Mardi 20 Fév 2007
J'aime pas non plus les copines de square
Par Caroline, Mardi 20 Fév 2007 à 11:24 GMT+2 dans La ronde et les enfants
Alors donc, parlons un peu des copines de square. Déjà, à celles qui
croient pouvoir faire l'impasse sur les relations amicales au jardin
public, je dis: attention. Oui, attention parce que dans un square, il
y a des règles. Et l'une d'entre elles c'est que si tu viens
régulièrement, il faut dire bonjour et rapidement tutoyer tes voisines
Au risque d'être totalement exclue. Bon, après tout, on peut aussi se
dire qu'on se fiche éperdumment d'être exclue. Sauf qu'être mise sur la
touche au square signifie aussi que les mères plus attentives que toi
laisseront sans aucun scrupule pupuce se carapater pendant que tu
changes la couche de chouchou. Cela veut également dire que tu pourras
toujours courir pour que ces dernières, non seulement plus attentives
mais plus prévoyantes que toi prêtent une pelle à tes gamins qui
geignent depuis une heure parce que pour une fois tu as oublié les jeu
de sable. Petite apparté: il faut savoir que les enfants ne jouent
JAMAIS aux jeux que tu penses à apporter. En revanche, ils ont TOUJOURS
envie de ce que tu as laissé à la maison.
Etre exclue c'est aussi faire une croix sur un goûter partagé, un peu d'eau en cas de vomi, etc. Etre exclue ça veut enfin dire que tu te tapes systématiquement le banc constellé de fiantes de pigeon ou celui qui l'été est en plein cagnard. Parce que bien sûr, les bonnes places sont réservées dès la première heure pour les copines.
Bref, je suis navrée pour les sociopathes et les misanthropes, il faut mieux sympathiser, quitte à faire semblant. Mais bien évidemment, il faut rester lucide: au square, la seule chose qui te lie aux autres mamans, c'est... d'être maman. Ce qui en soi ne garantit pas plus d'atomes crochus que ça. Par conséquent, avant de trouver copine à ton pied, tu vas passer par la nostalgique de la grossesse qui te racontera par le menu détail son épisiotomie et qui te regardera avec compassion quand tu feras cet aveu abominable: tu as eu une césarienne. En langage "maman parfaite": tu n'as pas VRAIMENT accouché.
Il y aura aussi l'hystérique qui hurle sur tous les enfants sauf le sien bien sûr qui pourtant mériterait à ton sens une bonne taloche pour toutes les humiliations qu'il fait subir à pupuce, celle qui n'a JAMAIS de goûter (bon, d'accord, ça c'est moi) et qui prend un air confus tous les jours à 16h pour te chourrer la moitié de tes BN. Celle qui te pique ton Elle dès que tu as le dos tourné. Celle qui est persuadée que sa pupuce à elle est précoce, la preuve, elle étale son caca sur les murs de sa chambre et ça c'est un signe. Celle qui est raciste et qui se moque des nounous africaines. Celle qui prend un mali plaisir à te faire flipper en insinuant que ta propre nounou ne s'occupe pas toujours très bien de chouchou et pupuce. Celle - et parfois c'est la même que la précédente - qui dès que tu as le dos tourné essaie de débaucher ta justement si négligeante nounou.
Et puis il y a la pire. Celle qu'il faut arriver à repérer très vite. Celle là elle a d'abord l'air super cool et tu te dis que c'est peut-être la bonne, celle qui deviendra ton AMIE de square. La première fois qu'elle te fera le coup, tu trouveras ça sympa, tu te diras que c'est une marque de confiance de te laisser son nouveau né et son petit bonhomme de deux ans et demi qui en plus s'entend "super bien" avec chouchou. Et puis très rapidement, tu constateras qu'elle n'a jamais le temps de te rendre la pareille. Et qu'en réalité ta nouvelle amie te prend pour une truffe. Oui, celle qu'il faut éviter à tout prix c'est la mère qui carresse le rêve secret de se débarrasser de ses enfants. Et qui a vu en toi le pigeon parfait. Surtout qu'en général, il suffit qu'elle soit partie deux secondes pour que tu réalises que son fils ne s'entend pas vraiment "super bien" avec chouchou. Et que le nouveau né a manifestement une couche bien chargée. Et que la "petite course" s'est probablement transformée en cinoche, parce que trois heures pour aller chercher du lait, même à la reine des courges, on ne la fait pas.
J'aime pas les squares. Voilà, ouf, c'est dit. Je sais, ça craint,
quand on est mère, de ne pas aimer les squares. ça craint encore plus
de ne pas aimer les squares DEPUIS qu'on est mère. Le pire, c'est
qu'avant, je me les rêvais, mes après-midi au square avec mon bébé qui
dormirait sagement dans son landau pendant que je lirais tout Rilke,
Flaubert ou Bernard Werber. Mais forcément, la vie m'a joué un drôle de
tour. Dans le landau, ou plutôt devrais-je dire la péniche, il y a eu
DEUX bébés. Qui n'ont jamais dormi en même temps pendant que je lisais
Rilke, Flaubert, etc. JAMAIS. En tous cas quand la double poussette
était à l'arrêt. Et essayez de lire du Rilke en poussant d'une main un
véhicule d'au bas mots cinquante kilos. No way.
Bon, ça faisait un bail que je ne me l'étais pas joué "je vous
emmène au théâtre". Alors voilà, aujourd'hui vous n'y couperez pas.
Pourquoi ?
Au cas où vous penseriez qu'il n'y a que sur ce blog que je me la
pète, et bien croyez moi, vous êtes loin du compte. Même auprès de ma
fille de six ans, j'éprouve pathétiquement le besoin de me faire
mousser. Le pire, c'est qu'elle n'a pas l'air plus impressionnée que
ça...


















