Pensées d'une ronde

Mike et moi

Me voilà bien em...bêtée. Je comptais un peu vous raconter, à mes dépends mais aussi à ceux de la photographe, cette séance photo qui a eu lieu il y a quelques semaines déjà et qui ne me laisse pas un souvenir impérissable. Et puis je me dis que ce n'est pas super cool. D'abord parce que les clichés sur Femme actuelle sont finalement plutôt pas mal et que dire du mal de mes copines de Elle que je ne connais pas c'est une chose mais brocarder une fille qui après tout a fait son boulot ce n'est pas joli joli.

 

Cela dit, force est tout de même de reconnaitre qu'elle était un peu... spéciale.

 

Bon, ok, c'était Mike Tyson.

 

Sauf qu'elle mesurait un mètre 55 et qu'elle devait peser 42 kilos.

 

Mais c'était quand même Mike Tyson. Et que si j'hésite à en parler plus que ça c'est que mon thérapeute et moi on pense que c'est peut-être trop tôt rapport au travail qu'on a entrepris pour gérer le stress postraumatique.

 

Et aussi que j'ai peur. 

 

C'est simple, je ne mettrai plus jamais le pied dans le quartier où s'est déroulée la séance parce qu'à mon avis y'a un contrat sur ma tête. Oui, sur la mienne. Vous en connaissez vous des gens qui oseraient s'en prendre à Mike Tyson ? Ah ! Donc forcément, faut bien qu'il y ait quelqu'un qui paye.

 

Par mesure de précaution donc, j'ai rayé de la carte le cinquième arrondissement de Paris. 

 

Faut dire que ça avait mal commencé.

 

J'étais arrivée en retard et Mike, elle aime pas ça. 

 

Et puis moi je croyais que la séance allait durer dix minutes et qu'on ferait ça à la terrasse d'un café. Alors j'avais mis des chaussures à talons achetées la veille. Au bout d'une station de métro j'ai cru mourir des pieds.  J'étais pourtant assise.

 

Alors inutile de vous dire qu'au terme d'un marathon de deux heures et demie qui nous a fait parcourir le quartier Mouffetard de long en large et en travers - surtout en travers d'ailleurs - j'ai frisé la gangrène du gros orteil.

 

En revanche, j'avais comme qui dirait pris le parti d'être vraiment mal habillée. Ben oui, à croire que j'ai du mal à être bien de partout. Là, j'avais donc des chaussures rutilantes et blanches qui me rajoutent pas loin de dix centimètres au garot. Oui je dis bien au garot parce qu'avec je ne marche pas vraiment droit, mon cul a tendance à partir en arrière pour compenser la glissade qui s'opère à l'intérieur de la chaussure - comment vous faites d'ailleurs pour que votre pied il reste DETENDU dans une pompe à talons ? Le mien, il débaroule et finit tout boudiné au fond, là ou c'est le plus étroit Y'a même des fois où vu du talon on se demande si y'a vraiment un pied dans la chaussure.

 

Mais je m'égare. Par réaction à la cambrure de mon derrière, le haut de mon corps, lui, se penche alors en avant pour que tout ne se casse pas la figure. Bref, la démarche altière, ça me me connait pas, moi je tiendrai plus du chevalin, avec des talons.

 

Bref, revenons à nos moutons, j'avais des chaussures Barbara Gould. Du coup... le reste c'était du n'importe quoi. Une tunique à bretelles d'été qui en est à sa troisième saison après avoir servi de robe de plage l'année dernière et qui craque un peu sur les côtés, un soutien gorge playtex avec bretelles rembourrées - je l'adore mais dieu qu'il est laid - donc plus larges que celles de la tunique et un gilet ajouré.

 

Très ajouré, le gilet.

 

 Surtout au coude.

 

Pour ainsi dire, troué le gilet.

 

Quand au bas, un legging fatigué de l'entrejambe.

 

Bref, quand elle m'a vue arriver, Mike Tyson m'a toisée et direct calmée en me demandant si je voulais prendre deux minutes pour me recoiffer.

 

Je l'ai regardée avec mon air de fille paniquée d'autant que la fée Babou n'était même pas là. J'ai dit que ben non, ça risquait pas rapport à l'absence de brosse dans mon sac tout usé rose avec des palmiers.

 

Mike Tyson a eu envie de me coller une droite, je l'ai bien senti. Et là je suis hyper fière de moi parce que je lui ai dit super froidement que voilà, moi j'étais comme ça, tendance décoiffée. Ok, ma témérité venait du fait que je venais de rencontrer Mike. Après coup, mon thérapeute et moi on pense que j'ai provoqué la bête.

 

Mike m'a répondu du tac au tac que j'étais aussi tendance pas maquillée et trouée au coude. Elle a aussi dit que les talons c'était une mauvaise idée pour un trek dans le quartier mouffetard. Je peux vous dire qu'après j'ai plus mouffeté.

 

Hin hin, mouffetard, mouffeté... bref.

 

Voilà, ensuite ça a été une succession de moments nutella. Mike a commencé par virer une pauvre jeune femme qui mangeait tranquillement son sandwich sur le banc à côté de moi parce qu'elle gachait la photo. Souvent, la nuit, je la vois encore qui me regarde, son sandwich entamé. Elle me demande au nom de quoi j'ai foutu en l'air sa pause déjeuner.

 

Ensuite Mike m'a hurlé de sourire tellement de fois qu'à la fin j'avais une tendinite de la machoire en plus de ma polyarthrite de l'orteil.

 

Elle a également engueulé un maraicher qui était manifestement un psychopathe tout juste sorti de l'HP. Mais je peux vous dire que Mike, ça l'a bien fait rigoler. Il lui en faut plus que ça pour l'impressionner. Encore aujourd'hui on ignore ce qu'il est advenu de ce pauvre homme. Avant de disparaitre, il a tout de même pris le temps de proférer des insultes assez explicites sur ce boudin qui se prenait pour Catherine Deneuve. Et croyez moi, ce n'est pas de Mike qu'il parlait, ça j'ai bien saisi.

 

Mike n'a pas non plus apprécié qu'une jeune mère de famille passe avec sa poussette devant moi sur le trottoir alors que je prenais une pose devant un mur de graffitis. J'ai sauvé l'enfant de justesse.

 

Ensuite on s'est également tapé le curé de l'église en bas de la rue Mouffetard qui a osé faire remarquer à Mike que bon, des photos contre le porche d'un église pendant la messe, c'était bof. Pardon mon dieu pour tout ce qui a été dit sur toi ensuite. Je sais que j'en ai rajouté et même ri niaisement mais à ce moment là, j'avais peur.

 

Il a fallu aussi que je fasse mine de sortir d'une boutique de décoration, empêchant du coup tous les autres clients éventuels d'y entrer. Pendant un quart d'heure. C'est long un quart d'heure dans ces cas là.

 

Je passe sur la crise de nerfs de Mike quand elle s'est aperçue que le magasin "L'occitane" qu'elle avait repéré une heure avant et dans lequel il y avait une super lumière était fermé entre midi et deux. J'ai bien senti que mes dix minutes de retard avaient tout foutu en l'air. Comme le propriétaire était en train de manger quelque part, le bienheureux, on s'en est pris au poissonier d'à côté. Je dis "on" parce qu'à ce moment là, j'avais clairement choisi mon camp, je peux vous dire. D'autant que je me suis dit que tant qu'on s'en prenait au poissonnier, Mike ne pensait pas aux dix minutes de retard. Ce n'est pas joli joli, je sais. En même temps, moi aujourd'hui, je sais.

 

Ce que j'aurais fait en 39, je veux dire.

 

Bref, je passe sur les dix minutes passées à faire genre de débouler - mais immobile bien sûr - d'une ruelle élue officiellement chiottes de l'année par tous les chiens errants du quartier et sur l'énooooooorme fiante de pigeon qui est passée à ça de mon oeil.

 

Manifestement où pissent les chiens, chient les pigeons.

 

C'est simple, quand Mike m'a dit qu'elle pensait avoir tout dans la boîte, j'ai oublié ma nécrose de l'orteil et tout le reste et j'ai piqué le sprint de ma vie. Sérieux, Marion Jones à côté c'est un vieux canasson.

 

Bon, en fait, finalement, je me suis un peu lachée. Mon thérapeute et moi on se dit que peut-être ça fait partie du travail.

 

N'empêche qu'en même temps, Mike Tyson, elle en a dans le pantalon. Je peux vous dire qu'une nana comme ça, vous la mettez N'IMPORTE OU, y'a pas une mouche qui la fait chier. Et j'imagine qu'en Irak par exemple, c'est bien utile.

 

Mon thérapeute pense que je l'admire en raison du syndrôme de Stockolm.

 

Bon, voilà, au final un coup de photoshop et y'a plus de trou à mon coude. Et aussi un peu de rose sur les lèvres et on dirait que j'étais maquillée. Limite on pourrait penser que je souris vraiment, alors qu'en dedans de moi  y'a que de la terreur.

 

EDIT: Comme certain(e)s d'entre vous me demandent le lien vers l'article, je le remets ici: donc c'est par Là

80 commentaires - aucun rétrolien

Une femme très actuelle

Ehhh oui, c'est encore moi. Quand y'en a plus y'en a encore, mes vacances, c'est un peu l'arlésienne, toutes les semaines de me dis que c'est pour cette fois-ci et pof, non, encore raté. M'enfin là la quille approche et à compter de vendredi vous êtes tranquilles jusqu'à fin août. A moi la canicule, la fêta, l'Ouzo et autres cyladeries... A vous le silence assourdissant de mes grands cris.

 

En attendant, je suis là et bien là. Je suis même cette semaine un peu people puisque voilà, je crois qu'il y a un article avec ma pomme dans Femme Actuelle.

 

 

Ouaip.

 

Bon, ok, Femme Actuelle, c'est pas Vogue. En même temps, ça se vend mieux.

 

Surtout, je dois vous avouer que je suis un peu fière. Pas à cause de Femme Actuelle. Mais de la raison pour laquelle je suis dedans.

 

Je vous raconte. L'année dernière en septembre, j'ai vu sur le site de Radio-France qu'un concours était lancé pour sélectionner des textes écrits par des femmes pour la publication d'un recueil de textes intitulé "Paroles de femmes" sur le modèle du "Paroles de poilus" - on arrête tout de suite de ricaner mes blondes, il s'agit des poilus de la grande guerre, hein, pas de témoignages poignants de mecs couverts de poils dans le dos, même si sûrement que dans le lot, y'en avait, des mecs à forte pilosité mais ce n'est pas le propos du livre, j'ai envie de dire.

 

Alors j'ai envoyé quelques textes. Faut dire que j'étais dans ma période de de super winneuse et qu'à l'époque, s'cusez du peu, je passais sur France Inter ( et ). J'étais également en passe de devenir un auteur de théâtre reconnu, à la une du Petit Gymnase.

 

Hum.

 

Bref, à l'époque donc, je ne doutais de rien et j'ai envoyé des textes.

 

Et puis j'y ai plus pensé.

 

Et forcément, comme toujours dans cette satanée blagueuse de vie, alors que je n'y pensais plus, ça a marché. Et en janvier, genre, on m'a avertie qu'un de mes textes avait tapé dans l'oeil du directeur des éditions de Radio France, Jean-Pierre Guéno.

 

Qui m'a appelée en personne pour me le dire.

 

Bon, là je dois vous l'avouer, pendant quelques jours je me suis prise pour Françoise Sagan. Et puis je me suis calmée. A cause de la marinière qui décidément me grossit grave.

 

Et pourquoi Femme actuelle, vous-demandez vous, mes biches ? Quel rapport avec le fleuron de la littérature française auquel désormais j'appartiens ? Ben rien, en fait. Juste que sur ce coup là, Radio France a conclu un partenariat avec Femme Actuelle. Rapport au titre du livre "Paroles de femmes". C'est sûr qu'ils allaient pas demander à Courrier International juste pour mon ego. Ni à Carpe magazine. En un sens tant mieux. Ou pas.

 

Donc disais-je, je suis drôlement fière d'autant que le texte sélectionné c'est "La sortie de l'eau" et qu'il m'est cher ET de saison.

 

En revanche, je ne suis pas super sûre de moi en ce qui concerne la photo parce que la séance ne s'est pas à proprement aussi bien déroulée qu'avec Fabrice ( et ), l'homme qui ma révélée à moi même en tant que modèle.

 

Mais ça c'est une autre histoire et je vous le raconterai demain, si vous le voulez bien...

 

En tous cas aux deux trois âmes esseulées qui ne sont pas en vacances...

 

EDIT 10h00 - A y'est, j'ai vu l'article. Mouais. Bon, disons que la photo, c'est moi. Moins flatteuse que celles de Bien dans ma vie, mais incontestablement plus réaliste. Ensuite, le texte de l'article, je le trouve plutôt pas mal, ce qui est au demeurant assez prétentieux parce que les 80% du texte sont des extraits du fameux "La sortie de l'eau". ça se confirme donc, je gonfle des chevilles. En réalité, une chose m'horrifie en revanche, le titre. Là tout de suite, on se croirait dans une émission de TFI ou un Jour après jour de Delarue: "Le calvaire d'une ronde". Pfffffff... Allez, va, tout ça n'est pas bien important, m'enfin je tenais à préciser que je n'ai jamais employé cette terminologie...

 

EDIT2 15h00 - z'avez vu comme je bosse ? - Grace à Marie, voici le lien vers l'article version web: http://www.femmeactuelle.fr/actu/c_est_dans_le_magazine/caroline_raconte_le_calvaire_d_une_ronde Marie je voulais mettre un lien vers ton blog mais celui que tu as mis n'aboutit nulle part... Merci en tous cas !

69 commentaires - aucun rétrolien

Je fais ma Catherine

Mes lecteurs adorés ne pleurez pas, je ne suis pas du tout partie, je reviens dans la journée avec THE liste de livres à lire cet été, sélectionnés par moi himself. Heu... herself. A moins que ce ne soit myself. Bref, en toute subjectivité, sans me justifier, je vous ferai part de ce qui à mon sens devrait vous faire passer un bon mois d'août. Parce que vous le valez bien et moi aussi. 

Ouais j'ai une légère poussée de melon. En même temps, j'ai mes raisons. Parfaitement. Sachez qu'hier j'ai tout de même cotoyé de très très très près l'idole absolue de ma vie.

 

Catherine D.

 

Je vous arrête tout de suite, ne commencez pas à me faire la liste de tous les défauts de la grande Catherine. Oui elle est tirée de partout même qu'à table à sa place j'aurais eu peur de me retrouver avec mon visage dans l'assiette. Oui, elle est hautaine - on s'est rendus compte que c'était elle après qu'elle ait lancé un "Chuuuuuut" sonore en réaction aux rires de bécasses qui sortaient de la gorge de mes copines et moi rapport aux bulles et autres boissons à plusieurs degrés que nous avions ingérées. Oui elle est un peu tapée, friquée, flambeuse.

 

Oui mais.

 

Catherine c'est Peau d'Ane, Les Parapluies, Les demoiselles. C'est aussi Le sauvage et le Dernier métro. C'est Ma saison préférée et Belle de jour.

 

Catherine a partagé le lit de Marcello.

 

Catherine a doublé la maman de Marjane Satrapi.

 

Elle a chanté avec Björk.

 

Elle a été l'égérie de Bunuel et reste celle de Téchiné.

 

Elle aime les Palaces, le whisky, les hommes et les cigarettes.

 

Son blond lui coûte un rein toutes les semaines. Heureusement elle a plein de reins.

 

Comme moi. Je parlais du blond, hein, parce que forcément pour le reste... Quoi que les hommes et les Palaces, en fait, si. Les cigarettes aussi.

 

En fait Catherine, c'est moi.

 

Voilà, juste encore une chose. Hier lorsque nos rires se taisaient, on entendait sa voix. Elle a chuchoté à un moment "j'adore le sureau". Et on aurait dit un poème.

 

Donc forcément, oui, je me la pète un peu ce matin. Et aussi j'ai mal à la tête, le calva était en trop, je le SAVAIS.

 

A tout' !

34 commentaires - aucun rétrolien

Kate grosse ? (trop fort non ?!)

Bon, revenons cinq minutes sur cette femme qui incarne LA ronde dans le Elle.

 

Oui, je veux parler de la fameuse mannequin grande taille.

 

Savez quoi ? Je suis d'accord avec le Elle. Ah, là je vous surprend hein ? Ben oui, comme le disait l'une d'entre vous, elle est ronde.

 

Elle est ronde si on la compare aux tops filiformes et prépubères qui s'exposent dans tous les féminins, publicité ou qui déambulent sur les podiums lors des défilés.

 

En revanche, si on la compare à la française lambda, elle est juste dans la moyenne haute des bombes qui énervent. Mais je dois admettre que si les filles des magazines étaient toutes comme elle, je serais déjà un peu moins chafouin un jour sur deux. Pourquoi ? Parce que par exemple, quand elle est debout et que ses deux pieds se joignent, ses cuisses se touchent.

 

ça n'a l'air de rien, je sais. Mais comme pour le fameux mec qui jouait du piano debout, et bien pour moi ça veut dire beaucoup. Au risque de passer pour une écervelée, je crois d'ailleurs que c'est une des choses dont je rêve. D'avoir ce léger espace entre les jambes quand je marche.

 

Pour ne plus avoir les cuisses en feu l'été - certes y'a la crème Nok, mais bon, moi honnêtement, au bout de deux heures, faut que j'en remette et ce n'est pas toujours super Barbara Gould, de se passer de la crème "là". C'est pas tout à fait comme se remettre du baume à lèvres, si vous voyez ce que je veux dire.

 

Aussi, ne plus avoir les cuisses qui frottent, ça me permettrait de voir vieillir mes jeans et de les user comme le commun des mortels au niveau des genoux, voire sur les fesses. En tous cas pas entre les jambes. C'est pareil, ça semble dérisoire, mais avoir un trou à cet endroit là, c'est tout de suite pas la classe. Surtout quand tu es assise et que la graisse de ta cuisse elle fait tout pour se faire la malle. Et que limite on pourrait croire qu'elle va y arriver.

 

Autre argument pour détester un peu moins cette Kate que sa copine plus connue, quand elle est assise, y'a un pli au niveau de sa taille. Attention, j'ai pas dit un bourrelet hein. Encore moins un chapelet de pneus de différentes épaisseurs comme quelqu'un que je connais intimement...

 

 Ouais, c'est à toi que je pense, mon ventre. Pas la peine de faire genre que t'as pas compris.

 

Bref, elle a un pli. Preuve que quelque part il y a comme un peu de chair sur son abdomen. Les autres tops, au mieux y'a rien, au pire un creux.

 

Ah et puis aussi, ses seins sont un tout petit peu lourds. Là encore, je ne parle pas d'une tentative d'évasion mamaire dès que le soutien gorge n'est plus de la partie, - voyez ce que je veux dire bande de fuyards ? Oui oui, vous deux, parfaitement - mais tout de même, ils semblent subir la loi de la pesanteur, et quelque part c'est rassurant.

 

Bon, voilà, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, la demoiselle n'a rien de rond, mais elle est belle. Elle n'incite pas à l'anorexie, elle n'est pas ridiculement jeune pour parader à poil, elle n'a pas l'air de manger de la cocaïne à tous les repas en plus de sa pomme hebdomadaire.

 

Alors moi je dis, si elle pouvait travailler pour les féminins en dehors des jours consacrés aux soit-disant rondes, juste comme ça, sans qu'il soit fait allusion à sa morphologie "particulière", et bien le monde tournerait un tout petit peu plus rond(e).

 

Edit: Savez quoi ? J'ai fait une recherche sur Internet. Et Kate Dillon, à priori, elle ressemble plutôt à ça:

  

 A se demander si elle n'est pas en réalité vraiment ronde mais trop pour Elle qui l'a photoshopée. A moins bien sûr qu'elle n'ait beaucoup maigri... Quoi qu'il en soit elle est magnifique, mais ça fait réfléchir, non ? Et encore je vous assure que je n'ai pas pris les photos où elle est la plus gironde.

77 commentaires - aucun rétrolien

Et si on disait non ?

Je ne sais pas ce qu'il en est pour vous, mais personnellement, je suis de la race des "j'ose pas". "J'ose pas demander à la maitresse", "j'ose pas lui dire que j'ai pas envie de sortir ce soir", "j'ose pas refuser de prêter de l'argent", etc etc etc.

 

Ce n'est pas nouveau, ça a toujours été. La manifestation la plus flagrante de cette faiblesse de caractère était particulièrement évidente du temps où je fumais. Je pense détenir le record de clopes données gracieusement à qui le demandait. Oh, pas par générosité, hein. Enfin, si quand même, mais pas que. Aussi par peur de me faire casser la figure. Ben oui, c'est comme ça, j'ai souvent peur qu'on me casse la figure.

 

Aussi par crainte qu'on ne m'aime pas. Ben oui, c'est comme ça, je veux qu'on m'aime. Ah bon, ça se voit ?

 

Toujours est-il que limite on aurait dit qu'il y avait écrit sur mon front: "Ici dépôt gratuit de tabac". Tout le monde le savait et jamais je crois de ma vie je n'ai refusé de donner une cigarette.

 

Jamais de ma vie non plus ou presque je n'en ai taxé. J'osais pas. En plus il se trouve que les rares fois où j'ai tenté je me suis pris des vents mémorables. En même temps ils étaient con les gens - oui, souvent, en effet, mais là vraiment - parce qu'en bonne adhérente du club des poires, j'étais aussi du style à racheter un paquet plein à la bonne âme qui m'aurai dépannée d'une clope. Et ça même si la personne en question m'en avait auparavant "emprunté" une bonne centaine.

 

Bref, la cigarette, c'est une métaphore, vous vous en doutez bien. Ah non, vous ne vous en doutiez pas ? Alors je vais en venir au fait au lieu de tourner autour du pot comme un lion en cage.

 

Depuis quelques mois, je reçois plein de mails de nouveaux amis. Ouais, c'est dingue, moi qui voulais qu'on m'aime, j'ai carrément réussi. Un truc de fou. Dans ces mails, les gens ils me disent que je suis géniale - jusqu'ici tout va bien - que vraiment ils me kiffent grave - encore, encore - et que d'ailleurs la preuve, ils viennent me lire. Je ne vous dis pas, les premiers du genre, j'étais pétrie de reconnaissance. Le problème, c'est qu'en général, ça ne s'arrête pas là.

 

Ces nouveaux amis que moi j'ai, ils ont en général un truc à me demander. ça donne ça à peu près:

 

- "Bonjour Caro, je trouve que t'es une fille géniale. Il se trouve que je viens de monter un commerce de dessous féminins, tu peux me faire de la pub ? Je n'ai pas d'argent à te proposer mais en revanche je te fais une ristourne de 5% sur les culottes à partir de 300 euros d'achat".

 

- "Bonjour Mademoiselle - ouais y'en a ENCORE qui ignorent que je suis une femme respectable maintenant - on lance une nouvelle ligne de vêtements pour des femmes fortes, vous voudriez bien mettre un gros encart sur votre blog ? On a pas d'argent à vous proposer, mais par contre vous toucheriez 1% du montant des achats générés par vos lectrices. On espère que vous vous rendez compte de la chance que vous avez."

 

- "Salut Caro, je suis toute nouvelle sur la blogosphère, alors ce serait génial que tu fasses un article sur moi et aussi que tu me mettes en lien. En plus je te signale que j'ai mis un commentaire chez toi y'a deux jours".

 

- "Bonjour t'es trop oufe comme nana, c'est méga bien ce que tu fais et comme t'es une fille et que moi aussi et que j'ai besoin de gagner un concours de blogs, ben je trouve que ça serait vraiment bien au nom de notre amitié naissante que tu fasses un billet sur moi."

 

Bref, vous voyez le style. Passées les premières semaines où j'étais trop heureuse d'avoir autant de gens qui m'aimaient, j'ai fini par comprendre que peut-être en réalité, ce n'était pas vraiment ni d'amour ni d'amitié qu'il s'agissait.

 

Alors au début, vu que je suis une "j'ose pas", ben j'ai pas osé, normal. Pas osé dire non, pas osé dire que merde alors, moi j'ai jamais rien demandé à personne de ce genre parce que ça me semble un peu... osé, non ? Du coup, j'ai mis en lien des gens juste parce qu'ils me l'avaient demandé gentiment et j'ai parlé de trucs dont en fait je n'avais pas du tout envie de parler.

 

Et puis comme je suis à l'aube de mes 29 ans - presque 38 - je me suis dit: "Ma caro, va falloir grandir. Dans la vie, on ne PEUT pas être aimé de tout le monde. Alors oui c'est assez désagréable d'avoir le mauvais rôle et de passer pour la méchante fille qui a dit non. Mais souviens-toi de toutes les fois où on t'a refusé une clope, merde, alors !"

 

Vous savez quoi ? ça marche. A chaque fois qu'on me demande un truc qui me semble purement intéressé, à chaque fois que j'ai la très nette impression d'être une poire, je me rappelle avec quelle désinvolture ces mêmes personnes me refuseraient une cigarette alors que le simple fait d'oser demander m'aurait déjà fait perdre deux ans de vie - à cause du stress.

 

Et du coup, je refuse.

 

Je ne vous cache pas que c'est moyennement facile à vivre, de ne plus être la gentille à tous les coups. Je vous avoue aussi que du coup, j'ai moins d'amis. En même temps, à bien y réfléchir, les Trois suisses n'ont jamais été mes amis - oui, la collection pour femmes forte, c'est eux.

 

Voilà, il est évident que je ne parle pas de tous ces mots adorables que certains d'entre vous m'envoient, juste pour me raconter que ben pareil, vous aussi vous n'aimez pas vos fesses, ou que vous allez vous marier, ou que vous détestez Vanessa et que vous adorez Charlotte et bien plus encore. Ces mots là, ils me nourrissent et me comblent, que les choses soient bien claires. Mais à tous les autres, qui s'offusquent et hurlent après le melon énoooooooooooorme que j'aurais soit-disant pris juste parce que je n'ai pas donné satisfaction à leur exigence, et bien vous savez quoi ? J'ose le dire là, bien en face de mon écran - ouais ben ça va, les thérapies comportementales ça ne marche pas sur tout et pour l'instant j'ose surtout dire des choses à mon clavier c'est une première étape - je m'en fiche. En vrai dans la vie de tous les jours vu que je suis grossière à souhait je dirais plutôt que je vous emmerde. Mais là, quand même, ça me semble limite, non ?

 

Edit: Ne me remerciez pas pour cette leçon de vie que je viens de vous donner. Premier exercice à tous ceux qui partageraient mon problème: dites non au moins une fois dans la journée. Juste parce que vous n'en avez pas envie. Sans vous excuser ni vous justifier. Juste NON.

121 commentaires - aucun rétrolien