Vendredi 16 Mar 2007
Ah ben non moi j'avais noté pour le 30...
Par Caroline, Vendredi 16 Mar 2007 à 14:08 GMT+2 dans Je vous raconte ma vie
Bon, je publie tard aujourd'hui. Mais j'ai une excuse. Enfin, je ne sais pas si c'est une excuse. En tous cas une explication.
Voilà. Depuis quelques jours, j'étais assez du genre contente de moi. Du style "j'ai un nouveau blog qui pète - même pas grace à moi en plus parce que bon, autant que les choses soient claires c'est Hélène qui a fait tout le boulot avec Vincent -, mon premier livre sort dans moins d'un mois, mon second est presque terminé, je suis trop trop canon dans ma robe noire alors qu'en plus même que j'ai grossi, mon homme est formidable et fou de mon corps trop sexy, mes enfants survivent malgré la mère indigne mais néanmoins géniale que je suis". Bref, j'avais la gagne, limite insupportable. D'accord, pas limite. D'ailleurs même moi je commençais à me gonfler.
Et puis comme souvent dans ces cas là, la vie s'est chargée de bien me rappeler à l'ordre. Hier, mail de mon éditrice - ouais ça aussi, je l'accorde, c'est prétentieux à souhait de dire "mon" éditrice mais je ne PEUX pas m'en empêcher - qui disait à peu près ça:
"Bonjour Caroline, je suis un peu inquiète, vous deviez me rendre votre manuscrit le 5 mars et je n'ai aucune nouvelle. Que se passe-t-il ?".
Vous connaissez la sensation de l'estomac qui dégringole jusqu'à vos orteils combinée à la désagréable impression que votre coeur a migré dans vos oreilles tellement on l'entend battre fort? Et bien c'est à peu près ce que j'ai ressenti. Parce que donc hier on était le 15. Et que je pensais devoir rendre mon livre le 30. Ce qui me permettait ainsi de fanfaronner ici même sur le mode: "j'ai presque fini". Sauf que "presque", chez moi, c'est assez relatif. Très relatif même.
En fait il m'en restait une petite moitié à écrire.
A rendre donc pour il y a quinze jours.
Première réaction même pas digne de Bridget: "Ah mais non, chère D., je vous assuuuuuuure, on n'a jamais dit le 5, on avait dit le 30, d'ailleurs j'ai sous les yeux mon contrat sur lequel il est écrit noir sur blanc que la date de remise du manuscrit est fixée au... au... 5. Merde. Merde, merde merde."
Deuxième réaction de Bridget: "Je suis atrocement désolée, faites-moi brûler en enfer, je suis une merde sans nom, je paierai les indemnités de retard, je viendrai vous aider à l'imprimer à la main s'il faut, etc, etc." Vieille tactique acquise dans l'enfance de la contrition exagérée dans l'espoir de se faire pardonner. Sauf que là, l'enjeu c'était surtout de REPARER la boulette.
Bon, je vous passe les détails, j'ai paniqué tout mon entourage, enfin surtout ma mère et l'homme, j'ai passé la nuit entière ou presque sur un livre pour lequel je pensais avoir au bas mot encore deux semaines de délai - le pire c'est que j'étais trop trop fière de comment j'arrivais bien à tout gérer -, j'ai pris une matinée de congé et là, ça y'est, c'est fini.
Bref, voilà, ça m'a bien calmée, en fait d'être une Barbara Gould je ne suis en réalité qu'une écervelée irresponsable au bord du burn out, incapable de noter correctement une date dans un calendrier et qui confond 5 avec 30, ce qui en soi est incompréhensible.
Quoi qu'il en soit, pendant toutes ces heures d'écriture en urgence - j'étais comme qui dirait le Jack Bauer du traitement de texte - j'ai pensé à vous, à vos petits mots d'hier, à votre façon si sincère d'avouer que vous aussi, question indignité maternelle vous êtiez des championnes. J'ai aussi pensé à celles qui n'ont pas d'enfants mais qui ont quand même pris le temps de laisser un commentaire. Bref, vous m'avez bien accompagnée, alors merci.
Ah, et tant qu'on y est, hier, pour me calmer, j'ai mangé plein de chocolat au riz soufflé. Celui de mes enfants qui n'en auront plus pour le goûter.
Hier soir, je l'ai reçue. Ma petite robe noire. "Encore une", vous
allez me dire. Oui enfin bon, c'est la deuxième. La deuxième de toute
ma vie, ou presque. Alors je crois que ça va, je ne suis pas encore
gagnée par l'addiction au shopping de petite robe noire. En même temps,
quelque part, vous avez le droit de vous en fiche, du nombre de robes
noires que j'ai dans ma penderie qui d'ailleurs, soit dit en passant,
est tout en bordel.
Dans la vie, je trouve, il y a des incontournables. Des petits riens
qui nous font tellement de bien qu'on y dérogerait pour rien au monde.
Chacun a les siens, parfois partagés, parfois pas du tout, mais souvent
immuables. Ces petits riens, j'en ai plein. C'est par exemple le
Journal du Dimanche dans un square au soleil la tête sur les genoux de
l'homme ou sur mon canapé quand la pluie tombe. C'est le premier soir
après le passage à l'heure d'été, quand toutes les cinq minutes on se
dit que normalement à cette heure ci il fait nuit. C'est l'histoire
d'avant de dormir avec mes deux bichons serrés contre moi, chacun d'un
côté. C'est aussi la première bière, la première coupe ou le premier
mojito dans une soirée. Je ne sais pas vous mais les autres verres sont
toujours moins bons. C'est aussi le premier pin parasol sur l'autoroute
du midi.
Pas de post dans l'immédiat - STOP - Etat lamentable au travail -
STOP - Du champagne coule encore dans mes veines - STOP - Je ne boirai
plus jamais - STOP - Promis je raconte la soirée demain - STOP - Merci
à tous ceux qui sont venus, bravant le fatigue, la timidité, le froid,
le vent et la neige - STOP - J'ai le mal de mer - STOP - Vomir sur son
lieu de travail est-ce une cause de licenciement ? - STOP - Je vous
aime - STOP.
Oyez oyez ! A yé A yé !

Alors voilà. On dirait que ce serait un petit film de filles. On
dirait que ce film raconterait l'histoire de quatre nanas super belles
mais en même temps un peu barrées et aussi trop trop drôles. On dirait
aussi qu'elles tiendraient un blog et que par le hasard des liens,
elles finiraient par aller sur les pages des unes et des autres.
Parce qu'il est difficile de rebondir après autant
de mots doux, voici en attendant que je retrouve mes esprits une petite
rediff, le premier "elle et lui" de ce blog. Je reviens très vite.
Encore merci.
Ces derniers temps, je dois vous le dire, je m'interroge.
Bon, pour vous raconter la suite, je ne vais pas vous refaire un
"minute par minute" parce que depuis quatre ans, donc, nada, rien, pas
une cigarette. Alors un minute par minute sur quatre ans... avouez que
ça risque d'être un poil lassant, même rédigé par la star des melons
;-).
Alors voilà. Maintenant je suis bien embarrassée. Parce que chose
promise, chose dûe. Il va donc bien falloir que je vous la raconte ma
première fois avec moi. Sauf qu'à bien y réfléchir, elle ne doit pas
être bien différente de la votre. Alors est-ce que cela a un sens ? Je
veux dire, est-ce que ça apporte quelque chose ? Probablement bien peu.
Et en même temps... peut-être une once d'un petit quelque chose. Oui,
je vais partir du postulat que de dire cet instant, ça pourra
déculpabiliser quelques âmes égarées qui passeront par là. Parce que ne
nous voilons pas le kiri. Si les hommes ont tous les droits dans ce
domaine, nous les femmes, nous ne sommes pas à la veille de
l'absolution générale. Et que même aujourd'hui alors que tout parle de
sexe, l'idée que parfois, à l'abri des regards, les femmes se branlent,
oui, absolument, se branlent, ça n'est pas totalement admis.
D'ailleurs, avouez, ce mot, là, "se branlent", ça vous heurte, non ? Ah
bon ? Parce que moi même, j'avoue, ça me heurte. Pourtant c'est bien de
ça qu'il s'agit.
Tout le week-end, je me suis dit, lundi, je ponds un billet sur la
masturbation. Et tout le week-end je me suis demandé comment l'écrire
sans être racoleuse. Quoi que pour être honnête, être racoleuse, ça ne
me dérange plus trop. Je crois que depuis le dialogue sur la fellation
ou sur le sabre laser, j'ai passé un cap comme dirait Benjamin
Castaldi. Comment ça, il a jamais dit ça ? Ouais, peut-être, mais c'est
tout à fait le genre de phrase qu'il pourrait prononcer, Benji: "Cet
hiver, j'ai passé un cap avec Flavie".
Allez savoir si je somatise, ou si je suis plus banalement une
énième victime de la grippe mais le fait est qu'aujourd'hui je suis
balade balade balade.
Je pensais ne pas revenir sur cet incident. Et puis finalement...
si. Pourquoi ? Pour reconnaître mes torts. Pour admettre que c'est
vrai, l'espace d'un instant, j'ai pris ce fameux melon dont je parle
souvent pour rire. Et là d'un coup, je suis devenue... pas drôle.
Bon, aujourd'hui, c'est la journée du clic. Pourquoi ? Parce qu'

















