Pensées d'une ronde

Je suis une célébrité, ne me sortez surtout pas de là

Je me dois aujourd'hui de vous informer d'une décision mûrement réfléchie. Je vais reprendre la cigarette. Oui, absolument. Et croyez moi, quand vous connaitrez les raisons qui me motivent, vous comprendrez. Limite si ça se trouve vous aurez envie de venir en griller une avec moi.

 

On parie ?

 

Alors voilà le pourquoi d'un tel revirement après presque cinq ans d'abstinence.

 

Vous vous souvenez qu'il y a quelque temps, je vous avais raconté comment par un bel après-midi d'été - beh oui, au cas où vous ne vous en soyez pas rendu compte, l'été a eu lieu cette année au mois d'avril, et présentement l'automne bat son plein. Vivement juin qu'on ait de la neige - comment donc, par un bel après-midi d'été je m'étais trouvée nez à nez avec Yannick Noah dans la cour de l'immeuble, en panne de moto.

 

Ce jour là, j'avais pensé - et mes copines aussi - que cette rencontre magique était le fruit d'un hasard divin.

 

Le lendemain, quand Antoine Decaunes a traversé la cour sous les yeux médusés d'un collègue, on s'est dit que dis-donc, tout de même, deux people en deux jours, pas mal.

 

Le jour d'après, Gérard Darmon est sorti de l'ascenseur. Bon, là, on a commencé à s'interroger. Journaliste, qu'est-ce que vous voulez, c'est un métier.

 

Mais c'est quand le Eric d'Eric et Ramzy a franchi la grille de l'immeuble qu'on a décidé de mener l'enquête.

 

Non parce que bon, on voulait bien croire qu'à la capitale on a plus de chances de rencontrer des stars, à ce niveau là c'était un peu comme si on vivait dans la ferme des célébrités sauf qu'en plus les people en question n'étaient même pas des ringards.

 

On n'a pas eu à chercher très longtemps. Encore une fois, journaliste c'est un métier. En vrai pros de l'investigation, on a donc demandé au concierge qui nous a donné l'explication de ce défilé de célébrités. Même si je ne peux rien vous dire, sachez que ma théorie initiale selon laquelle tous ces hommes venaient voir le spécialiste du cuir chevelu qui a sa plaque à l'entrée n'était pas la bonne.

 

 Pardon Yannick n'avoir imaginé que tu venais te faire coller des cheveux.

 

Bon, je ne vous la donnerai pas, l'explication, parce que voyez-vous, entre people on est super solidaires. Et que depuis que je suis dans Bien dans ma vie, je sais ce que c'est que la pression de la célébrité. Je ne veux pas cracher dans la soupe parce que sans mon public je ne serais rien. Il n'empêche qu'il faudra me passer sur le corps pour que je vende la mèche.

 

Juste je peux vous dire qu'il y a dans l'immeuble quelqu'un à qui tout le show-biz vient rendre visite un jour ou l'autre, pour des raisons professionnelle. Et que ce quelqu'un a eu l'idée de génie de s'installer au même endroit que les nouveaux locaux du média le plus austère et confidentiel de la planète. Non je ne travaille pas à "Carpes magazine" - si, ça existe - mais pas loin. Grace lui en soit donc rendue.

 

Bref, quelque part, je dois vous l'avouer, moi qui deviens hystérique quand je croise Danièle Gilbert à la Gare de Lyon, je vis un rêve. Et je pèse mes mots. Presque je pourrais penser que je suis morte et que mon paradis à moi c'est de fréquenter les people.

 

Bon, l'inconvénient, c'est que je n'ai pas 36 raisons de trainer dans la cour de l'immeuble. Pas même une en fait. Sauf quand je vais manger ou que je repars. Ce qui ne me donne pas beaucoup de probabilités de croiser Georges Clooney.

 

Pas comme les veinards de fumeurs qui n'en finissent pas de revenir en nous racontant qu'ils ont vu Gad Elmaleh ou Dominique Lavanant.

 

Alors que moi, je dois bien l'avouer, je n'ai au compteur que Yannick Noah.

 

Et Mimi Mathy.

 

D'accord, Yannick compte triple.

 

M'enfin bon, je ne vais quand même pas risquer de passer à côté de Charles Berling, Jean-Pierre Darroussin - c'est comme ça, Darroussin me fait des guilis au zizi ça ne s'explique pas - ou Gérard Lanvin, tout ça pour une bête histoire de cancer du poumon que si ça se trouve j'aurai quand même dans cinquante ans !

 

Par conséquent, c'est décidé, je reprends la cigarette. Pas question que ma collègue clopeuse profite de Marc Lavoine pendant que moi je me contente de Mimi Mathy.

 

Je sais, c'est complètement con. En même temps je n'ai jamais prétendu être une lumière.

92 commentaires - aucun rétrolien

Tu portais des foulards

Tu portais des foulards. Tous les jours, toutes les saisons. Cette habitude était ancienne, je me souviens qu'adolescent tu me piquais les miens. C'était ton excentricité, ces tissus bigarrés qui flottaient autour de ton cou.

Oui, si je ne devais retenir qu'un trait de toi, ce serait cela.

 

Viendraient ensuite ton rire aigu et cette façon de regarder les gens en penchant la tête lorsque tu étais gêné ou que tu voulais séduire.

 

Il y a quelque temps, ton frère m'a donné un de tes foulards. Mon premier réflexe a été d'y enfouir le nez pour t'y retrouver. Mais il n'y avait qu'une odeur mélangée de soie et de poussière. Je l'ai ensuite accroché à un cintre dans mon armoire, un peu désemparée, ne sachant pas trop que faire de ce vestige de toi.

 

Et puis la semaine dernière, j'avais un peu froid et le décolleté de ma robe était trop profond. Alors j'ai enroulé cette écharpe légère autour de mon cou, en me disant que si c'était trop étrange, je la remiserais au fond de mon sac.

 

J'avais peur que ce soit un peu morbide, j'avais peur que cela me rende mal à l'aise. Et c'est tout le contraire qui s'est produit.

 

Je n'avais pas retrouvé ton parfum en cherchant des effluves disparus mais là, tu étais à mon cou. Les premiers instants, les larmes sont montées, puis la tristesse s'est fait plus douce. Imperceptible et léger, tu m'as accompagnée toute cette journée.

 

L'idée de ta disparition sera-t-elle un jour supportable ?

66 commentaires - aucun rétrolien

La nouvelle star des vacances de l'amour

Alors chose promise, chose dûe, parlons un peu de la Nouvelle star, même si Hélène en a déjà fait un très bon compte-rendu hier.

 

Je dois tout d'abord vous avouer une chose, lors des précédentes émissions, j'avais été un peu déçue.

 

Bon, à ce stade du billet, ceux qui sont un peu perspicaces doivent se dire: "en même temps, la semaine dernière elle a pas regardé à cause du débat. Et la semaine d'avant non plus à cause de la fête chez Ginette".

 

Hum.

 

Hum hum.

 

En fait j'enregistre.

 

A y'est, fini de rigoler ? De toutes façons j'ai même pas honte d'autant que j'ai fait bien pire que ça.

 

Si, absolument. La preuve ?

 

J'ai déjà enregistré un épisode des "Vacances de l'amour".

 

Mais si, les Vacances de l'amouuuuuuuuur, la suite d'Hélène et les garçons ! Ok, on doit être douze en France à l'avoir suivi. Il se trouve que ça a été diffusé pendant que j'étais enceinte, scotchée sur un canapé pendant quatre mois. Par conséquent, j'ai regardé. Et j'ai enregistré l'épisode où Hélène réapparait après cinq années d'absence en Australie. Je ne m'étais quand même pas tapé 23 épisodes où on espérait son retour pour louper le dénouement pour une histoire de préparation à l'accouchement non plus ! Le pire c'est qu'en fait elle avait perdu la mémoire et qu'il a fallu douze épisodes pour qu'entre elle et Nicolas il se repasse quelque chose.

 

Bon, bref, vous conviendrez qu'enregistrer La nouvelle star, à côté, c'est un peu comme si j'avouais qu'aux toilettes je lis du Rimbaud.

 

Revenons à nos moutons, ou plutôt à nos candidats. J'étais donc assez déçue les dernières fois, parce que mis à part Julien, je les trouvais assez mous-mous les jeunôts. Même André ne me faisait plus vibrer. Faut dire que ses paris avec ses copains de Libé, ça commençait à tourner en rond.

 

Et puis hier, je me suis réconciliée avec tout ce petit monde. D'abord André qui a recommencé à faire des réflexions un peu libidineuses comme j'aime. Et puis Manu Katché qui fait rien qu'à engueuler le public de Baltard. Et aussi avec Dove qu'est vraiment con comme une chaise et c'est aussi pour ça qu'on l'aime - encore qu'à mon avis il est pote avec sarkozy - et évidemment avec Marianne James, qui a rappelé qu'elle était une soixante-huitarde et que les "colères saines" c'est toujours mieux que se foutre de la trombine des gens. Suivez mon regard du côté du Paloma qui mouille à Malte...

 

Côté candidats, là aussi, respect. Respect pour Tigane d'abord. Tigane c'est l'élégance un point c'est tout. Sa voix c'est du velours et jamais il crie, jamais il est vulgaire. En plus il a l'air intelligent. Et sur le duo avec Gaëtane, vrou, j'ai frissonné.

 

Respect aussi pour Gaëtane même si elle n'a tout de même pas l'air pour le coup d'avoir inventé le fil à couper l'eau tiède.

 

Sinon, grand grand respect pour Pierre. Ok Marianne, il lui manquait une tierce pour monter aussi haut que l'autre mec bizarre qui chante cette chanson d'habitude, Milka ou Suchard, là, chais plus. M'enfin tout de même, Pierre, c'est un miracle sur scène ! Je le trouve de plus en plus torride, bien que de plus en plus "lui même" à mon avis. Genre qu'il ne nous ferait pas trop de mal à nous les girls. Mais ça n'engage que moi.

 

Enfin, carrément la révérence pour Julien. Faire un carton comme ça sur une chanson d'Alizée, ce n'était pas gagné. Incroyable comme les paroles de ce morceau me sont apparues à la limite du supportable de l'érotisme. Julien hier tu étais ma lolita et c'est pas ma faute à moi si j'en voulais à ta barrette, mon lapin.

 

Voilà. L'homme a un faible pour Julie, celle qui ressemble à dove attia avec des cheveux, dixit les copains de libé de dédé. Moi je dis bof. En ce qui concerne Raphaëlle, vraiment je regrette mais il faut qu'elle apprenne à dire non à Joanna la styliste. Le poncho, ce n'était vraiment pas indispensable.

 

Et Soma... Comment te dire Soma ? Ben rien en fait.

 

Edit: Les filles, je vous demanderai d'être gentilles et de ne pas encourager l'homme. Je sais, vous ça vous fait rire, mais lui prend tout ça très au sérieux, il ne se rend pas compte, le pauvre. C'est un peu comme les enfants, si on rigole trop à leurs bêtises, ils ne savent plus s'arrêter. Et là, on est un peu confronté à ce genre de choses. Il est trop fragile pour gérer et croit vraiment que certaines d'entre vous veulent l'épouser. Il consulte le blog toutes les dix minutes pour voir si on lui a répondu et ne se sent plus pisser. Il a même dans l'idée de monter un blog concurrent. Bref, soyez mignonnes, ignorez-le, au bout d'un moment il se lassera, c'est mieux pour tout le monde

140 commentaires - aucun rétrolien

Moi, moi et moi

Autant vous prévenir de suite, ce billet est entièrement consacré à mon actualité. Je sais, c'est assez insupportable et limite il faudrait créer une nouvelle rubrique pour ce blog, genre "36-15 je m'la pète".

 

En même temps, public - je peux t'appeler "public" ? - faut savoir ce que tu veux. Maintenant que tu as fait de moi une star, maintenant que tu as créé de toutes pièces la bête de scène que je suis devenue, il faut l'assumer.

 

Donc, public, sache qu'à compter d'aujourd'hui, tu peux trouver dans tous les kiosques de France le "Bien dans ma vie" de Juin 2007 dans lequel un article m'est consacré. Je tiens toutefois à t'avertir, je n'ai pas vu l'article en question, il se peut donc qu'on y trouve d'énormes bêtises. Que veux-tu, depuis que je suis une people, j'éprouve un plaisir presque charnel à me confier à mes amies journalistes. Et comme je n'ai aucune morale, je suis prête à raconter n'importe quoi si je sens que ça peut faire vendre du papier.

 

Deuxièmement, public, j'ai une autre nouvelle qui est moins bonne. Prépare les mouchoirs parce que je sens que ça va même être un drame.

 

La pièce de théâtre est reportée.

 

Je sais, c'est dûr pour ceux qui avaient bloqué la date depuis des mois. Pour info j'en fais partie. Mais c'est comme ça, c'est la faute à Nicolas S. Oui, parfaitement. Le producteur - j'adore dire "le producteur", ça aussi c'est jouissif - a peur que les élections présidentielles et législatives captivent à ce point les gens qu'il n'aillent pas au théâtre. Du coup, il préfère qu'on commence en septembre, à priori le 17, et, chouchou sur le gâteau, dans une salle plus grande, toujours au Théâtre du Gymnase. Allez, arrête de pleurer, public, tu verras, ça va être trop bat'.

 

Enfin, dernière actu - je sais, c'est dingue, on se demande comment je fais pour être sur tous les ponts comme ça - mon deuxième livre des Courges sort le 6 juin et pour le précommander, tu peux cliquer . En plus dans ce livre intitulé comme l'image l'indique, il y a une guest. Yes. THE ClaireMM. Dont le texte sur la petite souris m'a tellement plu que je l'ai carrément pompé. Avec son nom à la fin quand même.

 

Bien sûr que c'est de la promo tout ça ! M'enfin, je ne peux tout de même pas compter que sur "Bien dans ma vie" pour assurer le service après-vente quand même, hein ?

 

Voilà, j'ai encore pas mal de succès à venir, mais je ne veux pas non plus te noyer sous ce genre d'infos, ça pourrait devenir gênant.

 

Edit: L'homme tient à préciser que je ne suis pas à proprement parler sur tous les ponts, que l'appartement est une porcherie, que les enfants sont à peine nourris et que j'ai la marque de l'ordinateur sur les cuisses à force d'y être greffée. Il ajoute qu'il n'est pas vraiment sûr de m'épouser si je garde ce melon qui me tient de courge en ce moment. L'exagère, non ?

 

Edit2: Demain je vous fais un brief Nouvelle star parce qu'avec THE débat de la semaine dernière que quand même merde, c'est ségo qu'avait gagné, on a pris un peu de retard. On en reparle demain donc mais d'ores et déjà, respect à Marianne James et ses allusions subtiles au fait qu'elle est de gauche et un grand ui à Julien. Je reviens en effet sur tout ce que j'ai dit la dernière fois, Julien c'est de la bombe. Le problème c'est que l'homme refuse de mettre des barrettes. L'autre problème, c'est Virginie Elfira. Je crois que l'homme vit une love story virtuelle avec elle.

Edit3: Dans le Bien dans ma vie il y a également les blogueuses Deedee, Caroline Daily et Sonia. Je ne l'ai pas précisé au départ parce que j'ignorais que nous étions plusieurs dans cet article et que je l'ai découvert en ouvrant "Bien dans ma vie".

115 commentaires - aucun rétrolien

Je me retire définitivement...

Mes lapinoux.

 

Ce matin, bien évidemment, j'ai la gorge serrée.

 

Depuis hier, je tourne et retourne tout ceci dans ma tête. Plusieurs solutions s'offrent à moi.

 

 

La première: Je me retire définitivement de la vie politique. On n'en parle plus, je retourne à mes régimes et mes magazines féminins et hop, à la poubelle mon engagement.

 

Mouais.

 

La seconde: Je deviens de droite. Du coup, j'ai gagné hier, je suis super heureuse, en plus je ne paie plus l'ISF. En même temps, aux dernières nouvelles, je ne le paie déjà pas. Et puis comment vous dire... En fait je n'y arrive pas. J'ai essayé, hein, de me convaincre que maintenant ça suffit de se prendre des tôles tous les deux trois ans et que la meilleure façon d'y remédier, c'est de passer de l'autre côté. Mais que voulez-vous, quand ça veut pas, ça veut pas. Pour tout vous dire, l'année dernière j'ai vraiment tenté de me dire que j'étais italienne. Rien à faire, Materrazzi et Sarkozy, même combat.

 

La troisième: Heu... En fait pour l'instant, là, de suite, je n'en vois pas trop. C'est un peu comme quand on rate son bac. L'idée de repiquer, le lendemain, elle est insurmontable. Il faut un temps pour pleurer. Juste pour pleurer. Mais quelque chose me dit que petit à petit, ça va aller mieux. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas le choix.

 

Quoi qu'il en soit, je ne sais pas vous mais personnellement, j'ai trouvé que perdre avec un sourire pareil et rester debout comme l'a fait Mademoiselle Royal, et bien c'est juste la classe internationale.  D'ailleurs mon fils ne s'y est pas trompé en déclarant: "tu as vu maman comme elle sourit ? On dirait qu'elle n'a pas perdu. Tu sais, à mon avis, Nicolas Sarkozy, s'il aurait perdu, il aurait pas souri comme ça."

 

Voilà, tout est dit. D'un côté, il y a un homme qui vient de voir son rêve à lui, son rêve de quand il était petit se réaliser. D'un autre, il y a une femme qui ploie mais ne rompt pas. Et qui n'est pas effondrée parce que cette bataille, elle ne la livrait pas que par ambition personnelle. Et cette femme, et bien moi je l'ai trouvée royale. Sans jeu de mots et sans recul probablement me diront ses détracteurs. Alors je ne sais pas encore bien de quoi demain sera fait. Mais je crois que je suivrai le chemin qu'empruntera celle que j'aurais bien vue, moi, à l'Elysée. N'en déplaise aux éléphants qui m'ont réellement déçue hier soir.

 

Edit: C'est compliqué de continuer à tenir ce blog. J'aime nos débats, ils ont été incroyablement enrichissants jusqu'alors. Mais j'ai peur que l'amertume des uns et l'arrogance des autres ne finissent par l'emporter. Et puis je ne veux pas que cet espace ne soit plus qu'une arène politique. Alors ce blog restera militant, soyez-en sûrs. Mais après ce billet, il sera temps, vraiment, de tourner la page de ces élections. Je ne censurerai aujourd'hui aucun commentaire à condition qu'il soit respectueux. Par conséquent, les railleries et sarcasmes seront supprimés sans scrupules. 

236 commentaires - aucun rétrolien

Ce soir

Alors voilà. Ce soir je suis évidemment triste. Et j'aurais adoré que nous continuions de nous réconforter ensemble. Mais manifestement, certains ne se contentent pas d'avoir gagné, il leur faut venir ici et laisser des commentaires perfides et provocateurs, au nom de la liberté d'expression.

 

Autant j'accepte que nous débattions et je n'ai JAMAIS censuré les commentaires de lecteurs pro-sarkozystes, autant j'estime que venir sur ces pages ce soir pour ironiser sur Ségolène Royal avec aucune autre intention que de nuire, cela n'apporte rien au débat. Par conséquent, comme je suis fatiguée et légèrement écoeurée par l'overdose de Springles goût oignon avalés compulsivement jusqu'aux résultats, je ferme les commentaires pour ce soir et je vais me coucher, ou peut-être mieux, regarder un épisode de Greys Anatomy. Au moins Derek, je suis sûre qu'il ignore qui est Nicolas Sarkozy...

4 commentaires - aucun rétrolien

Jusqu'au bout

Mes petits lapins, l'heure est solennelle. D'ici quelques heures, on n'aura plus le droit de parler des élections. Ceci sera donc mon dernier message à caractère apolitique de gauche. Avant de me taire, je veux en effet vous dire une chose.

 

Tout porte à croire que les jeux sont faits. En tout cas tout est fait pour qu'on le pense. Les sondages se multiplient, implacables, annonçant heure après heure un écart de plus en plus important entre les deux candidats. Quelque part, je me réjouis que cela se termine à minuit, parce qu'encore un jour et on nous prédisait une victoire de Nicolas à 80%.

 

Bon, vous me connaissez, je suis une personne extrèmement mesurée qui jamais au grand jamais ne tomberait dans le piège d'une quelconque théorie du complot.

 

Mais quand même.

 

Jusqu'à nouvel ordre, une élection se joue dans les isoloirs et pas chez Ipsos, CSA ou Sofres. Par conséquent, je vous en prie, ne cédez pas à cette intoxication qui consiste presque à nous faire penser que dimanche on ferait mieux d'aller pêcher aux moules puisque tout est joué.

 

Mes choupinets, je n'ai donc qu'un mot à vous dire: votez. Même si c'est pour la gloire, même si ce dimanche risque d'avoir un goût amer. Il sera toujours temps ensuite de pleurer, de hurler, de râler, d'exulter ou de boire pour oublier. Mais avant tout, votez.

 

Voilà, je voulais aussi vous remercier pour vos contributions, votre enthousiasme pendant ces débats, votre respect de cet espace. Je n'ai jamais regretté d'avoir fait évoluer ce blog vers quelque chose de plus engagé. Lundi, il sera temps de tourner la page mais il sera aussi surtout temps de faire en sorte que notre voix reste audible et que la diversité reste une valeur positive.

307 commentaires - aucun rétrolien

Hier à Charlety

Hier, à Charlety, j'ai entendu des yala, des inch'allah et même des Alleluia. J'ai vu des familles assises sur la pelouse du tram parce qu'elles n'avaient pas pu entrer dans le stade.

 

Hier j'ai pleuré assez souvent, c'était encore mieux qu'à La nouvelle Star.

 

Ma première larme a été pour Michel Delpech - un de mes incontournables que j'assume totalement - lorsqu'il a entonné "wight is wight, Dylan is Dylan". (merci Esme)

 

Hier, j'ai appelé ma mère quand Lenny Escudero a chanté le Bohémien, et j'ai senti que ma mère si elle avait pu, elle se serait téléportée de Lyon.

 

Hier, mon fils et son copain ont joué aux billes sur la pelouse dans les 15cm² qui leur étaient impartis, entre les jambes de militants amusés. Ma fille brandissait une pancarte "Ségolène présidente" juchée sur les épaules de l'homme.

 

Là aussi j'ai pleuré un peu, parce que je les trouvais beaux.

 

Hier, Jane Birkin était hilare dans les gradins et je me suis dit que les cheveux courts, ça lui va drôlement bien. J'ai pensé à Serge et j'ai pleuré.

 

Hier, Geneviève de Fontenay a remporté l'applaudimètre. Suivie de près par Jean-Pierre Darroussin.

 

Hier, un jeune "des quartiers" brandissait un drapeau français en revendiquant le droit de se réclamer de la France. Il avait le maillot de Zidane et des lunettes de kéké. Il m'a fait pleurer.

 

Hier, j'ai passé trois heures avec un autocollant "votez ségolène" sur le front, à tel point que j'ai oublié ensuite de l'enlever. Après j'ai compris pourquoi les gens se moquaient de moi au Franprix.

 

Hier, un jeune rappeur a lancé: "et si on faisait l'amour, là, comme à Woodstock ?". J'ai regardé mon homme et j'ai eu vraiment envie, d'un coup, de lui sauter dessus, comme à Woodstock.

 

Hier, j'étais à Charlety, et Ségolène Royal a déclaré que la "valeur travail" c'est avant tout "payer le travail à sa vraie valeur". Elle a également rappelé que mai 68 avait permis aux femmes d'obtenir le droit à l'avortement et l'accès à la contraception.

 

Elle a parlé de cet homme rencontré dans un meeting qui lui a confié faire semblant tous les matins de partir au travail pour que son fils n'ait pas honte de lui. Ai-je besoin de préciser que j'ai pleuré ?

 

Voilà, hier je me suis dit qu'on était au moins 60 000 à rêver. C'était un joyeux bordel et l'organisation n'était pas au carré. 

 

Hier sur la scène de Charlety, il y avait Cali, Dyonisos, Grand Corps Malade, Renaud et Benabar. Et aussi Yannick Noah. Je dois d'ailleurs avouer que tout de même, pendant cinq minutes j'ai un tout petit peu détesté Ségolène Royal. Parce que Yannick, il l'a embrassée, elle. Limite j'ai pleuré.

 

Hier à Charlety il n'y avait ni Jean-Marie Bigard, ni Gilbert Montagné, ni Johnny Halliday.

 

Hier ce n'était pas Woodstock, c'était Charlety. Et à Charlety, je me suis dit que quoi qu'il puisse se passer dimanche, tout ça n'est pas fini.

 

Edit: Je voulais vous faire un minute par minute, mais pour l'instant, je n'ai pas assez de recul, je suis juste toute émotionnée et du coup, j'ai du mal à trouver les mots qui font rire. Promis, j'en ai un sous la main et en plus il ne parlera pas de politique.

382 commentaires - aucun rétrolien

Je ne pense qu'à ça

Je suis bien embêtée. Mais alors bien embêtée. Pourquoi ? Parce qu'à quelques jours du second tour des élections présidentielles, j'ai du mal à penser à autre chose. A tel point que j'ai survolé le Elle spécial mode sans même trouver un motif d'agacement. Ce qui en soi est la preuve que tout de même, je suis perturbée.

 

Non parce que c'est évident que si je cherche bien, des raisons de m'énerver, je devrais en trouver, ne serait-ce que pour commencer, les prix des accessoires de la hype qui tue conseillés cette semaine par mes copines de chez Elle. Mais non, ça vient pas.

 

Je crois que je suis atteinte d'une présidentiellite aigüe.

 

Que voulez-vous que je vous dise, à côté de la saga autour du débat Royal/Bayrou, le prix de la montre Chanel à quatre zéros qu'il faudra ABSOLUMENT avoir cet été sur la plage, et bien je vous l'avoue, je m'en cogne le Chavrou.

 

Voilà, en même temps, j'ai bien compris que parler politique, ça va cinq minutes, ensuite c'est un peu pénible et pas très sexy. Cela dit, c'est peut-être malgré tout encore le moment de le faire, parce que d'ici quelques jours, si les sondages disent vrai - et jusque là ils n'ont pas trop menti - ça sera peut-être difficile d'écrire sur autre chose que les régimes, les rouges à lèvre ou le temps qu'il fait.

 

J'exagère ? Peut-être.

 

N'empêche qu'un homme qui envoie des émissaires du ministère de l'Intérieur pour signifier au caricaturiste le plus connu de France, j'ai nommé Plantu - de son vrai nom Plantureux, savoureux non ? - que ses dessins sont inconvenants, et bien personnellement ça ne me dit rien qui vaille. Que dire du fait que deux des personnages politiques les plus importants du moment n'aient réussi à débattre que sur une obscure chaine de la TNT, alors qu'au départ c'est toute la presse régionale et Canal + qui étaient sur le coup ?

 

Bref, je sais, je ne vais pas forcément faire des heureux aujourd'hui, mais à part "bavasser" sur ces petites choses, et bien je n'ai pas grand chose à dire.

 

Ah, si. J'ai un peu peur.

 

Edit: Je ne suis pas sans savoir que certains me "préfèrent" dans un autre registre. Mais voilà, le reste du temps, dans mon emploi que j'ai, je ne choisis pas ce dont je vais parler. J'y ai encore moins l'occasion de donner le fond de ma pensée, parce que le maître mot de mon boulot, c'est la neutralité. Alors ici, et bien je l'ai décidé une bonne fois pour toutes, je fais comme je veux. Au risque de déplaire. Et puis avouez, si je me pliais à vos désideratas, vous m'aimeriez moins, non ? Pas sûr ? Ah. Tant pis.

 

169 commentaires - aucun rétrolien

La rencontre (fin)

Voici la fin. Merci de vos réactions sur ce texte plus "écrit" que les autres. En me relisant j'y vois des lourdeurs et des maladresses, mais comme je le disais dans un commentaire, c'est en écrivant ces mots il y a un an que j'ai réussi à dépasser enfin cette douleur lancinante. Alors rien que pour ça, je n'y touche pas, tant pis pour les erreurs de style...

La rencontre (fin)

Elle fut ensuite présentée à son fils, lui aussi tout nu dans sa boite transparente, à l'autre bout de la pièce. Comme si d'être séparés de leur mère ne suffisait pas, il fallait aussi qu'ils soient le plus loin l'un de l'autre...

 

Autant la rencontre avec sa fille fut douloureuse et complexe, autant dès le premier regard posé sur le visage tout rond de son garçon, la filiation fut évidente. Tout en savourant sa joie de découvrir ce second bébé, elle sentit les premières morsures de la culpabilité.

 

Elle en aimait un plus que l'autre.

 

Ce qu'elle avait tant redouté se produisait, elle ne pourrait être la mère de deux enfants en même temps. Le petit bonhomme s'était lové contre elle, dépliant, pour la première fois d'après l'infirmière, ses petites jambes de grenouille, signe "d'une confiance et d'une détente absolue", toujours d'après l'infirmière. Elle finit par le reposer, à regrets, dans sa couveuse, envahie d'un sentiment d'attachement bestial.

 

Les petits restèrent longtemps à l'hôpital et la mère et sa fille s'apprivoisèrent lentement. Mais il lui fallut des mois pour se pardonner leurs premiers instants.

41 commentaires - aucun rétrolien

La rencontre (suite)

Alors puisque vous voulez cette suite, c'est bien volontiers que je vous la livre. La fin sera pour demain. Si j'échelonne, ce n'est - pour une fois - pas par volonté de faire un odieux teasing mais plutôt par peur d'être trop longue. Bon week-end à tous et à toutes. 

 

 La rencontre (suite)

 

J'aimerais pouvoir écrire qu'elle franchit cette porte, qu'elle prit ses petits contre elle et qu'elle fut submergée d'un amour maternel qui lui fit oublier qu'il lui avait fallu trois jours pour découvrir ses enfants.

 

Mais ce fut un peu moins idéal et les chemins de la maternité furent plus sinueux et moins tranquilles.

 

Pour commencer, derrière la porte orange, il y avait un premier sas, dans lequel elle dût se déshabiller entièrement. Ensuite, il fallut se laver les mains plusieurs fois, avec des produits différents qui sentaient tous le détergent. Une fois cette "désinfection" accomplie, vêtue d'une blouse en papier et la tête recouverte d'un filet, elle entra dans la "salle des prémas". Le bruit des moniteurs y était assourdissant. Il deviendrait, au fil des jours qu'elle passerait ici, à la fois familier et angoissant. La pièce était immense. Les couveuses étaient alignées en rang d'oignons, des fils et des tuyaux en tous genre en sortaient de toutes part. A première vue, l'endroit évoquait plus une usine de technologie de pointe qu'une nurserie. Après quelques instants, elle vit les petits corps branchés et haletants qu'abritaient les berceaux de plexiglas. Le coeur serré elle pria pour que les siens soient un peu plus robustes.

 

Une puéricultrice la guida vers une première couveuse, vide. "Votre petite fille arrive, son infirmière est en train de finir sa toilette". Le malaise s'installa insidieusement. "Son infirmière". Qui était cette ennemie, cette femme qui avait déjà pris dans ses bras le bébé qu'elle même n'avait jamais vu ? Sa fille devait la prendre pour sa véritable mère, c'était sûr. Elle n'était plus qu'un ventre vide et on lui avait volé ses enfants. La jeune puéricultrice en question arriva, serrant contre elle une minuscule poupée nue, avec, sur sa tête en épingle, un petit bonnet rose. "Voilà votre petite L, madame". On la fit asseoir parce que ses jambes tremblaient. On déposa ensuite au creux de son coude son enfant. Les larmes se bousculaient au seuil de ses yeux sans se décider à couler. Le visage de sa fille ne ressemblait en rien à ce qu'elle avait imaginé depuis trois jours, ni au polaroid pris le soir de sa naissance. Une tête d'épingle dévorée par de grands yeux noirs qui tentaient si fort de la fixer qu'ils en louchaient. Du colyre jaune en coulait, "conjonctivite du préma", expliqua l'infirmière. De son nez dépassait le fil blanc de la sonde alimentaire, l'enfant étant trop petite pour manger autrement. Elle examina le corps frêle et osseux de son bébé et ne vit que l'étrange duvet nsombre qui le recouvrait. Sa fille était en réalité un bébé chimpanzé. Et elle, mère si indigne, n'arrivait pas, malgré toute la volonté du monde, ni à la reconnaitre, encore moins à s'extasier.

 

Elles étaient là, toutes les deux, à se fixer, incrédules, à se demander comment s'apprivoiser. Elle ne pouvait oter de son esprit que pour le nourrisson blotti contre elle, elle n'était rien d'autre qu'une puéricultrice de plus. Et le plus douloureux était de s'avouer qu'après tout, on aurait pu lui confier à elle aussi n'importe quel autre enfant, elle n'aurait probablement pas vu la différence. Elle avait été si persuadée qu'un seul regard suffirait...

 

La petite fille se mit à pleurer, interrompant ces sombres pensées. Son désarroi ne fit qu'empirer.

 

C'est à cet instant que son premier geste de mère les sauva toutes deux du naufrage.

 

Elle fit courir son doigt le long du dos doux et velu du bébé. Au contact de son index, l'enfant jusque là recroquevillée, s'étira avec volupté et se cambra comme un chat. Les pleurs s'arrêtèrent comme par enchantement, et les paupières se fermèrent. La poupée s'était endormie.

 

"Et voilà, c'est le miracle des mamans...", s'attendrit une petite aide-soignante. A ce moment là seulement, elle pleura.

 

A suivre...

55 commentaires - aucun rétrolien

Sept ans...

Aujourd'hui, c'est un jour très spécial. Mes deux coeurs ont 7 ans. Sept ans. L'âge de raison, quoi. Je me souviens, le jour où j'ai eu dix ans, mon père a regardé ma mère et avec beaucoup de tendresse et de nostalgie dans la voix, il a dit: "Dix ans, tu te rends compte, j'ai l'impression que c'était hier". Moi je n'avais rien dit à ce moment là mais dans ma tête, j'avais pensé que tout de même, il exagérait un peu. Dix ans, c'était long. En plus, moi, ces années me paraissaient dûrer une éternité. La preuve,  ça faisait un siècle que j'attendais d'entrer au collège !

 

Aujourd'hui, forcément je comprends mon père et je SAIS. Je sais qu'en effet, pour lui, c'était vraiment hier.

 

Pour l'occasion, je vous propose une petite redif, écrite il y a un an, qui relate justement ces jours d'avril que je n'oublierai jamais. C'était hier, et demain, dans dix ans, ce sera toujours hier...

Edit: le texte est long, alors si ça vous plait, je vous livrerai la suite demain. J'avais essayé à l'époque d'en faire quelque chose qui ressemblerait à une nouvelle, je ne suis pas sûre que ce soit vraiment réussi.

Edit2: La photo je l'adore parce qu'on les voit sans les voir. Et puis c'est la vie, la couleur et le cirque.

 

La rencontre

 

Il faisait beau ce jour là. Le mois de mai venait de commencer. La ville semblait savourer les premiers rayons de soleil. Quand elle est sortie de la clinique sur son brancard, ses yeux n'ont pas tout de suite supporté la lumière. Comme si elle était restée dans l'obscurité trop longtemps. Le bruit aussi la surprit. Trois jours seulement qu'elle était enfermée dans cette chambre climatisée aux fenêtres closes et son corps avait déjà oublié qu'ailleurs, il y avait la vie. Trois jours à rayer de la carte, trois jours où elle n'était finalement plus rien qu'une carcasse meurtrie, vidée de son sens.

 

Mais déjà, l'infirmier faisait glisser le brancard dans l'ambulance. Sa petite soeur la regarda d'un air inquiet. "ça va ?". "ça va, ne t'en fais pas, ça tire un peu, c'est tout". Une fois la voiture en route, le silence se fit à l'intérieur. Elle n'avait pas de mots à la bouche, plus de larmes non plus. Juste cette sensation aigüe d'aller au rendez-vous le plus crucial de son existence. Elle se surprit à penser qu'elle n'était même pas maquillée.

 

En transit entre deux vies, elle regardait par le haut de la fenêtre les toits de Paris défiler. La cîme des marronniers en bourgeons, puis le génie de la bastille qui, frappé de plein fouet par un rayon oblique du soleil l'aveugla. Vint ensuite la promenade plantée parcourue d'une foultitude de passants à mille lieues de connaître le secret qui abritait la petite ambulance pressée. Gargouilles, alcoves nichées sur les toîts des immeubles haussmaniens, suivies des rails du métro aérien... Drôle de visite des hauts de la ville, drôles de circonstances pour découvrir l'autre visage de ces rues maintes fois arpentées sans lever le nez. "J'arrive, j'arrive"... Plus elle se rapprochait, plus elle était fébrile. A la fois impatiente et terrorisée. Son ventre déchiré la faisait grimacer au moindre nid-de-poule, mais la douleur n'était plus rien. Elle ne serait plus jamais aussi malheureuse que ces trois derniers jours.

 

L'ambulancier arrêta la voiture dans la cour d'un nouvel hôpital. "On est arrivés madame. Ne bougez pas, je vais chercher un fauteuil roulant".

 

"Non, ça va aller, s'il vous plait. Je peux marcher". Elle serra les dents et s'extirpa laborieusement de son brancard, puis du véhicule. Un pied par terre, puis l'autre. La douleur était telle que les bâtiments aux alentours se mirent à tourner. Elle prit appui sur sa soeur et la solidité de cette dernière, pourtant petite et frêle la rassura. Elles avançèrent doucement vers l'entrée, drôle de couple boitillant, l'une, vêtue d'un peignoir d'hôpital et courbée comme une vieille, et l'autre, petite demoiselle tirée à quatre épingles qui ne ployait pas sous le poids de la première.

 

A chaque pas, elle craignait que la cicatrice ne cède. Mais elle effectuerait ces derniers mètres debout. Elles entrèrent dans la nouvelle clinique. De nouveau l'odeur d'éther, de nouveau la lumière artificielle. Les scintillements du printemps avaient disparu, mais la ronde avançait sans regrets. Au boût d'un long couloir, devant une lourde porte orange, l'infirmier qui les accompagnait informa sa soeur qu'elle devrait attendre là.

 

"Seule la maman est autorisée à entrer", expliqua l'homme.

 

"Seule la maman..." Les mots résonnent encore des années plus tard. Pour la première fois depuis qu'on avait arraché ses petits de ses entrailles, elle était officiellement la maman. Elle regarda la porte devant elle et son corps fut secoué d'un frisson de peur et d'impatience.

 

De l'autre côté, se trouvaient ses enfants.

 

A suivre...

54 commentaires - aucun rétrolien

Libido au Monoprix...

Bon, je sais que vous êtes des centaines, à attendre, fébriles, le compte-rendu de la soirée d'hier. Et je vous comprends, puisque très honnêtement, hier soir, c'est chez Ginette et ses dessous qu'il fallait être. Bon, je vais essayer de vous livrer quelques perles de ce moment inoubliable mais je ne vous garantis pas un billet des plus construits, rapport à ce petit bonhomme qui semble avoir élu domicile dans l'hémisphère droit de mon cerveau et qui manifestement est en train de refaire la plomberie à grands coups de marteau.

 

Donc voici en vrac ce que j'ai retenu de ce désormais mythique 25 avril.

 

- J'ai passé la journée à me demander si je mettais un legging pour montrer mon indépendance d'esprit à Hélène qui m'avait prévenue que si elle me voyait arriver avec "un immonde collant sans pied" elle me déshéritait.

 

- Au dernier moment j'ai mis un jean.

 

- J'en conclus que je suis sous le joug psychologique d'Hélène. Help.

 

- J'ai également mis une blouse blanche de chez Monoprix qui à la fin de la soirée était rouge dans le dos à cause d'un verre de vin renversé dessus. La classe.

 

- Je me suis réjouie dans le metro après être partie super à la bourre, de me sentir aussi bien dans les vertigineux escarpins que j'avais décidé de mettre pour MA soirée.

 

- En même temps c'était assez normal que je sois à ce point détendue dans mes pompes étant donné que j'avais aux pieds mes Birkenstock. A mon avis jamais une star en devenir OUBLIERAIT de changer de chaussures avant de partir pour la soirée des oscars.

 

- J'ai aperçu sur le pallier des dessous de Ginette Ron l'infirmier qui m'a fait l'honneur de venir. Je ne l'ai ensuite plus jamais vu et je me demande si dans mon excitation je ne lui ai pas dit un truc horrible qui l'a fait repartir direct.

 

- Au dixième livre que j'ai dédicacé je me suis prise pour Barbara Cartland et je ne me suis plus sentie pisser.

 

- J'étais prête ensuite à dédicacer les livres d'Hélène ou d'Alexandra tellement ça donne du plaisir d'en donner aux gens, juste par ses propres mots.

 

- J'ai appris que mon ouvrage se trouve à la Fnac au rayon "médecine sexuelle". Du coup ça a calmé mon ego.

 

- J'ai également appris par mes douces amies du travail que le Monoprix d'en face de mon boulot vend mon chef d'oeuvre. Là j'ai repris direct le melon, pour moi c'est NI PLUS NI MOINS une consécration.

 

- J'ai fait la connaissance de Véro et Denis lecteurs depuis peu et qui ont malgré tout eu le courage de venir, de Pascale, de Bykiss, d'Ada, de Caroline, de Coraline et de Fyfe qui cette fois-ci avait osé franchir le pas. Ok, je l'avais harcelée toute la semaine. Il y avait également les "déjà venues" la dernière fois: annelise et sa nouvelle petite coupe de cheveux trop classe, LN75, Lili, Sofiso, Karine, Marion, Delphinoïd et forcément d'autres que j'oublie mais c'est à cause des trous dans mon cerveau de ce matin, ne m'en voulez pas.

 

- Mes amis les plus proches étaient là également et franchement, vous n'avez pas idée, mes amis, à quel point c'était doux de vous sentir là. Ce matin je suis juste mortifiée de ne vous avoir pas plus parlé.

 

- J'ai découvert l'existence d'un breuvage divin, le sweet-love. Champagne, vodka, jus de fraises.

 

- A bien y réfléchir, c'est sûrement à cause de cette cochonnerie que mon ordinateur semble danser ce matin. Les trous dans la tête aussi à mon avis c'est pas totalement sans rapport. Je parle pas du plombier qui ne semble pas décidé à cesser ses coups de marteau.

 

- Je n'ai pas dansé nue mais pas loin.

 

- J'ai fait la choriste avec Julie sur un incontournable de Delpech, "Pour un flirt".

 

- Au dernier refrain les bretelles de ma blouse se sont fait la malle et j'ai compris ce qu'à pu ressentir Sophie Marceau à Cannes. Bon, moi j'avais un soutien-gorge Playtex super glam, donc c'est moins traumatisant.

 

- Quoi que.

 

- J'ai fait un discours en m'accrochant à un micro qui ne fonctionnait pas.

 

- J'ai constaté que mes lecteurs et lectrices savaient bien lever le coude tout de même. N'est-ce pas Karine ? ;)

 

Voilà, il y aurait beaucoup d'autres choses à dire, c'était une soirée rieuse et pleine de rencontres. On n'était pas très très nombreux mais finalement c'était bien aussi parce qu'on a pu discuter un peu plus que la dernière fois. Merci merci merci d'avoir été là, avec ou sans livres mais toujours armés de vos sourires enchanteurs. Et merci à l'hôtesse, la grande Kristel.

 

Edit: je vous remets la couverture de mon livre en guise d'illustration parce que bon, ma bonne dame, faut bien vendre...

121 commentaires - aucun rétrolien

Au pays de Yannick

Il y a deux jours, j'ai rêvé d'être une petite fille de six ans. Ok, ça m'arrive assez souvent, dès que j'ai un léger souci, de vouloir redevenir un bébé. Mais là, c'était pour une toute autre raison. Je vous raconte ?

Donc on est lundi et ce jour là, j'en ai gros sur la patate, rapport à un certain chiffre avoisinant les 31%, mais je n'en dirai pas plus, ce blog est redevenu un espace apolitique de gauche.

 

Sur les coups de 16h, alors que je suis en train d'écrire un article haletant sur la recherche irlandaise en matière de nanotechnologies, deux collègues de sexe masculin reviennent en ricanant de leur pause clope dans la cour de l'immeuble.

 

Moi, toujours prête à lacher fissa mon boulot pour cancanner cinq minutes, je les interpelle avec la classe qui me caractérise:

 

- "Qu'est qu'y a ?"

 

Les deux compères me répondent toujours en ricanant mais avec l'air de pas y toucher:

 

- "Nan, rien, on vient juste de voir un truc rigolo dans la cour de l'immeuble, près du parking"

 

- "Ah ouais, quoi ?"

 

- "Ben y'a Yannick Noah qui est en train de recharger sa batterie de moto, juste devant l'entrée des bureaux"

 

- "Ah, d'accord'.

 

Constatant que les deux rigolos n'ont rien à me mettre sous la dent à part un bobard même pas bien raconté, je me remets à plancher sur mes nanotechnologies. Quand soudain je suis prise d'un doute. Je relève alors la tête et j'interpelle les compères qui s'éloignent vers la salle de réunion.

 

-"Hey les mecs !" (je ne me départis jamais de ma classe)

 

-"Ouais, quoi ?" (eux non plus, en même temps)

 

- "C'est des conneries bien sûr ?"

 

- "Quoi ?"

 

- "Ben le coup de Yannick Noah".

 

- "Ah, ça ?"

 

- "Ouais, "ça"" !

 

- "Beh non".

 

- "Comment ça "beh non" ? Vous... voulez dire que... que, juste derrière le mur, là, il y a Monsieur Sloggi ? Non mais vous êtes lobotomisés ou quoi ? Vous comptiez vous barrer sans me dire que c'était pas une blague ?"

 

- "Ah ben on croyait que tu t'en foutais, c'est pas non plus Tom Cruise, hein".

 

Bon, vous imaginez que dans la seconde qui a suivi ce dialogue surréaliste j'ai ignoré jusqu'à l'existence sur cette terre de ces deux crétins et que je me suis précipitée dehors, suivie d'une belle brochette de collègues alertées par mes cris de mouette en rut.

 

Et nous voilà dans la petite cour déserte - enfin presque - pour une pause clope improvisée.

 

Sans clopes.

 

Dix greluches appuyées contre un mur, en train de contempler le spectacle le plus érotique qui leur ait été donné d'observer depuis THE scène de Dirty Dancing quand la nunuche se transforme en danseuse de peep-show avec Patrick Swayze et son pantalon moulant. Yannick, THE mister Sloggi, en train de recharger sa batterie de moto. Son jean épousant au milimètre près les formes adorables de son fessier mythique et son débardeur faisant ressortir des épaules galbées et dorées à point.

 

Oui, dorées.

 

Maintenant que je suis restée dix bonnes minutes à quelques centimètres de lui je peux vous l'assurer, Yannick est doré. Il IRRADIE.

 

Non mais sérieusement, la pub pour le coca light avec les nanas qui attendent le livreur, véritable bombasse digne d'une couverture de Têtu, à côté, c'est Candy.

 

Bon, ça ne vous dit pas pourquoi j'ai eu envie d'être une petite fille de six ans. Patieeeeeeeence.

 

Voilà pourquoi. Alors qu'on faisait donc semblant de se parler avec mes collègues tout en se rinçant l'oeil que s'en était véritablement indécent, une petite fille de six ans environ et sortie de nulle part, est arrivée en trottinant, un crayon et un petit carnet à la main. Yannick venait de terminer et s'apprêtait à repartir pour son pays, le pays de Yannick - parce que bon, j'ai ma théorie, un être aussi beau ne vit pas "en vrai" parmi nous, j'en suis sûre - quand la mignonne s'est approchée en demandant un autographe.

 

Là, il l'a regardée, il a souri - franchement, je ne me doutais pas que les dents du bonheur ça pouvait être aussi sexuel - et il lui a demandé doucement, de sa voix veloutée: "comment tu t'appelles ?". C'était la voix de Yannick. Incroyable comme en fait on la connait, sa voix, avec ce petit accent d'on ne sait où. Ensuite il a griffonné quelque chose et l'a embrassée.

 

Moi je dis, la vie est mal foutue. Parce que cette enfant n'a certainement pas profité de ce baiser comme une femme de 36 ans au top de sa séduction aurait pû le faire. Et je ne pense pas spécialement à moi.

 

Edit: Moi je dis, quand même, si ça c'est pas un instant Nutella, un signe envoyé par le Dieu de la sexitude pour me dire "Aie confiance, la vie vaut d'être vécue même avec Sarkozy à la tête de la France", et bien je ne m'y connais pas.

 

Ok, ça c'était juste pour bien montrer que si je veux, je parle politique.

 

 

103 commentaires - aucun rétrolien

Pourquoi pour moi, c'est elle.

Bon, d'accord, d'accord, d'accord, je vais vous parler politique. Grace à vous, j'ai compris que je n'étais pas qu'une miss, mais peut-être aussi un leader d'opinion, un esprit éclairé dont la mission est de guider les âmes égarées sur le chemin sombre et tortueux de la présidentielle.

 

Oui, je vous le confirme, cette fois-ci ça y'est, la courge a le melon. Grave. Mais bon, qu'est-ce que vous voulez, c'est votre faute aussi, vous avez été des centaines hier à me supplier de vous expliquer pourquoi en dehors de Ségo, point de salut. Et voyez-vous, je vous ai compris. Oui, mes frères et soeurs, je vous ai entendus et compris. Donc je vais vous expliquer.

 

Oui, bon, d'accord, DEUX personnes m'ont demandé de dire le pourquoi mon vote. Et les pauvres ignoraient sans doute que je n'attendais que ça pour dégainer tous mes arguments. Je suis en réalité une psychopathe de la politique et sans le savoir vous avez réveillé la bête qui sommeillait en moi depuis 2002.

 

Alors voilà. Je ne vais pas vous faire le coup de "mon pacte présidentiel" comme le ferait miss Royal. Non, ça à la rigueur, autant que vous alliez regarder l'original, là, si ça vous chante.

 

Ce que je vais faire, c'est juste vous donner les grandes raisons pour lesquelles pour moi, il n'y a tout simplement pas d'autre choix possible. Je précise que je ne fais pas ça pour convaincre qui que ce soit - en fait si, un peu bien sûr, mais pas que - et que je sais pertinemment que pour celles et ceux qui sont résolument pro-Sarkozy, ce billet ne sera d'aucune utilité. Je le comprends d'ailleurs. Personnellement vous pourriez bien me faire avaler des dizaines d'argumentaires pour me faire changer d'avis, ce serait juste pas la peine.

 

Bref. Je m'aperçois que je suis une piètre politique parce qu'à ce stade il y a probablement un lecteur sur deux qui a décroché.

 

Tant pis. Toi, lecteur qui reste encore éveillé, ces mots sont pour toi, pour toi tout seul.

 

Alors, donc, pourquoi ? Je vois cinq grands arguments que je vous livre en toute simplicité.

 

- Premièrement, même si ça semble couler de source, je suis de gauche et c'est familial. En 81, mes parents ont débouché le champagne et moi j'étais heureuse, puisqu'eux aussi. Ok ensuite, on a pas trop rigolé vu que pendant les années Mitterrand, mon père, il s'est fait licencié proprement. Du coup, on n'avait plus un radis. Mais malgré tout, toutes ces années qui ont suivi, ça ne l'a pas empêché de continuer à voter à gauche. Même quand il a été contraint de vendre des purificateurs d'eau de monsieur Culligan. Et ma mère, elle est prof. Ben oui, ça fait une lourde hérédité.

 

- Deuxièmement, Ségolène Royal, on nous la vend comme une femme coincée et conservatrice. Faudrait pourtant pas oublier que la pillule du lendemain dans les écoles, c'est elle. Le congé paternité aussi. D'accord, elle n'aime pas les strings chez les gamines de 14 ans. Personnellement moi non plus, mais bon, ça doit être parce que le string et moi on est fachées, vu que je passe ma journée à tenter d'enlever la ficelle d'entre mes fesses, ce qui parait-il est un peu absurde.

 

J'avoue, j'ai parlé de string pour tenter de garder mon lectorat malgré le fait que je parle politique. Egalement pour google, ça marche à tous les coups, "ségolène en string".

 

- Troisièmement, et là je redeviens sérieuse, mais lecteur ne t'endors pas je t'en supplie, Ségolène Royal a des propositions avec lesquelles je suis vraiment en accord. Comme celle d'octroyer une allocation d'autonomie aux étudiants en échange de cours de soutien que ceux-ci donneraient à des élèves en difficulté. Ou d'aider les entreprises, mais surtout celles qui recrutent. Ou de faciliter la garde d'enfants pour que les femmes qui le souhaitent travaillent. Ou de créer des emplois tremplin pour les jeunes pas trop qualifiés. Ok, ça coûte cher. Mais bon, franchement, ce porte-avion, on en a vraiment besoin ?

 

- Quatrièmement, au risque de passer pour une bonne grosse égoïste, ce que je suis un peu, rien dans ce que propose Nicolas Sarkozy ne m'intéresse au premier chef. Je veux dire par là que par exemple, le fait que les droits de succession seront considérablement diminués me fait une belle jambe; Ben oui, la vieille tante milliardaire que j'ai sûrement quelque part est à mon avis morte en oubliant de demander à quelqu'un de me contacter. C'est comme pour l'ISF, je ne suis pas super concernée, hein. Ne parlons pas du fameux plan comme quoi avec lui on pourra travailler plus pour gagner plus. Parce que bon, je travaille déjà beaucoup et que mon patron, je le vois déjà se bidonner quand j'arriverai dans son bureau pour lui dire que je veux faire des heures sup' pour être plus riche. Vu que les heures sup' on les fait gratos depuis des années. En plus, on a beau m'expliquer, je ne vois pas trop comment ça règlera le problème de ma copine Julie qui ne trouve pas de boulot depuis un an, que moi je fasse du rab.

 

- Cinquièmement, et là promis, lecteur solitaire et abandonné, c'est la fin. Cinquièmement donc, je ne crois pas que les immigrés soient la cause de tous nos problèmes. Je ne crois pas que le suicide soit inscrit dans les gênes - et sur la question il ne faudrait pas trop me chatouiller en ce moment - ni la pédophilie ou le crime. Je ne sais pas si je suis "née" hétérosexuelle et quelque part je m'en fous. Peut-être même qu'un jour si ça se trouve je vivrai une histoire d'amour avec une femme, j'en sais rien et toi non plus Nicolas. Je ne crois pas que certains naissent faibles sans qu'on puisse plus rien pour eux tandis que d'autres - bizarrement plutôt du côté de Neuilly - ont la baraka dès le berceau. Je n'ai pas envie non plus que mes enfants voient débarquer des policiers dans leur école ou assistent au spectacle de l'arrestation musclée de la grand-mère de leur copine Emanie.

 

Voilà. J'ai été longue, fallait pas m'inviter.

176 commentaires - aucun rétrolien

Page précédente | 1 2 3 4 5 6 7 8 | Page suivante