Pensées d'une ronde

La belle endormie

Je n'étais pas revenue depuis ce jour de juin.

 

Alors quand dimanche, j'ai vu le jardin, avec ses couleurs d'automne, ses bogues de chataignes et ces feuilles mortes qui parsemaient la pelouse, j'ai eu du mal à croire que cette journée d'été avait existé. Le soleil était blanc et les odeurs de jasmin avaient diparu. Seul vestige du mariage, une armature de tivoli qui, inexplicablement restait appuyée contre un muret, comme si on ne s'était pas résigné à faire diparaitre tous les témoins de cette parenthèse enchantée.

 

Dans la maison aussi, tout était rentré dans l'ordre, les meubles entassés à l'étage pour que les robes des belles puissent tournoyer à loisir sur le parquet ciré avaient retrouvé leur place.

 

Envolées les guirlandes de papier, disparus les lampions...

 

Cela n'avait-il été qu'un rêve ?

 

Et puis je l'ai retrouvée, sans la chercher. En ouvrant la porte d'une armoire, pour y prendre un vêtement plus chaud. Elle gisait là, vaporeuse et assoupie, comme je l'avais laissée après qu'il m'eut délaçée. Un peu froissée, un peu tachée.

 

J'ai effleuré la dentelle.

 

Il m'a suffit de caresser la soie pour entendre nos rires, pour sentir les mains aimées et retrouver sur mes lèvres le goût de ses baisers.

 

J'ai pensé la plier ou la faire nettoyer.

 

Mais j'ai finalement renoncé à la déranger. Je me suis dit que ce repos, elle l'avait bien mérité.

 

Toute flétrie qu'elle était désormais, elle avait trouvé sa place. Dans la chambre de mon adolescence, avec ces autres souvenirs enfouis. Et puis après tout, ces taches étaient autant de preuves de ces danses, de ces bras enlacés et de ces verres qui avaient débordé.

 

Alors j'ai refermé la porte de l'armoire et m'en suis allée.

 

Ainsi vivent et meurent les robes de mariées...

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Un vieux copain...

Il y a quelques jours je vous livrais ma définition de la vraie copine. J'aurais pu aussi vous donner celle du vrai copain, parce que j'ai la chance d'en avoir.

 

Un notamment.

 

Le genre de vrai copain qu'on traine avec soi depuis des années. Qui vous a vu ronde comme une queue de pelle plus d'une fois et qu'on a souvent soutenu dans la rue au petit matin parce que lui aussi côté bibine, ça y va, parfois. Un copain avec qui on a dormi, dans le même lit, sans que rien ne se soit passé et pas uniquement parce que de toutes façons, on était pas en état.

 

Le copain qui est du style à vous donner une grande claque dans le dos quand ça va mal ou qui ne trouve comme seule solution à une crise de cafard passagère de vous payer une bière. Avec lui, j'ai traversé le désert du célibat.

 

On en a passé des soirées à guetter dans les bars l'âme soeur, en priant secrètement - enfin surtout moi parce que je dois l'avouer, côté générosité, je ne suis pas forcément bien parée - pour que l'autre ne trouve pas en premier l'amour de sa vie.

 

Et puis finalement, l'homme est arrivé dans ma vie. Et bingo, le copain de toujours est devenu pote de l'homme. Pour une chance c'était une chance.

 

A partir de ce moment là, je me suis mis en tête que désormais ma mission c'était de lui trouver une poulette. Pas parce que ça me gênait de le voir seul, non, pas du tout. Je dirais même qu'au contraire - on en revient toujours à ma pénurie de générosité - c'était drôlement pratique de savoir qu'il était toujours partant quand de mon côté ça me prenait de jouer à "comme avant". Mais voilà,  les années passant, il a commencé à devenir triste. Il était seul et ça lui pesait.

 

Je lui ai alors présenté des copines, sans succès. Il a ramené des filles bizarres, qui ne trouvaient jamais grâce à mes yeux. Un jour, il est même tombé amoureux, mais c'était une méchante, une de celle dont on ne veut pas pour un vrai copain. Dois-je préciser que je ne me suis pas gênée pour le lui dire ? Et que bien sûr, ça n'a servi à rien ? Quand il a réalisé qu'il s'était trompé, qu'est-ce qu'on a fait ? On a picolé pour l'oublier.

 

Après, a chaque fois qu'il m'annonçait avoir peut-être rencontré quelqu'un, je tremblais à l'idée que ça marche et que je ne l'aime pas. Parce que soyons honnêtes, ce qui menace le plus une amitié de quinze ans comme celle là, c'est l'arrivée de miss chérie du vieux copain.

 

Et puis un jour, voilà qu'une drôle de petite lumière s'est allumée dans les yeux de mon vieux pote, devenu entre temps parrain de ma fille. Une de ces lumières dont on se dit qu'elle ne brille sûrement pas pour une idiote.

 

Très vite, j'ai fait la connaissance de celle qui en était à l'origine. Bien sûr, j'avais des tonnes d'à priori. Bien sûr, à la fois j'étais heureuse pour lui et en même temps, mince alors, je n'allais plus être la seule femme de sa vie (toujours de truc avec la générosité). Et puis au premier regard, il a fallu me rendre à l'évidence, sa perle à lui, il l'avait trouvée. Et cerise sur le verre d'eau à moitié plein, elle me plaisait grave.

 

Voilà, je vous raconte tout ça parce qu'aujourd'hui, c'est grace à elle que je peux vous montrer THE photo de l'homme et moi. Oui, grace à miss F. qui dès le lendemain du mariage m'a envoyé de bien jolies images de ce jour de rêve. La plus récente des amies et non la moindre... Alors je voulais lui dire merci. Pour cette attention, et pour la lumière dans les yeux de qui elle sait. 

 

Edit: Je ne laisserai pas cette photo longtemps, parce que voilà, je trouve ça un brin prétentieux de m'exhiber de la sorte. Mais vous me l'avez demandé et puis il me semble qu'on se connait, alors... Mais une fois de plus, ce sera une image éphémère...

Edit 2: J'ai bien sûr choisi LA photo où le gras de mes bras ne se voit pas. Mais très honnêtement, le cliché est flatteur. Très. Depuis samedi d'ailleurs j'envisage l'ablation pure et simple de mes bras.

Edit3: Comme à priori les billets sur ce mariage vous ont plus, je les ai regroupés sous une nouvelles rubrique, intitulée "Le mariage de la ronde". Comme ça c'est plus facile de les retrouver. De rien, de rien...

Edit4: Et oui, désolée, c'est trop tard, la photo a disparu... Je l'avais dit que c'était éphémère...

 

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24h dans la vie d'une femme mariée

Alors ça y'est, nous y sommes. Depuis samedi 30 juin, la vie conjugale a commencé. Je sais que vous attendez un récit minuté de cette journée. Mais je ne suis pas sûre d'y arriver. J'ai eu la sensation d'être prise dans un tourbillon d'émotions contradictoires sans parvenir à m'en extirper. Je crois comprendre très exactement ce que signifie "vivre les choses de l'intérieur". Et dans ce cas, les raconter devient très compliqué.

 

Bref, voici quelques instants des 24h de la vie d'une femme... mariée.

 

Je me souviendrai de la nuit d'avant, seule dans mon lit - l'homme avait été envoyé manu militari chez mamie parce que ce n'est pas parce que ma virginité n'est qu'un très lointain souvenir qu'il faut faire fi des règles élémentaires du mariage réussi - à tourner, retourner et encore retourner sans parvenir à fermer l'oeil.

 

Je me souviendrai de ce brushing aux aurores dans un petit salon de coiffure, accompagnée de la fée Baboux, ma coach cheveux du jour et de ma Mimi, témoin de mon coeur. Telle super Nanny, Baboux a commandé trois brush "Jenifer Aniston" en prévenant qu'elle ne tolérerait aucune boucle, aucune fioriture. "Du lisse, du lisse, du lisse". La coiffeuse a réfréné ses envies de chignons dégoulinant et a, à regrets, lissé, lissé, lissé. On est ressorties toutes les trois, des Lucy Liu triomphantes et raides du tif.

 

Je me souviendrai de l'homme qui dix minutes avant de partir à la mairie a vraiment pensé qu'il avait oublié à Paris la moitié de son costume, le fameux Smalto à cent mille euros. Il fallait le voir, chemisé et cravaté, courant partout en pleurant qu'il avait perdu son pantalon.

 

Je me souviendrai de la ruche de filles dans la maison de mes parents, hésitant entre deux ou trois robes, quatre ou cinq paires de chaussures et une douzaine de blush différents. Au final, elles étaient toutes magnifiques bien sûr.

 

Je me souviendrai de la fée Baboux censée apporter la touche finale à ma non-coiffure en y piquant délicatement une rose de dentelle et de plumes. Dans une minuscule salle de bain bondée de filles bourdonnantes, Baboux a frolé le nervous breakdown. "Non, tu devrais la mettre tête en bas", "non, plutôt à gauche", "tu rigoles ? à droite !", "Personnellement je n'en mettrais pas c'est ridicule", "Ouh là là, on voit mon oreille là, c'est atroce, mon oreille est gigantesque, je souffre d'une hypertrophie de l'oreille, je ne me marierai pas avec une oreille pareille que dieu m'en soit témoin". Pour finir, l'aigrette a été épinglée à droite, tête en haut et c'était magnifique, même si forcément, mon oreille... bref.

 

Je me souviendrai du laçage de Mimi, impeccable, ponctué d'exclamations "non mais c'est dinnnnnnnnnngue, jamais j'avais pu serrer autant, ça se TOUCHE ! Tu as fondu ma parole !". Mimi, c'est toi que je veux épouser.

 

Je me souviendrai de ma Zaz, magicienne des fleurs, qui m'a offert un bouquet de passiflore, roses de jardins, pois de senteurs et noisettes - si si, noisettes - fabriqué entre deux tétées d'une Lilas adorable. C'est le plus beau bouquet de mariée que je n'ai jamais vu, Zaz, il est dans mon coeur et je n'en oublierai jamais le parfum.

 

Je me souviendrai du maquillage parfait, réalisé par H la mystérieuse...

 

Je me souviendrai de la voiture Jaune décapotable, de son beau chauffeur et de Maud dans sa mousseline vert d'eau qui derrière tenait mes cheveux pour que Jennifer Aniston ne se tranforme pas en Bonnie Tyler.

 

Je me souviendrai de ces Oui échangés sans l'ombre d'un doute ni les larmes redoutées, entourée de ma toute petite fille dans sa robe rose et de mon grand garçon, chemise blanche et jean de cow-boy, qui demanda ensuite à ma mamie si elle se rappelait du mariage de ses propres parents...

 

Je me souviendrai de ce baiser si doux et de tous ces regards bienveillants.

 

Je me souviendrai des larmes de Zaz. De celles de Delphine et de Marie-Caro.

 

Je me souviendrai que certains étaient venus du Danemark, juste pour nous, et que les voir si beaux, si fidèles à eux-mêmes après toutes ces années, c'était le plus beau cadeau.

 

Je me souviendrai de ce petit lien de fil rosé prêté par ma Béa parce que tout de même, la tradition quoi. Béa, c'était doux de t'avoir au poignet.

 

Je me souviendrai de ce petit de toi qui te ressemble tant mon dieu et de tous ceux qui l'entourent, comme autant d'anges gardiens.

 

Je me souviendrai de la voix chevrotante de mes petits qui avaient décidé de nous offrir une poésie, devant une assemblée toute ouïe.

 

Je me souviendrai d'une ronde enchantée.

 

Je me souviendrai du lamé de Chloé, Va va va va vroum !!!

 

Je me souviendrai que j'ai manqué mourir des pieds parce qu'en réalité je n'étais vraiment pas bien dans mes chaussures. Alors j'ai mis d'horribles sabots rembourés qui ne se voyaient même pas sous la robe.

 

Je me souviendrai de la première danse avec mon père, "my baby don't care for me". Si si, je care for you, daddy.

 

Je me souviendrai de ce jardin rose allumé aux bougies, de ce paradis de verdure. Merci maman.

 

Je me souviendrai de danses sous les étoiles, d'un soleil radieux, de la douceur de vos visages, de tout cet amour, de cette bulle hors du temps, de ces rires en cascades, toujours au bord des larmes parce que c'en est parfois douloureux de s'aimer autant.

 

Je me souviendrai que j'ai pensé à vous, lecteurs et lectrices de l'ombre, qui ne nous avez pas quittés non plus cette journée. Vos messages et vos incantations au soleil ont forcément joué dans le fait que le ciel a été notre allié.

 

A tous, je ne saurai dire autre chose qu'un grand merci.

 

Je me souviendrai de l'homme et de ses bras lors de la dernière danse, sur "Senorita", alors que l'aube se levait.

 

Edit: Je n'ai pas encore récupéré les photos mais promis promis promis...

Edit 2: Je me souviendrai aussi de Mère Grand. Je ne l'ai volontairement pas mentionnée par discretion. Mais je réalise qu'elle pourrait s'en affecter. Alors voilà, quelle émotion de voir ce visage sur cette petite place baignée de soleil... Merci Mère grand.

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La voiture de la mariée

Avant de vous laisser pour quelques jours rapport à ce mariage qui parait-il se déroulera donc samedi, qu'il pleuve, neige ou vente, je voulais vous embrasser.

 

Quand je reviendrai je serai donc une madame et en un sens, à 36 ans il serait peut-être temps.

 

Il n'empêche que j'espère bien rester une madame un tant soit peu indigne, pas toujours très bien élevée, grossière quand il faut et surtout consciente de son ridicule en de nombreuses occasions.

 

Voilà, merci une nouvelle fois pour ces fous-rire partagés, pour votre soutien lors de mes nervous breakdown de future mariée, pour vos encouragements en ce qui concerne le temps qu'il fera, le gras blanc de mes bras, la forme de ma robe, la bonne tenue des tentes ou l'état du gazon. Moi qui n'était pas très mariage je me dis que finalement, c'est tout de même un sacré truc !

 

Quoi qu'il en soit, nous avons finalement une voiture pour partir mais pas la notre bien sûr puisqu'elle est en panne.

 

De batterie.

 

Ce qui en soi n'est pas dramatique.

 

Sauf que le capot est coincé.

 

Et que par conséquent il nous est assez difficile de brancher les pinces crocodiles. J'ai l'air de vachement bien m'y connaitre comme ça - non ? - mais en vrai pas du tout. La preuve j'ai naïvement sugéré à l'homme excédé après une heure de bagarre acharnée avec le levier censé ouvrir le capot, de tenter de décoincer ce dernier au pied de biche.

 

L'homme m'a alors regardée comme si j'étais une dangereuse psychopathe. C'est à ce moment là d'ailleurs qu'il s'est souvenu que si batterie y'avait plus, c'était pour ainsi dire un peu de ma faute rapport au fait que je n'avais pas fermé comme il faut le coffre.

 

"Ah ouais et comment un coffre mal fermé peut vider une batterie, tu peux me dire, gros malin ?"

 

"Quand le coffre est mal fermé la loupiote de contrôle ne s'éteint pas. Et qui dit loupiote mal éteinte dit batterie en carafe, grosse maline".

 

"Ah ouais".

 

Bon, bref, le coté positif de la chose c'est que la voiture qu'on a louée sera propre, elle. Qu'elle ne sentira pas le vomi de petite chérie incrusté depuis des années dans tous les coins les plus reculés de l'habitacle. Ni le jus d'orange fermenté renversé en octobre 2002 par petit chéri sur le siège arrière. A mon avis, si on presse les housses y'a moyen de récupérer une eau de vie à pas piquer des vers.

 

Une voiture sans sucettes collées sous les sièges, sans miettes de tout et de rien, sans serviettes éponges à la propreté suspecte ou rouleaux de sopalin dont plus personne n'ose se servir ne sachant plus très bien s'ils ont échappé ou non au dernier gerbis de petite chérie...

 

Bref, moi je dis quelque part j'ai rendu service à la famille en fermant mal ce coffre.

 

Gros malin.

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Mariage J-6, la vision de Mouna...

Je ne résiste pas à l'envie de faire remonter ici le commentaire posté hier par Mouna dont vous aurez compris bien sûr qu'il s'agit de l'hôtesse de la soirée, celle qui filtre le traiteur et qui coupe consciencieusement son gazon aux ciseaux depuis un mois tout en laissant les tentes s'effondrer, tout ça après tout n'étant qu'une question de priorité... 

Maman, puisque Mouna et toi ne faites qu'une, je ne te l'ai sûrement pas assez dit, alors merci... 

 

Edit: Cette photo a été prise en mars, le fameux week-end où les tentes ont été montées, il y a donc plus de trois mois...

 

 Voici donc ce que nous disait hier "Mouna"...

 

Alors là, je dois intervenir, sinon nous courons de toute évidence à la catastrophe, avec un tel pessimisme!



Il est vrai qu'il pleut, vente et grêle à Lyon depuis un mois MAIS le cèdre qui culmine à 3 mètres de hauteur et étend ses majestueuses branches au-dessus des tentes n'a pas varié son inclinaison, comme la tour de Pise, il résiste et tiendra bien encore deux semaines.



Tous les soirs, dès 17 heures, une violente pluie s'abat sur la pelouse, MAIS l'herbe n'a jamais été aussi verte et vigoureuse, et, au petit matin, sous la fraîche rosée, le spectacle est magnifique.



L'un des chapiteaux git effectivement lamentablement sur le sol MAIS les deux autres ont résisté, ils sont là depuis deux mois et GRÂCE A LA PLUIE les fientes déposées sur la toile par les charmants oiseaux qui peuplent le jardin n'ont pas le temps de sécher. Ainsi les tentes ont-elles gardé leur blancheur immaculée.



Impossible effectivement de se déplacer en talon aiguille dans le jardin, j'ai essayé, le résultat est des plus comiques : imaginez la marche des premiers cosmonautes débarqués sur la lune! MAIS la mode, cette année, ce sont les semelles compensées qui adhèrent bien sur toute surface, des talons aiguille seraient ridicules. C'est vrai, Caro, avec ta superbe robe, les semelles de liège, ce n'est pas le top, seulement je te connais, quoi qu'il arrive deux minutes après avoir dit OUI, tu seras déjà pieds nus.



La météo prévoit un net rafraîchissement des températures, MAIS les invités se tiendront chaud car, et ça le traiteur ne le sait pas, il n'ya que 40 centimètres à table pour chacun, alors qu'il avait imposé 60 centimètres! C'est d'ailleurs pour cela que seul un répondeur reçoit ses appels! Même les gouttes de pluie ne passeront pas ... Et 20 centimètres multipliés par 50, je ne sais pas exactement combien ça fait mais c'est toujours ça de gagné pour que tout le monde soit assis sur la petite partie plate du jardin!!! Nous éviterons les chutes de chaises ou les glissades des assiettes et des plats ...



Les poux, les otites, c'est bien s'ils se sont manifestés avant le 30, on ne les reverra pas de sitôt. Moi, je suis tranquille, double otite aux deux oreilles cette semaine, ainsi on n'en parle plus.



Panne de voiture ? C'eût été bien pire sur l'autoroute avec la somptueuse robe qui aurait pu finir dans l'huile de vidange d'un garage.



Ainsi tout va vraiment très bien Caro et, si Barnabé nous a plantés et n'a pas coupé les pieds à ce maudit Médard, moi j'ai retrouvé la trace des Clarisses qui avaient quitté la route de Paris sans nous prévenir, elles sont dans la Drôme, demain je leur envoie leurs oeufs et le soleil sera là le 30.



Bon anniversaire l'homme et n'oublie pas les alliances ...

 

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Tout va très bien madame la marquise...

Alors.

 

Mis à part le fait que ma mère filtre désormais le traiteur de peur qu'il ne lui pose une question vicieuse, que les tentes semblent définitivement vouées à rester échouées dans le jardin, que le mois d'octobre parait désormais bien installé, que j'ai du dissuader toutes les personnes de sexe féminin de se munir de chaussures à talons sous peine de s'enfoncer dans la vase qui tient lieu de pelouse sur les lieux du mariage et que par un phénomène inexpliqué mes bras - toujours aussi blancs étant donné que les UV ont délenché chez moi une crise intempestive d'acné - se ramollissent un peu plus chaque jour, tout porte à croire malgré tout que le mariage aura bien lieu samedi prochain.

 

Ah oui, je n'ai toujours pas récupéré ma robe, pour la simple et bonne raison que nous sommes en panne de voiture. Ce qui en soi n'est pas si grave, si ce n'est qu'on est censés prendre la route mardi prochain pour Lyon. Moi je dis vivement les vacances mais même là subsistent quelques incertitudes, nous venons de réaliser que tous nos titres d'identité sont périmés et pour prendre l'avion avec deux mineurs, il semblerait que ce soit un léger problème. Sachant que demander des renouvellements de passeport fin juin, c'est à priori l'assurance de les obtenir en septembre.

 

Bref, tout va bien madame la meringue, tout va très bien, tout va très bien !

 

Edit: Pour le rendez-vous macarons de demain, je ne vous promets rien, la journée s'annonce chargée, entre un rendez-vous avec David qui doit à tout prix aider un peu la nature au niveau du blond de mes cheveux, une séance de pinces crocodiles histoire de rebooster la batterie de cette garce de voiture - qui nous lache TOUS les étés à la même époque - un passage à la préfecture accompagnée de mes deux bambins qui DOIVENT être présents pour la demande de cartes d'identité et l'obligation de trouver un bermuda ou n'importe quelle chose pouvant faire office de pantalon pour mon fils qui pour l'instant n'a pour habit de mariage qu'une chemise blanche ("maman je vais pas y aller en slip hein ? Mais c'est pas grave si tu trouves pas je mettrai mon jogging"). Donc si je m'acquitte de toutes ces taches plus réjouissantes les unes que les autres avant 16h30, je me joindrai à vous.

 

Edit2: Je sais, d'habitude, aller voir mon David roi du blond, c'est une réjouissance. Sauf que la semaine dernière nous avons eu la gentille visite de nos amis les poux. Et que je tremble de peur à l'idée que David en déniche un dans ma chevelure de lionne. Je dois vous le dire, là, tout de suite maintenant, je crois que je ne m'en remettrais pas.

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Des amies en or

Bon, cet enterrement de vie de jeune fille, revenons-y. Etant donné qu'il remonte maintenant à plus d'une semaine j'ai un peu peur que ce soit du réchauffé. Je vais donc me contenter de vous livrer quelques souvenirs marquants, dans le désordre, comme ça.

 

Voici donc ces petits riens qui ont fait que cette journée a été des plus douces...

 

- Quand ma copine Mimi et ma copine Zaz sont venues me chercher elles m'ont dit que finalement on n'allait faire ça que toutes les trois. J'ai dit que je trouvais ça super mais au fond de moi je n' croyais pas. N'empêche que lorsqu'on est arrivées au hammam de la rue Montorgueil et que dans le café d'à côté m'attendaient presque toutes mes amies, de celle de l'école primaire aux plus récentes dont deux avaient fait le trajet depuis Lyon laissant leurs lardons à leurs compagnons, forcément j'ai pleuré de joie.

 

- Au hammam on nous a fait patienter dans une jolie cour arborée. De belles oranges étaient disposées ça et là et forcément on en a mangé. Après on s'est rendu compte qu'on venait de boulotter la déco.

 

- Sur huit filles, deux venaient ou presque d'accoucher et on était bien en peine de savoir desquelles il s'agissait. Elles ont bien de la chance que ce jour là je n'avais envie de détester personne.

 

- Les masseuses ont fait des youyou rien que pour moi, la future mariée. Probablement que de l'extérieur, huit filles à poil en train de frapper dans leurs mains dans un bain de vapeur au son des youyou, c'était ridicule. Mais dans le feu de l'action, c'était juste magnifique.

 

- Quand on est sorties du hammam après avoir été bichonnées, gommées, décrassées et aussi à moitié carbonisées par les jets de vapeur, celles qui ne se connaissaient pas vraiment avaient l'impression d'avoir gardé les vaches ensemble depuis toujours. En vrai elles venaient juste de passer trois heures dans le plus simple appareil en parlant de leurs poils, de leurs seins, de leur cellulite, de leurs mecs, de leurs enfants, de leurs cheveux, de, de... Donc les vaches non, mais le reste, oui. Le hammam en somme y'a pas mieux pour créer du lien.

 

- Parce que mes copines sont les meilleures de la planète elles avaient complètement oublié de me déguiser en prostituée ou de me faire subir des épreuves comme celles de vendre des tampax à des curés ou du PQ sur les Champs Elysées. En revanche, elles avaient évidemment pensé aux macarons Ladurée, aux caramels eu beurre salé,  et aux bonbons au miel. Elles avaient même dégotté des dragées roses en forme de coeur fourrées au chocolat et il n'y a que les vraies amies pour penser à des trucs pareils.

 

- On a bu une bouteille de champagne par personne et je crois pouvoir affirmer que c'est exactement la bonne quantité pour ensuite oser embrasser un pompier.

 

- Quand ma neuvième copine a débarqué, je me suis dit que parfois un garçon ça peut être la meilleure des amies.

 

- On a dansé au Bal de l'Elysée Montmartre et la bouteille de champagne avalée était également la bienvenue quand il a s'agi de se trémousser sur "On va s'aimer". Merci Gilbert Montagné.

 

- La phrase de la soirée: "Bois à ta virginité bientôt sacrifiée ma chérie". Prononcée forcément par la fameuse neuvième copine....

 

Edit: Un grand merci à Mimi, Zaz, Chloé la grande organisatrice, Marie-caro, Béa, Stéphanie, Maud, Virginie, Julie, Manue et Stéphane . Spéciale dédicace à Alex qui a eu le nez de se pointer par hasard dans cette soirée et qui a eu le bon goût d'y rester...

 

Edit 2: Le hammam, c'est celui des Bains Montorgueil. Ce n'est pas le moins cher de Paris mais c'est probablement le plus intime. L'accueil y est vraiment chaleureux, on vous prête un paréo tout doux, la propreté est irréprochable, le thé à volonté ou presque, les patisseries offertes à la fin grasses à souhait, la piscine d'eau froide incroyablement délassante, le gommage énergique et pourtant délicat et le massage réalisé à l'huile d'Argan ce qui fait qu'à la fin vous ressortez en exhalant des effluves de pate d'amande. Forcément du coup il ne faut pas se plaindre ensuite que votre homme ait envie de vous croquez toute crue...

 

Aux Bains Montorgueil

55, rue Montorgueil, 75002 Paris
» Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 21h.
» Uniquement sur rendez-vous au 01 44 88 01 78.
» Prix : Entrée avec gommage au savon noir : 60 €. Sont inclus avec les soins le peignoir, le gant de gommage, un paréo, des tongs et une serviette, ainsi que le savon noir et un gel douche.
Entrée avec gommage au savon noir et massage à l'huile d'argan (15 minutes) : 78 €

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Les poils c'est la barbe (ok, c'est nul)

Alors en ce qui concerne cet enterrement de vie de jeune fille, vous comprendrez bien que je ne peux pas tout raconter dans la mesure où forcément, dans ce genre de circonstances, on fait des choses... Bref.

 

Hin hin, l'homme, t'as peur hein ?

 

Mais je vais quand même essayer de vous livrer l'esprit général de cette journée qui avait plutôt mal commencé... 

 

Oui, les choses ont plutôt mal démarré quand samedi vers 9h du matin, l'homme a passé en douceur sa main sur une de mes jambes en me susurrant "tu sais mon amour, je ne veux pas briser un secret mais tes copines risquent de venir te chercher tout à l'heure...". Outre le fait qu'il avait bel et bien brisé un secret il a fallu quelques minutes pour que le sens profond de ses paroles parviennent jusqu'à mon cerveau. Et que je comprenne que la caresse sur la jambe n'était pas complètement innocente.

 

Et qu'elle n'avait aucune visée érotique.

 

Non, cette douce caresse n'avait comme seul objectif de m'inciter à prendre fissa un rendez-vous chez l'esthéticienne histoire de débroussailler tout ça. Au cas où y'aurait un hammam de prévu au programme. Beh oui comme vous l'avez compris le hammam, mes copines et moi on adore ça.

 

J'ai bien songé à me vexer mais j'ai réalisé que soit je perdais du temps à faire une scène sur le mode "T'es trop méchant, je suis humiliée jusqu'au restant de mes jours, normalement tu n'es pas censé savoir que j'ai des poils ou que je fais caca", soit je me mettais en quête d'une esthéticienne sur le champ. Parce qu'autant être sincère, je suis INCAPABLE de m'épiler seule. A part le rasoir mais ça c'est mal, le rasoir. Par ailleurs, le message si délicat de l'homme ne s'adressait pas qu'à mes jamabes mais aussi à mon minou laissé quelque peu en friche lui aussi. Et à cet endroit là, le rasoir c'est pire que mal.

 

J'ai donc laissé tomber la scène de ménage et décidé d'accepter qu'au bout de dix ans de vie commune l'homme sait bien évidemment que j'ai des poils et que je fais caca - en revanche il croit toujours que mon caca sent la rose, bien sûr, puisque je suis une fille - et entrepris d'appeler toutes les esthéticiennes du 13ème arrondissement.

 

Qui étaient toutes ultra bookées.

 

A la dixième tentative j'ai supplié de me prendre juste pour le maillot - à ce stade j'avais intégré l'idée de raser mes jambes en plus parait qu'une fois de temps en temps ça renforce le poil et évite les boutons sous peau, si si - en promettant que mon système pileux était si peu développé qu'en un coup de cire tout serait enlevé. La fille à l'autre bout du fil a semblé prendre peur - faut dire que je pleurais un peu et que je l'ai menacée de débarquer avec mon rasoir bic en cas de refus - et m'a quasi raccroché au nez.

 

Bref, il devait y avoir un congrès d'esthéticiennes samedi dernier, à moins qu'en réalité on assiste à une disparition de ce métier pourtant capital pour l'honneur de la femme. Mesdames je vous le dis, l'heure est grave, surtout si en même temps le réchauffement de la planète se poursuit et que bientôt on aura même plus la paix les mois d'hiver grace aux collants opaques.

 

La suite vous l'imaginez, j'ai tout rasé. Ensuite j'ai chouiné toute la journée parce que le maillot rasé c'est un peu comme si on avait de la barbe en train de repousser.

 

Tout ça pour finir à poil dans un nuage de vapeur tellement épais que même avec des cheveux sur les jambes je serais passée inaperçue.

 

Quoi qu'il en soit, what a surprise - merci l'homme pour avoir vendu la mèche tu m'as bousillé ma surprise à moi de mon enterrement de vie de jeune fille en plus de m'avoir humiliée avec mes poils - vers midi ont débarqué ma copine Mimi et ma copine Zaz toutes pimpantes et dont les airs de conspiratrices m'ont très vite fait craindre le pire.

 

Sauf que je n'ai eu que le meilleur. Forcément puisque mes copines sont les plus géniales de la terre.

 

Ok, j'en fait un peu beaucoup mais c'est au cas où elles regretteraient de ne pas m'avoir déguisée en pute et forcée à vendre des rouleaux de PQ sur les Champs Elysées et qu'il leur prendrait l'envie de me refaire un enterrement de vie de jeune fille mais méchant celui-ci.

 

 Allez, si vraiment ça vous intéresse, je vous raconte la suite très vite.

 

Edit: Joyeux anniversaaaaaaaaaire Londoncam !!!

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M'ame Sca'lett

Bon, je vous raconte le dernier essayage et après j'arrête avec mon mariage, je sens que je tombe très exactement dans ce que je dénonce, à savoir l'obsession matrimoniale des derniers mois. Et j'ai bien conscience que certains détails du jour J n'intéressent que moi...

 

Alors voilà. Nous sommes arrivés chez Olivier en délégation. A six, très exactement. Dont Stéphane que je soupçonne de n'être pas forcément venu QUE pour la robe et Lilas, sept semaines au compteur. Oui, LA Lilas. Qui croyez moi va TRES bien maintenant !

 

Je vous raconte ?

 

18h: On débarque en troupeau. Olivier nous fait patienter, il n'a pas terminé avec la précédente cliente. Nous voilà donc aglutinés dans le minuscule couloir par une température de 38°, à pouffer de rire pendant que Stéphane tient le couffin de Lilas à bout de bras tout en criant bien fort que cet enfant n'est pas le sien. Je commence à me demander si le fait de venir accompagnée est VRAIMENT une bonne idée niveau sérénité.

 

18h12, on entre dans l'atelier. Stéphane semble avoir vu la vierge.

 

18h14: Je disparais derrière le rideau de la cabine avec mes chaussures dont je vais avoir la preuve que même avec les pieds gonflés je peux les enfiler. C'est juste mais on ne va pas chipoter. J'enfile la jupe tant bien que mal et sort en soutien gorge pour qu'Olivier me mette le bustier.

 

18h15: Olivier est blème, j'ai dû rétrécir en deux semaines, la jupe pendouille devant, il y a bien dix centimètres de trop.

 

18h16: Olivier reprend des couleurs et m'explique que la traine se met derrière. Par ailleurs, ce genre de jupe ne se porte pas taille basse, m'explique-t-il en remontant tout ça.

 

18h18: Olivier appelle mes trois témoins pour qu'elles apprennent à lacer. Je réalise que le jour J Olivier ne sera pas là, j'ai envie de pleurer.

 

18h19: C'est Mimi qui s'y colle parce que Zaz ne peut pas tout de suite participer rapport au fait qu'elle est en train d'allaiter sur le canapé rose et doré.

 

18h21: Stéphane s'accroche à un barreau de lit invisible et se prend pour Scarlett O'hara. "Allez m'ame Sca'lett !" crie-t-il. Je m'aperçois qu'il n'a plus toute sa raison, c'est tout ce rose, à mon avis il décompense.

 

18h23: Olivier reste héroïquement calme alors que Mimi vient de s'emmêler complètement les pinceaux. De dos je ressemble à une converse mal lacée.

 

18h25: Chloé me dit de remonter mes seins.

 

18h27: Olivier me dit de ne pas trop remonter mes seins quand même.

 

18h29: Olivier reprend les choses en main et tire tellement fort sur le lacet que le malaise n'est pas loin.

 

18h32: Stéphane a pété les plombs il croit VRAIMENT qu'il est m'ame Sca'lett. Il vient de mettre un voile et fait semblant de replacer sa traine d'un petit coup de pied vers l'arrière. Olivier a peur c'est très net.

 

18h35: Olivier me rappelle que deux règles sont à respecter. Ne pas marcher à reculons sous peine de me prendre les pieds dans la traine et ne pas me pencher pour ramasser quoi que ce soit sinon une de mes baleines se cassera.

 

18h38: Je fais sans arrêt tomber quelque chose. C'est plié, je vais mourir ce jour là, assassinée par une baleine de corset.

 

18h40: Ma copine Zaz me demande si je peux m'asseoir.

 

18h42: Olivier me jure que oui.

 

18h43: Je fais un test.

 

18h45: Après tout c'est très surfait de s'asseoir le jour de son mariage.

 

18h47: Je commence à m'habituer au bustier, pour la première fois de ma vie je ne sens pas le poids de mes seins.

 

18h49: En revanche ils me gênent un peu quand je parle.

 

19h00: Stéphane me dit que je suis une princesse. Il veut me mettre des plumes dans les cheveux. Il me propose aussi d'essayer la robe pour que je me fasse une idée.

 

19h02: Chloé a les yeux tous mouillés et Zaz aussi mais ça ne se voit pas parce qu'elle est en train de changer la couche de Lilas sur le canapé rose et doré. Je tente d'attirer l'attention d'Olivier en prétextant une aiguille oubliée.

 

19h05: Mimi est à deux doigts de replonger dans son addiction aux sacs à mains, il est temps de partir avant qu'elle achète une pochette en velours rouge alors qu'elle déteste le rouge.

 

19h12: Je quitte ma robe à regrets.

 

19h13: En même temps je récupère ma capacité respiratoire ce qui n'est pas négligeable.

 

19h15: Alors qu'on est dans l'escalier je suis obligée de ramener Stéphane pour qu'il rende le diadème en faux rubis qu'il a volé.

 

19h18: On est enfin partis.

 

20h45: Coup de téléphone de Zaz: "Caro, tu peux me donner le numéro d'Olivier, je crains d'avoir oublié sur le canapé les habits plein de caca de Lilas".

 

Je dois aller chercher ma robe le 16 juin mais je ne suis pas sûre d'oser.

 

Edit: La robe est magnifique et moi je vais faire mon maximum pour être à la hauteur.

Edit 2: Un grand merci à Olivier pour son flegme et sa résistance aux piaillements hystériques que je lui ai fait subir à chacun des essayages?

Edit 3: Lilas a été un amour et quand on a sept semaines c'est normal de faire caca.

Edit 4: Stéphane, je t'aime, tu es la plus sexy des Scarlett.

Edit 5: Les filles, j'espère que vous avez bien retenu la leçon de laçage sinon on est mal. Enfin, surtout moi.

Edit 6: LA phrase de la soirée: "Caro, t'es tellement belle on dirait que t'es vierge". Je vous laisse en deviner l'auteur...

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Ciel mon mariage !

Bon, comme je sens que cette préparation de mariage vous passionne - ah bon, pas tant que ça ? M'en fous, vous allez en bouffer, aucune raison que je sois la seule à devoir m'intéresser au plan de table et à la dimension des napes - j'ai décidé de vous tenir au courant des derniers avancements.

 

Premièrement, après avoir constaté que le lait hydratant qui fait bronzer et même parfois maigrir - si si - puait sur moi autant que l'autobronzant de base - doit y avoir un truc avec ma peau je vois que ça - et qu'en plus le produit semblait migrer étrangement vers mes coudes et mes genoux avec un effet "terre battue" totalement de saison, j'ai décidé de braver ma peur et de tenter l'expérience des UV.

 

Autant le dire de suite, je déteste ça.

 

Je passe les dix minutes de chaque séance - trois au total pour l'instant - prostrée dans mon sarcophage fluo à craindre pour ma vie. Et si les néons se détraquaient ? Et si ma peau finissait par coller au matelas en plastique ? Et si le couvercle se bloquait et que je ne pouvais plus jamais sortir ? Et si... Bref, c'est rien de dire que je ne me sens pas totalement dans mon élément.

 

Ok, j'avoue, à la fin de la première séance j'ai eu des envies bizarres de dessous léopard, de lunettes griffées Dior et d'un sac en croco avec "saint tropez" écrit dessus. Et ça, ça me fait très peur. Imaginez qu'au terme des dix séances je me transforme en Cathy Guetta, voire en Fiona Gélin  ?

 

Ma mère ne s'en remettra pas.

 

Autant vous dire qu'en plus forcément, je suis toujours aussi blafarde. En même temps, l'esthéticienne carotte qui s'occupe de moi m'a prévenue que si je refuse de rester plus de dix minutes dans le caisson et que je ne fais qu'une séance par semaine, je n'arriverai jamais à avoir le teint qu'elle arbore, elle.

 

A ses yeux je le vois bien, je suis la cancre des UV. En même temps, dois-je vraiment me fier à une femme orange ?

 

Voilà. A part ça, les tentes que mes parents, dans un souci de ne pas faire les choses à la dernière minute comme ils en ont d'ordinaire l'habitude, ont monté dans le jardin en mars dernier n'ont finalement pas résisté à l'orage de lundi. En même temps, les braves bêtes avaient tenu le coup plus de trois mois ce qui à mon avis constitue un record.

 

En attendant, la seule chose qui semblait prête pour le grand jour gît lamentablement dans le jardin on ne peut plus vert - le premier qui me parle d'une éventuelle sècheresse dans le lyonnais se prend une claque - de la maison familiale.

 

Le traiteur est quand à lui à deux doigts de renoncer à s'occuper de nous étant donné le peu de professionnalisme dont nous faisons preuve - en même temps moi je croyais que c'était lui le professionnel mais à priori je me suis trompée, à chaque entrevue on a l'impression de passer un entretien d'embauche. Et il est manifestement consterné que chacune de ses questions suscite l'étonnement le plus sincère de mes parents, incapables d'apporter ne serait-ce qu'un début de réponse. Non, on ne connait pas les dimensions des tables, non, il n'y a pas d'électricité dans le hangar - qui servira d'arrière-cuisine -, ah bon, il faut lui dire quels alcools exactement on prévoit de servir à l'apéritif ? Non on n'a pas fait de plan détaillé des décorations florales, ah, il faut prévoir des bouteilles d'eau ? Non, on ne sait pas s'il y aura des végétariens, ah, on ignorait que pour chaque personne il fallait compter 60 cm de largeur de nappe, et j'en passe.

 

Bref, à l'heure où je vous parle rien ne dit que ce mariage ait lieu un jour.

 

Quant à la robe, le dernier essayage est pour ce soir et Olivier semble soulagé que notre relation touche bientôt à sa fin, je crois que mon message désespéré de vendredi n'y est pas pour rien. Je tremble donc un peu à l'idée de la tête qu'il va faire quand je vais arriver tout à l'heure, flanquée de mes copines Zaz, Mimi, Chloé et Stéphane qui n'ont pas encore toutes vu la robe et qui tiennent absolument à donner un avis. Entre les filles hystériques et moi qui suis au bord du nervous breakdown je crains le drame. A la place du yorkshire, je me planquerais.

 

A suivre...

 

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Tout va très bien madame la meringue...

Vendredi dernier aux alentours de 20h00... 

 

"Allo Olivier, oui, bonjour, c'est Caroline. Ecoutez, je sais que j'appelle tard et que vous allez me prendre pour une folle, mais là j'ai regardé les photos prises lors du dernier essayage et je crois que ça ne va pas du tout. Cette robe n'est pas faite pour moi, je n'ai pas de taille, on dirait que je porte un platre et mes seins ont l'air tout écrasés. En plus, depuis, j'ai pris quatorze kilos dont la moitié dans les bras, ce qui ne devrait pas vraiment arranger notre affaire. Non, vraiment, ne le prenez pas mal mais je crois qu'on s'est trompés vous et moi et je pense qu'il vaudrait mieux repartir sur l'idée de la chemise de nuit. Si vous pouviez me rappeler pour qu'on en parle et qu'on avance le prochain rendez-vous ce serait formidable. Si vous ne pouvez pas, ce n'est pas grave, de toutes façons d'ici là le mariage aura probablement été annulé rapport au fait qu'il est hors de question que j'aille devant monsieur le maire en culotte. Bonne soirée et à bientôt."

 

A part ça, je gère incroyablement bien.

 

Je vous laisse j'ai une tablette de chocolat à terminer.

 

Edit: La photo, on pourrait penser que ça n'a rien à voir mais en fait si. Parce que vendredi, avant ce léger pétage de plombs, je l'ai vu dans ma cour magique. Juste après Pierre Palmade. Mais bon, je me suis dit que Charles Berling, c'est tout de même plus glamour que Pierre Palmade.

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La robe de mariée, suite et fin

Alors... Où en étais-je... Ah, oui, ça y'est. 

 

Olivier me propose donc d'essayer très exactement tout ce que je viens de lui décrire comme étant ce que je déteste le plus. Le pauvre. Dire que ça se dit styliste. Il ne va pas être déçu.

 

Non parce que boudinée dans un bustier lacé dans le dos et engoncée dans une jupe qui tombe jusqu'aux chevilles, autant dire que je vais ressembler à la Castafiore, beaucoup plus qu'à Scarlett O'hara. Mais comme mes deux super nanny n'ont pas l'air de vouloir me lacher et qu'Olivier semble y tenir, je consens à enfiler cette tenue ridicule.

 

Après dix minutes à batailler en manquant de faire tomber le rideau, je sors avec la jupe à moitié fermée pour cause de taille trop épaisse en plaquant contre ma poitrine le bustier pas lacé. Olivier se place derrière moi et me demande de mettre les mains sur ma taille pour tenir le corset. Il commence alors à lacer, doucement au début, puis en tirant de plus en plus fort. Je ne respire plus. J'ai pris l'apparence d'une saucisse de morteau en bas résilles, c'est certain. Je voudrais mourir. Cela dit, étant donné le peu d'oxygène qui parvient jusqu'à mes bronches, mon calvaire devrait assez rapidement prendre fin. 

 

J'en suis à visualiser le boulot des pompiers lorsqu'il va falloir me dégager de ma camisole quand petit à petit, la sensation d'étouffement s'estompe. Le corset est enfin lacé et je commence à m'habituer.  Olivier me suggère de me regarder dans la glace en face.

 

Est-ce alors le galbe des baleines, la légereté de la soie ou l'ouvrage délicat du bustier dentelé ? Je ne sais pas, mais celle qui me regarde dans le miroir n'est plus la gourde aux grands pieds qui s'empêtrait dans son jupon deux minutes plus tôt. Bon, certes, il en reste quelques vestiges.

 

Ne serait-ce que cette chose verte entortillée dans les plis de la robe.

 

Ma santiag.

 

Que je viens de trainer sur deux mètres et qu'Olivier tente désespérément de dégager, mais forcément, elle est bien coincée la saleté. On finit par y arriver et la vilaine est renvoyée auprès de sa congénère. J et H sont effondrées.

 

A bien y regarder, le bustier en forme de coeur est également quelque peu problématique. On jurerait que mes fesses se sont déplacées au niveau de mon décolleté.

 

Mais dans l'ensemble... Dans l'ensemble, Vivien Leigh peut aller se rhabiller, me dis-je en toute simplicité.

 

Olivier m'observe amusé. "C'est la première n'est-ce pas ? La première robe de soirée ?"

 

"Oui", lui réponds-je dans un souffle. Je regarde alors H et J, et dans leurs yeux, je vois que je ne me trompe pas:

 

Olivier m'a trouvée.

 

Il ne me connaissait pas une heure plus tôt et il m'a trouvée. A l'insu de mon plein gré, qui plus est.

 

Passées les premières minutes d'émotion, H, J et moi même retrouvons nos langues bien pendues. Et nous voilà, toutes les trois, comme des petites filles, à nous extasier sur la magie du corset, la finesse de la dentelle, la douceur des étoffes. Olivier est un ange de patience. Il répond à toutes nos questions, il parle de Cisal, d'organza et de tulle, de dentelle de Calais et de Chantilly. Il explique les broderies, les proportions et les couleurs. Il raconte qu'il aimait trop Sissi et qu'il ne voyait pas quel autre métier il pourrait faire plus tard que créer des robes incroyables. Moi je dis merci Sissi.

 

On essaie ensuite un autre bustier plus droit, histoire que mes seins perdent leur forme de fesses, puis une autre jupe, puis encore une autre. Petit à petit, ma robe s'esquisse dans la tête d'Olivier.

 

Enfin, ça y'est, il SAIT.

 

Pour me le prouver, il arrache une page d'un cahier rose et d'un coup de crayon, il dessine ce qu'il vient d'imaginer. En quelques traits, voilà MA robe, unique et parfaite. Peut-être le plus doux des cadeaux, la plus délicate des attentions. Ce n'est pas tant qu'elle est magnifique - entendons-nous bien, elle EST magnifique - mais sur le papier, on dirait qu'elle est croquée pour Grace Kelly.

 

Voilà. Olivier, lorsqu'il dessine une robe en taille 44 - 46, il fait en sorte que ça ressemble au fourreau de Rita Hayworth. C'est peut-être ça aimer les femmes, non ? Ce croquis, je vous l'offre, là. Comme un petit bout de rêve, rien que pour vous. Mais vous comprendrez aussi que je ne le laisserai pas longtemps parce que l'homme n'a pas le droit de regarder. Il m'a promis de ne pas venir ici de la journée, mais par sécurité, j'enlèverai la photo en fin d'après midi.

 

Edit: Je ne pense pas qu'Olivier m'en voudra de dévoiler son nom, alors voilà, il s'agit d'Olivier Freine. Son atelier est 2, rue Turbigo dans le 2ème arrondissement de Paris et son numéro de téléphone est le: 01 42 33 95 82. Je me dois de préciser que ce rêve a un prix et ce dernier est assez élevé. Je me suis personnellement offert cette petite folie avec l'argent gagné en écrivant mon livre et je ne le regrette pas, mais voilà, forcément, ça reste une folie. Ah, et oui, Olivier est canon. M'enfin les filles.... bon, bref, vous voyez quoi. Plaisir des yeux, on va dire...

 

 

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La robe de mariée, suite

Je sonne donc à la porte, au deuxième étage de cet immeuble chic et parisien, le ventre un peu noué, en priant pour que le couturier soit obèse. Je sais, c'est puéril, mais j'ai le même genre de pensées lorsque je vais chez un nouveau nutritionniste. C'est tout de même moins humiliant de montrer ses bourrelets à quelqu'un qui en a aussi, non ?

 

La porte s'ouvre et Olivier est là, tout sourire dans son slim taille 0.

 

Mon premier réflexe est de repartir immédiatement. Las, c'est sans compter H et J qui me poussent et font barrage de leur corps. Je me faufile dans l'entrée étroite et me dis que si déjà je suis limite trop grosse pour le couloir, je ne risque pas d'enfiler une quelconque robe de mariée. De toutes façons, que ce soit clair, dans cinq minutes c'est plié, au revoir les fourreaux, bonjour les leggings.

 

Et puis...

 

Et puis le corridor débouche sur l'atelier et je décide immédiatement que cet endroit est ma nouvelle maison. Tout est rose et doré, des robes couleur du temps et de lune sont accrochées un peu partout. Sur des commodes rococo, trônent des diadèmes de princesse tandis que des étoles en soie flottent ça et là. A tous les coups, Marie-Antoinette  est planquée derrière un paravent en train de boulotter des macarons Ladurée.

 

H et J sont comme deux enfants elles font des « ah » et des « oh » et ne font plus du tout attention à moi. Ce serait le moment idéal pour me carapater. Sauf que forcément, je veux ma robe de fée, maintenant.

 

Olivier me tire de mes rêveries et m'explique tout doucement comme il le ferait avec une enfant qu'avant toute chose, il lui faut savoir un peu qui je suis et ce que je recherche. Ça à priori, c'est facile, je peux le faire.

 

Il me pose donc tout un tas de questions : est-ce que j'aime la dentelle ? Non. Est-ce que je veux une robe longue ? Non. Est-ce que j'aime les bustiers ? En aucun cas. Est-ce que je veux quelque chose de moulant ? Et pourquoi pas un maillot de bain pendant qu'on y est ? Comment je vois ma robe de mariée ? Heu... fluide, pas trop blanche, camouflant TOUT, resserrée sous la poitrine pour cacher mon ventre et en dessous du genou parce qu'au dessus, bref, ça semble évident.

 

Une fois le questionnaire terminé, Olivier a toujours le sourire et me rend son diagnostic : « En fait, vous voulez une chemise de nuit... ».

 

H et J me lancent un regard réprobateur. Les mines de sel ne sont pas loin. Les garces sont clairement du côté d'Olivier. Elles doivent s'imaginer que si ça se trouve il leur filera une étole gratos en remerciement. La nature humaine est bien moche, me dis-je.

 

Toujours très professionnel bien qu'un peu las, Olivier me fait une proposition. Il va me faire essayer deux trois petites choses dans lesquelles il m'imagine et si ça ne me plait pas on en reste là. J'accepte sentant que si je refuse j'en ai pour la journée avec les deux cerbères.

 

Je disparais donc derrière le rideau de la cabine et entend Olivier me demander : « Vous chaussez du combien ? ». Là, je sens qu'il y a un piège. Une novice donnerait sa pointure de pieds. Mais on ne m'y prendra pas, je me doute qu'il veut connaître ma taille de vêtements. On est couture ou on l'est pas, et quand on est couture, on PARLE couture. Je sens que je vais le bluffer et qu'il va regretter le coup de la chemise de nuit.

 

- Du 44 - 46, tout dépend des modèles, réponds-je, très pro.

 

Le silence gêné qui suit ma réponse ébranle quelque peu mon assurance. Je passe la tête par le rideau et je vois H et J se gondoler tandis qu'Olivier, en vrai gentleman, me confie sans ciller qu'il n'avait pas remarqué que j'avais de si grands pieds.

 

Et voilà, cette fois-ci il est renseigné, il a affaire à un cas désespéré. Le pire c'est qu'à tous les coups son inconscient retiendra que j'ai des péniches taille 46. C'est comme les rumeurs, ça. On a beau ensuite les démentir, une fois le venin distillé, c'est TER-MI-NE.

 

Olivier tente de me réconforter, m'apporte une paire de mules en 38 - d'où la question - et revient avec un premier modèle : une jupe longue en soie et organza accompagnée d'un bustier en dentelle de Calais. Le tout blanc ou plutôt ivoire.

 

A suivre...

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La robe de mariée

Alors voilà. Après avoir dit "oui", il a fallu penser à la robe. Pour certaines, j'imagine que penser à "ça", c'est un plaisir, une joie, un fantasme. Pour moi, jusqu'à ce que je rencontre mon magicien, c'était une angoisse, une peur, une obligation. Non mais il faut me comprendre. Imaginez qu'à 36 ans, je viens à peine d'oser mettre une robe noire - plus proche de la housse que du fourreau, qui plus est. Par conséquent, franchir le pas de la meringue c'est comme qui dirait assez paniquant. D'autant que je n'en ai JAMAIS rêvé. Si, c'est vrai. Beh ouais, c'est comme ça, moi le coup du mariage et des flon-flons, ça n'est pas dans mes gênes. D'ailleurs, je dois bien vous l'avouer, même aujourd'hui, à quelques semaines du jour J, je m'y intéresse... de mon mieux. Attention, que les choses soient claires, je suis ravie. Et sûre. De moi. Et de lui. Et aussi de nous. Mais je n'y peux rien, la couleur des bouquets sur les tables, le déroulement exact de la journée, le choix des dragées et toutes ces choses, comment vous dire... je m'en balance. Je ne vois qu'une explication, j'ai pas le gêne de l'organisation d'un mariage. A mon avis il doit être fourni en package avec ceux du chignon parfait, de la chemise blanche sans tache jusqu'au soir, de la penderie bien rangée et des stylos qui ne coulent jamais. Et moi, ce pack là, manifestement, mes géniteurs ont oublié de le commander au moment de la conception.

 

Par conséquent, autant vous dire que le fait que dans un mois il y ait de grandes chances que je me présente en robe blanche ou presque à la mairie pour dire oui, ça tient du miracle. Et à l'origine de ce miracle, il y a une rencontre. 

 

Je vous raconte ?

 

Alors voilà. Un lundi de janvier, je trouve à la fin du Elle l'adresse d'un styliste spécialisé en robes de mariées qui oeuvre dans un atelier privé. L'article est court mais élogieux et vante l'accueil charmant du monsieur. Par curiosité et pour échapper à la perspective d'entrer dans un magasin plein de montgolfières en chantilly pour m'entendre dire par une adepte du 0% qu'en tailles 44 - 46, madame, ce modèle on ne le fait pas, je cède à une impulsion passagère et appelle le monsieur. Sa voix pleine de sourires me botte. En deux minutes rendez-vous est pris pour la semaine suivante.

 

Je clame dans la foulée sur tous les toîts que j'ai trouvé ma robe de mariée même si je suis plus ou moins consciente que je présume légèrement de mes forces et surtout de celles de celui que bientôt j'appellerai Olivier.

 

Le jour du rendez-vous en revanche je trouve des tonnes de raisons pour ne plus y aller. J'ai grossi d'au moins douze kilos c'est une évidence, je suis une antiquité à moi toute seule, il va croire que je viens pour ma fille, en plus je ne suis pas épilée et avec un peu de chance je pue des pieds.

 

J'appelle alors une amie pour l'informer que finalement je renonce à la robe de mariée, je trouverai bien un truc blanc chez H&M et au pire j'irai devant monsieur le maire en robe noire et leggings.

 

L'amie en question, douce et magnanime, que je nommerai tout simplement H. pour préserver son anonymat, sait trouver les mots qu'il faut: "Tu ramènes tes fesses à 13h30 comme convenu. Si tu n'y es pas tu n'es qu'une poule mouillée. En plus je te frapperai avec des étiquettes qui grattent jusqu'à la fin de tes jours, espèce de cruche en leggings".

 

Réconfortée grace à la force de l'amitié, je brave ma peur et accepte le défi. Ok, en vrai je m'aperçois que j'ai moins peur d'essayer un fourreau que d'affronter la colère de H. 

 

Je la retrouve donc devant la porte de l'atelier, ainsi que J, appelée à la rescousse pour s'assurer que je ne m'enfuirai pas en loucedé. Encadrée de mes deux gardes du corps, je sonne à la porte de celui qui va bientôt changer ma vie...

 

(Si c'est pas du teasing de la mort qui tue, je ne m'y connais pas).

 

A suivre, donc...

Edit: J'ai enfin réussi à rapatrier de mon ancien blog le minute par minute de la demande en mariage, au cas où certains voudraient y accéder, c'est là

Edit2: Et la suite du minute par minute est ICI

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Problème vital de gras du bras

Bon. Puisque vous n'avez pas l'air contre l'idée en cette fin de studieuse journée - hum - de parler de futilités ayant un léger rapport avec cette drôle de chose qu'est le mariage, je me permets de vous soumettre un léger problème qui me tarabuste depuis quelques jours.

 

Alors voilà. Je voudrais me débarrasser pour le jour J du teint de bidet qui me caractérise en ce joli mois de mai, surtout au niveau du buste, car qui dit bustier dit gras des bras et compagnie. Et qui dit bras bronzés, dit moins de gras visible. Ok, peut-être que c'est dans ma tête mais bon, le fait est que je me sentirai beaucoup mieux ce jour là si j'ai la gelly un peu hâlée. Donc, mon dilemne est le suivant: étant donné que je ne suis pas à l'aube de me payer une semaine aux Antilles, UV ou autobronzant ?

 

Le problème avec les UV c'est qu'en professionnelle de l'hypocondrie, j'ai très peur du mélanome, ou que la machine se détraque et que mon gras du bras soit brulé et donc encore plus boursouflé. En plus j'en ai jamais fait et l'idée d'aller dans une boîte à rayons, ça me fiche la trouille.

 

Quant à l'autobronzant, outre le fait que ça sent super mauvais sur moi - et même quand l'effet a disparu ce qui vous l'admettrez est un peu ballot - et que je ne suis jamais parvenue à un résultat uniforme, j'ai ouïe dire que ça pourrait déteindre sur mon bustier en organza qui devrait me coûter non seulement les études de mes enfants mais probablement un ou deux reins en sus. Je sais, j'ai peu de chances de m'en resservir au débotté pour une bouffe entre copains. Mais même pendant la soirée, l'idée que les gens puissent imaginer que j'ai mis du fond de teint sur mes seins et qu'il est à présent en train de dégouliner sur la chemise de mon cavalier ne me dit rien qui vaille...

 

Bref, je suis persuadée que l'un ou l'une d'entre vous peut me confirmer ou m'infirmer cette information selon laquelle l'autobronzant ça déteint.

 

Edit: Et oui, c'est comme ça, au lieu de m'arrêter, je dégaine deux billets dans la journée, tous deux d'une importance capitale en plus. Je me surprends moi même au niveau de ma stratégie médiatique.

 

Edit 2: Je tiens à vous signaler au cas où vous zapperiez les comms du billet précédent que l'homme a réapparu et s'est fendu d'un petit mot. Je vous le dis parce que si personne ne lui répond, il va me redévelopper un complexe, ce qui ne m'arrange pas car qui dit homme complexé... bref lisez mon livre.

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