Pensées d'une ronde

La Cachette, un nom bien trouvé

C'est un endroit qui porte bien son nom et qui s'appelle donc "La Cachette". Un petit théâtre. Planqué dans une résidence à laquelle on accède par une porte grillagée depuis la grande et impersonnelle avenue d'Italie dans le 13ème arrondissement de Paris. Déjà, quand on arrive dans la cour, on sent que tout va bien se passer. Parce que la grande et impersonnelle avenue d'Italie on l'a déjà oubliée.

 

La Cachette, donc, c'est un théâtre. Pour enfants. Mais qui est conçu comme un théâtre pour adultes parce qu'il n'y a pas de raison que les petits soient moins bien installés que les grands. Donc la scène est grande, et il y a de vrais gradins. Et bien sûr un beau rideau rouge.

 

A la Cachette, les spectacles qui sont joués sont toujours poétiques. D'une simplicité incroyable, avec en général un(e) seul(e) comédien(ne) et une ou deux marionnettes. Les histoires racontent un enfant qui tombe amoureux d'une sirène, un clown qui se pâme devant une équilibriste ou un anniversaire auquel ne seraient pas invités certains indésirables parce que trop "différents".

 

En ce moment, à La Cachette, on peut voir "Le bel oiseau" qui est une très belle allégorie sur la vie et la mort, sur les rêves qui parfois deviennent réalité.

 

Voilà, La Cachette c'est notre madeleine à nous quatre, l'homme, les enfants et moi, parce que depuis trois ans on ne loupe aucune représentation. A la fin on peut même acheter le livre et la cassette et constater que oui, vraiment, les textes qu'on a entendu sont de la pure poésie.

 

Pour en savoir plus: http://www.la-cachette.com/

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Comment être une bonne mère indigne

Il y a quelques temps, je vous disais donc que j'avais signé pour un deuxième bouquin. Maintenant qu'il est presque fini je peux vous dire un peu plus de quoi il va s'agir. Alors voilà. C'est toujours pour la collection des Courges, mais après le sexe, je me suis attelée à un autre sujet qui à la fois n'a rien à voir et en même temps beaucoup: la maternité.

 

Ben si,  ça a à voir. C'est scientifique. La sexualité débouche souvent sur la maternité. Et toc.

 

Le livre s'appellera donc: "Comment être une bonne mère indigne".

 

Croyez- moi, c'est tout un programme. Alors bon, je sais, en la matière, j'ai du vocabulaire. Je dirais même que par moment j'ai un peu freiné mes ardeurs parce qu'à mon avis, chez Hachette, ils craignent le procès ou de passer pour une maison d'édition super transgressive. Mais bon, qu'est-ce que vous voulez, que celle qui n'a jamais collé un suppo de doliprane à son enfant fiévreux pour l'amener ensuite à l'école l'air de rien en sachant pertinemment qu'elle recevra un coup de téléphone trois heures plus tard la sommant de venir chercher son rejeton contagieux me jette la première pierre. Que celle qui en plus n'aura même pas honte et sera même limite contente d'elle parce que pendant tout le temps d'action du suppo elle aura pu soit honorer une réunion super importante, soit boucler un dossier en retard depuis dix jours , soit - et là, c'est vraiment pas joli joli je sais - aller voir David, le roi du blond, avec lequel rendez-vous était pris depuis deux mois, me jette la seconde. La seconde pierre je veux dire. 

 

Non, déconnez pas, je ne suis pas la seule hein ?

 

Bref, donc, le prochain livre parlera de ça. Et si moi je vous en touche un mot aujourd'hui, c'est parce qu'avant-hier, j'ai reçu un mail de ClaireMM, lectrice et commentatrice ici, rencontrée chez Ginette il y a un mois et à qui j'avais touché un mot de ce projet, sentant qu'on avait sur ce sujet et sur d'autres d'ailleurs pas mal d'accointances. Ce mail m'a fait rire comme une dinde et m'a rassurée: au concours de la mère indigne, on est pas mal à se coiffer au poteau de la victoire. J'ai donc demandé à Claire si je pouvais mettre son texte sur mon blog et elle a dit oui. Il sera aussi dans mon livre, comme illustration de ce qu'une bonne mère indigne peut-être.

 

Allez, assez bavardé, le voili le voilà...

 

Chère Caro,

Vu que tu travailles d'arrache-pied le sujet et que je ne doute pas que tu aies rencontré les pires mères de la terre (la preuve, on s'est rencontrées), dis-moi :suis-je la seule à systématiquement oublier la petite souris??????

 

Et ce matin rebelote : "Claire, pourquoi elle est pas passée cette nuit la petite souris?" (oui, tous mes enfants m'appellent Claire, me demande pas pourquoi, ça s'est institué comme ça et je m'en fous complètement d'ailleurs).

 

Si je comptabilise le nombre de dents tombées et que je le rapporte au nombre de petites souris passées spontanément, sans qu'on ait besoin de leur envoyer une lettre de rappel, je dois arriver au chiffre hontissimeux de 5 ou 6 : en clair 12 dents tombées, 2 petites souris

 

....

 

J'ai honte honte honte, mais j'ai beau m'ecrire sur les mains, me faire des post-it que je mets sur mon oreiller, faire des noeuds à mes mouchoirs, ya pas, quand je vais me coucher je me lave  consciencieusement les mains, je me sermone sur le bazar qui règne dans ma chambre tout en jetant ce vieux bout de papier et je balance ce kleenex tout chiffonné qui est dans ma poche...

 

Finalement je me couche avec la conscience tranquille et même ce léger sentiment de supériorité de la mère qui sait qu'elle a bien accompli son devoir encore une fois ce soir puisque tous tous les enfants dorment profondément dans les pièces d'à côté.....et je m'endors du sommeil du juste.

 

En gros, chez nous la petite souris ronfle la nuit et ne va pas au turbin.

 

Inutile de te dire que dès la première dent tombée et le premier lapin de la petite souris, les gamines ont compris que JE être petite souris puisque j'ai blêmi, je me suis précipitée dans leur chambre et que comme par hasard, après mon passage et mon retour en sifflotant y avait qqchose sous l'oreiller...

 

Edit: Le dessin est de Bubblecannelle, je l'adore. Le dessin et bubblecannelle. Je veux dire je les adore tous les deux.

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Adieu mon sommeil

Depuis quelques jours, mes enfants, chair de ma chair, sont chez mes parents. Bon, certes, ils ont aujourd'hui six ans et du coup, ces vacances si elles sont appréciables n'ont rien à voir avec celles que leur absence représentait il y a quelque temps.

En effet, les premières années, les voir s'en aller c'était comment dire... un peu comme si Jack Bauer se voyait offrir une semaine de congé au club med avec l'assurance de n'avoir aucun complot terroriste à déjouer. Vous pensez que j'exagère ? Ha! J'aurais aimé vous y voir, tiens.

Pourquoi ?

Je vais vous dire pourquoi. Parce que malgré toutes nos prières, les incantations à la vierge du sommeil, et malgré même le whisky glissé dans les biberons le soir - naaaaaaaaan je rigole - j'ai donné naissance à une insomniaque en herbe. Vous me direz, une sur deux, c'est pas si terrible.

Sauf que si.

En fait, terrible, c'est pas le mot. Même que là tout de suite, le mot je ne le trouve pas.

Je sais, je suis volontairement grave. Mais c'est parce que je me dois, en tant que mère, en tant que femme mature et expérimentée, de vous mettre en garde, vous les pas encore mamans qui caresseraient le rêve de donner un jour naissance à un charmant bambin.

Je ne veux pas vous décourager hein ? Mais il faut tout de même être averti avant de prendre ce genre de décision. Et la vérité c'est que les enfants vous pourrissent le sommeil.

VOLONTAIREMENT.

Vos nuits auparavant tranquilles ne seront plus jamais les mêmes. Passées les premières semaines où il vous faudra nourrir et changer votre petit amour - quoi que personnellement, j'ai rapidement décidé de laisser mes chéris baigner dans leur caca la nuit, histoire qu'ils fassent BIEN la différence avec le jour, comme le conseillent les livres que je n'ai pas lu - il vous faudra ensuite vous battre avec des fantômes, réduire à néant des monstres qui se planquent dans les rideaux ou tout simplement partir à la chasse au doudou qui, c'est sûr, prend vie dès la nuit tombée. Ben oui, sinon comment expliquer qu'il parvienne à se retrouver sous un meuble à l'autre bout de la chambre à quatre heures du matin ? Et bien sûr hors de portée de votre main à laquelle il manque exactement quatre milimètres pour l'attraper et ce après déboitement de votre épaule.

Je passe sur la tétine, cette garce, qui non contente de défigurer chouchou le jour prend un malin plaisir à se coincer entre les barreaux du lit à des heures indues. Je vous laisse imaginer certaines scènes, bébé hurlant à la mort parce que tototte a disparu et vous, à moitié nue, à quatre pattes en train d'extirper ladite et maudite tototte du sommier à lattes. Autant dire que c'est probablement dans ces moments de grande solitude maternelle que chouchou apprend ses premiers jurons, de la bouche même de sa mère. Ne vous inquiétez pas, vous pourrez toujours accuser plus tard l'éducation nationale, la télévison ou la cour de récréation, tout en sachant dans votre fort intérieur que "putain de salope de tototte", c'est un peu de vous tout de même.

Bien sûr, comme tous les nouveaux parents, vous jurerez aux grands dieux que jamais au grand jamais chouchou ou pupuce ne viendra dormir dans votre lit. Le problème c'est que vous sous-estimez votre adversaire. Vous n'avez pas idée de la capacité pulmonaire d'un enfant la nuit. Vous n'avez pas idée non plus de son endurance et des coups retords dont il est capable pour parvenir à ses fins. Sachant qu'en plus, il n'y a RIEN de plus mignon et attendrissant qu'un enfant à moitié endormi.

Evidemment, au bout de deux semaines sans sommeil, vous oubliez tout ce que vous avez lu sur les dégâts psychologiques que peut provoquer le fait de partager son oreiller avec bébé.

Mais ce que vous ignorez à ce stade c'est que chouchou veut bien plus que votre lit. Il vous veut VOUS pour lui tout seul. Et pour ça, il va lui falloir faire dégager son papa, l'ennemi n°1. Le plus souvent, il y parvient. En s'endormant à l'horizontale. En cas de résistance paternelle, quelques coups de pieds bien placés ne sont pas à exclure.

Et voilà. C'est comme ça que vous finissez par vous retrouver exactement dans la situation que vous aviez juré éviter: dormir avec un marmot qui bouge dans tous les sens, qui ronfle encore plus fort que son père et contre lequel vous ne pouvez même pas réchauffer vos pieds. Pendant ce temps, l'homme tente en vain de se rendormir, tout recroquevillé dans le lit de l'héritier.

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