tout.

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C'est quoi ça sur ta tête ?

bonnet_de_bainUne fois tous les dix ans, je vais à la piscine. Je vous arrête tout de suite au cas où vous voudriez m'en féliciter, l'initiative ne vient jamais de moi.

 

C'est toujours le même scénario. Une copine, de préférence sublime - sinon ce ne serait pas drôle - semble décidée à me prendre en main et me propose, d'un ton ferme et sans appel, d'aller nager avec elle. Qu'est-ce qui motive ces amies touchées par la foi ? J'avoue qu'encore aujourd'hui je l'ignore. Tout ce que je sais c'est qu'en général la proposition n'est jamais réitérée. Il suffit d'une fois pour comprendre que la piscine et moi, ce n'est pas ça.

 

Donc, une fois que j'ai dit oui - au risque de me répéter, une fois tous les dix ans - et que j'ai fait part avec une vraie sincérité de mon enthousiasme à l'idée d'une telle expédition - enthousiasme dû au fait que les années passant j'OUBLIE, un peu comme on décide de refaire un enfant parce que le corps, cet imbécile, n'a pas de mémoire - une fois disais-je que j'ai dit oui, je commence à ressentir les premiers assauts de l'angoisse.

 

Je veux parler de l'angoisse de la piscine.

 

L'angoisse de la piscine, c'est, comment dire ? C'est l'angoisse du premier jour de plage en pire. A cause d'un truc qui parait peut-être vraiment anodin, un détail pour vous mais qui pour moi veut dire beaucoup: le bonnet de bain.

 

Celui qui a inventé le bonnet de bain est encore plus vicieux que celui qui a créé les Dim-Up. Comme chacun a pu le comprendre, la seule partie de mon anatomie avec laquelle je ne sois pas fachée, c'est ma chevelure. Elle n'a jamais failli, ne m'a jamais lachée, n'a jamais pris de cellulite, ne s'est pas ramollie au fil des ans et ne s'affaisse pas comme deux lacheurs de premier ordre que je ne nommerai pas mais qui se reconnaitront sûrement. Quand je suis boudinée dans mon maillot, mes cheveux me soutiennent, ils cachent mon visage gêné, ils flottent et j'en suis sûre détournent l'attention des regards cruels qui m'assaillent.

 

Mais le bonnet de bain gâche tout.

 

Déjà, personnellement, après avoir enfilé cet énorme préservatif même pas lubrifié, il me faut quelques minutes pour calmer ma crise de larmes. Et bien oui, c'est comme ça, moi quand on s'y prend à quinze pour me tirer les cheveux et tout spécialement les tous petits, les bébés qui poussent au creux de la nuque ou derrière les oreilles, je pleure. Parfois, même, je crie.

 

Une fois calmée, il faut affronter l'immense glace posée là uniquement pour remuer le couteau. Là tu te trouves face à une race de chien dont le nom m'échappe mais assurément de la famille des bouledogues, reconnaissable aux plis qui s'accumulent au-dessus des yeux. Un effet bizarre, qui te donne l'air à la fois très en colère et en même temps morte de rire, sans qu'un son ne sorte évidemment de ta gorge. En gros tu fais peur. Même à toi tu fais peur. Ne parlons pas des enfants qui pressent le pas quand ils te croisent. Bref tu te retrouves défigurée par un rictus horrible sans qu'il soit possible de changer ton expression. Même si tu le pouvais d'ailleurs tu ne le ferais pas parce que dès que tu essaies de soulever tes paupières, ça t'arrache les cheveux qui te restent.

 

Le bonnet est également à l'origine d'un effet d'optique curieux mais incontestable: il réduit le volume de ta tête. Est-ce nécessaire de préciser que du coup le reste parait plus gros?

 

Enfin, une fois que l'objet de torture a été retiré et avec lui les trois quarts de ce qui te restait de ta tignasse, il te laisse en souvenir une très esthétique marque rouge juste au dessus des yeux qui reste incrustée sur ton visage le reste de la journée. Un peu comme si ton front hurlait à qui veut l'entendre: "je suis allée à la pisciiiiiiiiine, moaaaaaaaaa".

 

Demain je vous raconterai ma séance de piscine...

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Tu me prêtes ton jean ?

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Un jour ou l'autre, ça finit par t'arriver. Une copine bien plus mince que toi que tu as invitée pour l'apéro trouve le moyen de balancer son pastis sur son pantalon au moment de sortir au resto. Elle te demande alors le plus naturellement du monde: "tu me prêtes un jean ?". "Mais bien sûuur", tu réponds, apparemment très détachée. Sauf qu'en vrai, tu te prends une grosse suée. Tu files dans ta chambre et tu passes nerveusement en revue ta garde robe en te demandant dans lequel de tes pantalons ta copine que tu commences à détester flottera le moins.

Finalement, tu déterres ce vieux Levis que tu aimais tant mais dans lequel tu n'as pas réussi à entrer la moitié d'une cuisse depuis trois ans. Si tu ne l'as pas jeté c'est juste parce qu'au fond de toi, l'espoir subsiste qu'un de ces jours, peut-être, après deux trois gastros et un bon vieux tenya, tu parviendras à l'enfiler.

Tu reviens dans le salon et tu donnes l'objet sacré avec un air super détendu à ton amie.  "Tiens, c'est le seul qui est propre, y'a des chances qu'il te soit un peu grand, moi-même je le perds". Tu n'as même pas honte de ta mauvaise foi, c'est une question de survie.

Comme c'est une vraie copine et qu'elle, en l'occurence, n'a aucune raison de te détester, elle fait mine de te croire et s'en empare sans manières.

Quand elle ressort de la salle de bain, tu oses à peine la regarder. De face, c'est simple, ça baille et ça fronce tellement qu'on pourrait penser qu'entretemps il lui est poussé un zizi. De dos, on dirait Kate Moss dans une salopette de Coluche - paix à son âme.

"Il me va impec', et puis de toutes façons c'est la mode de l'oversize", t'assure-t-elle, te gratifiant d'un sourire désarmant de gentillesse. Toi tu n'entends que le mot "oversize" et tu penses à tes fesses qui pour le coup sont à fond dans l'air du temps. Le pire, en plus, c'est qu'à bien l'observer tu constates qu'elle arrive à être vraiment jolie malgré les quatre tailles de trop du pantalon. Autant dire que désormais c'est officiel, tu la hais. Pour sauver le peu de dignité qu'il te reste, tu entres malgré tout dans son jeu et tu confirmes: "Ecoute, c'est vrai, il te va plutôt bien, je suis super étonnée, je pensais qu'il serait plus grand que ça"

Mais toute la soirée, à chaque fois que tu poses les yeux sur elle, tu te prends en pleine face les 13 kilos au bas mot qui te séparent d'elle. Immanquablement vient le moment où une bonne âme demande à ta copine pourquoi elle porte le pantalon de son grand-père. Et là, tu la vois expliquer, un peu gênée. Tu surprends les rires étouffés et les regards confus. Ta soirée est foutue.

En même temps, tu sais que ça aurait pu être pire. Tu aurais pu en effet te manger le pastis sur TON jean chez ELLE. Et subir la honte de ne pas réussir à passer une cheville dans le plus grand de ses joggings...

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Parle à mon cul

Tout pour être plus belle de dos". C'est ce que nous promet le Elle de cette semaine. Histoire de nous rappeler qu'en effet, le bourrelet du ventre qu'on essaie de camoufler du mieux possible avec une blouse un peu large, c'est rien comparé à l'énorme popotin qu'on se trimbale quotidiennement, sans qu'il ne nous soit - heureusement - imposé de le voir, mais que le reste du monde moque en silence, c'est sûr.

 

Donc, intriguée et pleine d'espoir, la ronde se précipite sur son magasine chéri - et pourtant ô combien souvent détesté - histoire de voir à quelle sauce son cul pourrait être mangé... Outre les conseils judicieux prodigués par de filles pourvues de fesses ressemblant à de charmants abricots veloutés, sur laquelle la ronde reviendra plus tard, "Elle" nous propose, dessins à l'appui, un inventaire de ces petits défauts de fessiers qui nous pourrissent la vie. Pour chaque type de cul, des astuces vestimentaires sont suggérées, afin de "tirer parti" de nos imperfections. Sur le principe, rien à dire.

 

Seulement voilà... il y a certes la fille aux fesses basses, la fille à la culotte de cheval, la fille aux fesses plates, ou celle aux grosses fesses. Mais il n'y a pas la fille AUX GROSSES FESSES BASSES ET PLATES ET A LA CULOTTE DE CHEVAL... Du coup, la ronde est perdue: en cas de fesses basses, il faut porter des robes droites. Mais si culotte de cheval il y a - et oui, il y a - surtout pas malheureuse! Idem pour le jean. En cas de gros cul, qualifié de "sexy" par la facétieuse journaliste, "ni taille haute, ni taille basse, le jean doit enrober la hanche et souligner la naissance de la taille" (heu... ????). En revanche, en cas de cellulite, il faut choisir une taille semi-haute (re-heu... ?). Mais si votre pétard en plus d'être bas est également plat - si si, c'est possible - c'est fichu. Pour un cul raplapla, rien ne vaut en effet une taille basse. Totalement proscrite par contre en cas de petites jambes et donc de cul bas. Ah, parce que oui, j'oubliais, "Elle" nous révèle un truc complètement dingue: quand votre postérieur semble trainer sa misère, "ce qui pêche, ce n'est pas vos fesses, ce sont vos jambes"... Vous pensiez n'avoir qu'un problème de postérieur ? Raté, vos jambes aussi sont bonnes à jeter.

 

Bref, la ronde finit par refermer rageusement le magasine, constatant une fois de plus qu'elle n'entre dans aucune des catégories proposées. Elle continuera donc de s'habiller tant bien que mal et de tourner dignement le dos à son cul. Après tout, il ne mérite que ça.

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Sous les jupes des rondes, épilogue ?

Une fois n'est pas coutume, un petit message d'espoir spécifiquement destiné à toutes les filles dont les cuisses se touchent... Il y a quelques jours, je remettais au goût du jour un billet écrit au printemps, sur les souffrances tapies sous les jupes des rondes.

 

Et là, une lectrice avisée et généreuse, Marilou, m'a fait part d'une découverte que je n'hésiterais pas à qualifier de bienfait pour l'humanité: la crème Nok, d'Akiléine. Rendons à César ce qui est à César, c'est Hélène qui parla la première de ce produit magique sur son blog 100% filles, vantant ses qualités exceptionnelles. Enrichie au beurre de Karité, cette pommade protégerait l'épiderme des inflammations dûes aux frottements intempestifs.

 

Curieuse mais sceptique, je me suis rendue dans une pharmacie acheter un tube de Nok. Délestée de 10 petits euros - je crois que j'aurais pu donner dix fois plus pour une telle cause - je suis repartie chez moi, impatiente d'essayer l'onguent.

 

Dès le lendemain, ce fut chose faite. Texture un peu épaisse, odeur agréable. J'ai massé longuement mon entrejambe jusqu'à pénétration totale et je suis partie travailler, pas tellement légère mais néanmoins court vêtue...

 

A chaque pas, je m'attendais à sentir les prémices d'une brûlure. Mais rien de tel n'arriva. Bien sûr, mes cuisses n'ayant pas réduit de moitié dans la nuit continuaient de s'embrasser à chaque enjambée, mais sans s'embraser. La peau lubrifiée glissait sans s'irriter. Après une journée de marche, aucune souffrance n'a altéré mes pérégrinations.

 

Voilà, rondes de tous les pays, sachez que le salut est à portée de pharmacie. Pour dix euros vous pourrez mettre à l'air vos gambettes et vous sentir... femme.

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Tu bouffes

Parfois, tu manges. Souvent, tu bouffes. La première part, tu la manges. La deuxième, tu la bouffes. Pour certains, ce n'est qu'une question de vocabulaire, pour toi, c'est un état d'esprit.

 

Quand tu es entourée, tu manges. Au restaurant, tu fais attention, tu choisis les plats diététiquement corrects, ceux qui ne feront pas lever les yeux au ciel de tes convives, étonnés qu'avec tous ces kilos tu te permettes un confit-patates sautées. Au dessert, tu attends, fébrile, le choix de tes acolytes. S'ils prennent un café, alors toi aussi, tu sautes le sucré, osant même un "je n'ai plus faim, moi non plus", pas très convaincu. S'ils demandent la carte des douceurs, tu fais mine d'hésiter, mais tu jubiles. S'ils en croquent, alors pourquoi pas toi ? Dans ta tête, tu te répêtes "salade de fruits, salade de fruits", comme une incantation. Pourtant, lorsque le serveur se tourne vers toi, c'est "Fondant au chocolat" qui sort de ta bouche, sans que tu comprennes pourquoi. Mais là encore, tu manges, sagement. Il y a même des soirs où tu ne finis pas. Tu t'appuies alors sur ton dossier, la main sur le ventre et tu soupires que tu n'en peux plus, tu as bien trop mangé.

 

Seulement, quand tu rentres chez toi, dans ta cuisine à peine éclairée par le halo du néon de ton réfrigérateur et que personne ne peut plus lever les yeux au ciel, tu bouffes.

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