Pensées d'une ronde

J'aime pas non plus les copines de square

Alors donc, parlons un peu des copines de square. Déjà, à celles qui croient pouvoir faire l'impasse sur les relations amicales au jardin public, je dis: attention. Oui, attention parce que dans un square, il y a des règles. Et l'une d'entre elles c'est que si tu viens régulièrement, il faut dire bonjour et rapidement tutoyer tes voisines Au risque d'être totalement exclue. Bon, après tout, on peut aussi se dire qu'on se fiche éperdumment d'être exclue. Sauf qu'être mise sur la touche au square signifie aussi que les mères plus attentives que toi laisseront sans aucun scrupule pupuce se carapater pendant que tu changes la couche de chouchou. Cela veut également dire que tu pourras toujours courir pour que ces dernières, non seulement plus attentives mais plus prévoyantes que toi prêtent une pelle à tes gamins qui geignent depuis une heure parce que pour une fois tu as oublié les jeu de sable. Petite apparté: il faut savoir que les enfants ne jouent JAMAIS aux jeux que tu penses à apporter. En revanche, ils ont TOUJOURS envie de ce que tu as laissé à la maison.

Etre exclue c'est aussi faire une croix sur un goûter partagé, un peu d'eau en cas de vomi, etc. Etre exclue ça veut enfin dire que tu te tapes systématiquement le banc constellé de fiantes de pigeon ou celui qui l'été est en plein cagnard. Parce que bien sûr, les bonnes places sont réservées dès la première heure pour les copines.

Bref, je suis navrée pour les sociopathes et les misanthropes, il faut mieux sympathiser, quitte à faire semblant. Mais bien évidemment, il faut rester lucide: au square, la seule chose qui te lie aux autres mamans, c'est... d'être maman. Ce qui en soi ne garantit pas plus d'atomes crochus que ça. Par conséquent, avant de trouver copine à ton pied, tu vas passer par la nostalgique de la grossesse qui te racontera par le menu détail son épisiotomie et qui te regardera avec compassion quand tu feras cet aveu abominable: tu as eu une césarienne. En langage "maman parfaite": tu n'as pas VRAIMENT accouché.

Il y aura aussi l'hystérique qui hurle sur tous les enfants sauf le sien bien sûr qui pourtant mériterait à ton sens une bonne taloche pour toutes les humiliations qu'il fait subir à pupuce, celle qui n'a JAMAIS de goûter (bon, d'accord, ça c'est moi) et qui prend un air confus tous les jours à 16h pour te chourrer la moitié de tes BN. Celle qui te pique ton Elle dès que tu as le dos tourné. Celle qui est persuadée que sa pupuce à elle est précoce, la preuve, elle étale son caca sur les murs de sa chambre et ça c'est un signe. Celle qui est raciste et qui se moque des nounous africaines. Celle qui prend un mali plaisir à te faire flipper en insinuant que ta propre nounou ne s'occupe pas toujours très bien de chouchou et pupuce. Celle - et parfois c'est la même que la précédente - qui dès que tu as le dos tourné essaie de débaucher ta justement si négligeante nounou.

Et puis il y a la pire. Celle qu'il faut arriver à repérer très vite. Celle là elle a d'abord l'air super cool et tu te dis que c'est peut-être la bonne, celle qui deviendra ton AMIE de square. La première fois qu'elle te fera le coup, tu trouveras ça sympa, tu te diras que c'est une marque de confiance de te laisser son nouveau né et son petit bonhomme de deux ans et demi qui en plus s'entend "super bien" avec chouchou. Et puis très rapidement, tu constateras qu'elle n'a jamais le temps de te rendre la pareille. Et qu'en réalité ta nouvelle amie te prend pour une truffe. Oui, celle qu'il faut éviter à tout prix c'est la mère qui carresse le rêve secret de se débarrasser de ses enfants. Et qui a vu en toi le pigeon parfait. Surtout qu'en général, il suffit qu'elle soit partie deux secondes pour que tu réalises que son fils ne s'entend pas vraiment "super bien" avec chouchou. Et que le nouveau né a manifestement une couche bien chargée. Et que la "petite course" s'est probablement transformée en cinoche, parce que trois heures pour aller chercher du lait, même à la reine des courges, on ne la fait pas.

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J'aime pas les squares

J'aime pas les squares. Voilà, ouf, c'est dit. Je sais, ça craint, quand on est mère, de ne pas aimer les squares. ça craint encore plus de ne pas aimer les squares DEPUIS qu'on est mère. Le pire, c'est qu'avant, je me les rêvais, mes après-midi au square avec mon bébé qui dormirait sagement dans son landau pendant que je lirais tout Rilke, Flaubert ou Bernard Werber. Mais forcément, la vie m'a joué un drôle de tour. Dans le landau, ou plutôt devrais-je dire la péniche, il y a eu DEUX bébés. Qui n'ont jamais dormi en même temps pendant que je lisais Rilke, Flaubert, etc. JAMAIS. En tous cas quand la double poussette était à l'arrêt. Et essayez de lire du Rilke en poussant d'une main un véhicule d'au bas mots cinquante kilos. No way.

Bref, déjà, tant qu'il est en mode "nourisson", le square avec un bébé ça signifie tourner autour du bac à sable avec ta poussette en priant pour que chouchou arrête de hurler. Ce qu'il fait. Jusqu'à ce que tu t'assoies deux secondes et là c'est reparti. Tu rêves alors du temps béni où chouchou sera assez grand pour aller faire des patés dans le sable avec ses copains pendant que tu la liras cette putain d'intégrale de Rilke.

Sauf que quand chouchou ou pupuce ont l'âge de faire des chateaux de sable, ils ont aussi l'âge de se faire piquer leur seau. Ou de voler la pelle du voisin. Ce qui revient à peu près au même: à un moment ou à un autre tout le monde pleure et toi tu es à deux doigts de te coltiner la mère de la partie adverse, soit parce que ton enfant est un sale voleur, soit parce que le rejeton de la mère d'en face est un psychopate du rateau.

Je passe rapidement sur le reste, à savoir les dangers inimaginables que représentent les jeux pour enfants, assurément étudiés par de dangereux pervers haïssant les gamins par dessus tout. Là encore, deux cas de figure: premièrement, chouchou est de la catégorie des téméraires. Du coup, tu ne vis plus, tu rodes sous le pont de singe de peur qu'il passe à travers les mailles du filet, tu cours jusqu'au toboggan récupérer ton rejeton qui a décidé de descendre la pente vertigineuse la tête la première et sans les mains ou tu récupères pupuce en suspension en haut de la toile de spiderman retenue miraculeusement à dix mètres du sol par la corde de sa capuche qui en même temps risque fort de l'étrangler si tu ne parviens pas à la détacher dans les trois secondes qui viennent.

Deuxième cas de figure, pupuce ou chouchou sont du genre empotés. Et là, c'est également l'enfer. Ils deviennent très vite les souffre-douleur du terrain de jeu. Tu es obligée d'intervenir régulièrement, empirant leur statut de ringards incapables. En même temps, une mère qui se respecte ne peut pas rester les bars ballants pendant que son rejeton se fait jeter du sable dans la figure sans esquisser le moindre mouvement de rébellion par deux lascars qui font deux fois sa taille. En tous cas moi je ne peux pas. C'est comme ça. Quitte à leur mettre encore plus la honte, il FAUT que j'intervienne.

Quoi qu'il en soit, ton bouquin tu l'oublies. Parce qu'il ne faut jamais perdre de vue le fait qu'un enfant peut te suprendre. Je m'explique. Pupuce a toujours été prise de panique dès la deuxième marche du toboggan gravie. Tu crois alors que tu peux la laisser sans surveillance le temps d'un coup de fil au motif qu'avec un vertige pareil ce n'est pas demain la veille qu'elle arrivera en haut.

Erreur.

Les enfants détestent que tu téléphones. Encore plus au square. Du coup, rien que pour te faire payer, pupuce choisira ce moment là tout particulièrement pour se hisser jusqu'au sommet du toboggan réservé aux 8-10 ans. Elle n'écoutera que son courage et s'élancera dans le "tunnel de la mort", tel que le surnomment les caïds du jardin. Pour échouer à moitié inanimée dans le sable, sous le regard accusateur et consterné des autres mamans qui elles n'auraient JAMAIS laissé pupuce sans surveillance.

Un jour, je vous parlerai des copines de square...

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Frankenstein et ses amis

Bon, ça faisait un bail que je ne me l'étais pas joué "je vous emmène au théâtre". Alors voilà, aujourd'hui vous n'y couperez pas. Pourquoi ?

Parce qu'hier, j'ai emmené mes deux choux et une de leurs copines à la Comédie de la Passerelle dans le 20ème arrondissement de Paris, voir une pièce qui s'appelle "Frankenstein et ses amis". D'habitude, je dois dire, je me fais limite suer dans les spectacles pour enfants. C'est pas que ce soit forcément nul, mais bon, la princesse qui tombe amoureuse d'un crapeau qui devient chevalier à la fin... bof.

Mais là, c'était Stéphane - THE Stéphane, THE real one, The "ronde" - qui nous invitait et les comédiens étaient ses copains, donc j'avais plutôt un bon à-priori. Et j'ai ri. Comme une dinde. Aussi fort que les 50 gamins hilares présents dans la salle. J'ai crié "encore" à la fin comme eux. Et je suis repartie avec l'impression d'être un peu plus légère.

La pièce est loufoque, elle parle de la différence, elle parle de l'amitié, elle parle de la difficulté quand on est petit et pas tout à fait comme les autres de se frayer un chemin dans une société où si on dépasse d'un cheveu, on est souvent condamné. Les acteurs, un gars et une fille, jouent avec le public qui leur est acquis dès les premières secondes. Ils parviennent à se moquer de tout, même des enfants, et on sent que ces derniers leur en sont presque reconnaissants. Ben oui, c'est le signe qu'on les prend pour des grands, non ?

Voilà, moi je dis, un spectacle qui fait se gondoler les petits et les grands, faut pas passer à côté. Alors les mamans, les papas, les tontons, les tatas, les parrains et les marraines, foncez rue Orfila à la Comédie de la Passerelle, c'est tous les mercredis et samedis du 10/01/07 au 31/03/07, à 14H30.

EDIT: Je sais, c'est un spectacle parisien et donc je présente toutes mes excuses à touts ceux qui ne vivent pas à la capitale. Promis, je ne le referai plus.

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"Tu lui as dit à Ségolène Royal ?"

Au cas où vous penseriez qu'il n'y a que sur ce blog que je me la pète, et bien croyez moi, vous êtes loin du compte. Même auprès de ma fille de six ans, j'éprouve pathétiquement le besoin de me faire mousser. Le pire, c'est qu'elle n'a pas l'air plus impressionnée que ça...

- Tu sais qui j'ai vu ma chérie ce soir ?

- Non...

- J'ai vu Ségolène Royal.

- C'est vrai ? A l'école tu sais, y'en a qui disent "vive Nicolas Sarkozy". Moi j'ai dit que j'aime mieux Ségolène Royal.

- Ah bon ? Et pourquoi ?

- Parce que c'est une fille et que je voudrais que le président ce soit une fille. Surtout que Jacques Chirac il est vraiment moche sur la photo dans le préau.

- Tu sais, parfois ça ne suffit pas d'être une fille, même si c'est vrai, on est drôlement fortes. Il faut aussi avoir de bonnes idées.

- Ben oui, pour être présidente il faut avoir des idées, ça c'est sur. Elle a dit quoi là, Ségolène Royal ?

- Oh, beaucoup de choses. Elle a dit par exemple qu'elle voulait que tous les enfants réussissent bien l'école pour avoir un bon travail après.

Puis, après un silence.

- Maman ?

- Oui ?

- Tu lui as dit à Ségolène Royal que je suis très sage à l'école ?

- Heu... non, je ne lui ai pas dit.

- La prochaine fois tu lui diras hein ?

- Promis.

Edit: Promis, après j'arrête avec Ségolène Royal, après vous pourriez penser que je suis de parti pris. Alors que pas du touuuuuuuuuuuuuut...

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