Pensées d'une ronde

Tu veux ou tu veux pas ?

kamasutra

La scène se passe encore et toujours dans un lit parce que comme l'explique si bien Sally à Harry, "le carrelage de la cuisine c'est trop froid"...

Lui: Mmmm, j'ai envie de toi, viens là...

Elle: Rohh, qu'est-ce que t'es pressé...

Lui: Oui je suis pressé, j'ai envie depuis tout à l'heure, au restaurant. Viens... (il se jette sur elle)

Elle: Mais, attends, j'ai pas envie comme ça moi, doucement un peu...

Lui: T'inquiète pas, je vais m'occuper de toi, on va prendre tout notre temps. (Il la caresse et l'embrasse)

Elle: Non, mais c'est pas ça, c'est juste que tu ne me donnes même pas le temps d'avoir envie. Je sais pas moi, c'est bon aussi de sentir qu'on doit séduire l'autre. J'ai envie de te conquérir, tu vois ? Là à peine la lumière s'éteint que tu es au garde à vous. Tu parles d'un suspense...

Lui: Ben quoi, tu devrais être contente, non ? Et puis c'est bon, je suis conquis, depuis le temps. Tu sais bien comment je suis. J'ai des gros besoins, moi.

Elle: Et jouer un peu la comédie, c'est pas possible ? Faire genre que tu n'es pas sûr, que tu ne sais pas, que tu préfères attendre un peu... Regarde, moi, quand je te fais mariner, t'aimes ça, non ?

Lui: Bof... Je n'ai pas trop le choix surtout. Bon, d'accord, je te laisse venir. J'attends.

Dix secondes après

Lui: A y'est ? T'as vachement attendu, non ? Tu dois être super excitée, là, à mon avis...

Elle: T'arrêtes un peu ! ça fait à peine dix secondes.

Lui (bougon): Oh... moi j'en ai assez. Puisque c'est ça, bonne nuit. (Il se tourne)

Cinq minutes après

Elle: Hé...

Lui: Gprpprpmppfff...

Elle: Tu dors ?

Lui: Mmmmmoui...

Elle: T'es sûr ?

Lui: Mmmmm... j'ai sommeil, là, je suis en train de m'endormir...

Elle: Tu veux plus ?

Lui: Ben non, j'ai trop sommeil, tant pis.

Elle: T'as plus envie de moi, j'ai compris.

Lui: Mrgmrgrmrpffff...

Elle: C'est parce que j'ai grossi ? J'en suis sûre. Tu me trouves énorme, c'est ça. Du coup t'as plus envie de moi.

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Une mégère pas très apprivoisée

m_g_re

Il y a des jours comme ça... ça ne vous arrive jamais ?

Des jours où on a beau savoir qu'on va trop loin et où on continue malgré tout...

- Non mais c'est quoi cette chambre là, les enfants ? Un vrai dépotoir. Vous allez me faire le plaisir de ranger ça immédiatement. Je vous avertis, je repasse dans une heure et tout ce qui traine encore part à la poubelle. Et je serais vous je ne rigolerais pas parce que moi je ne plaisante pas DU TOUT.

Quoi, pourquoi tu me regardes comme ça, toi ? Oui je suis énervée, et tu n'y es pas pour rien. D'abord si tu pouvais arrêter de machouiller ton chewing-gum comme ça ce serait génial. Ce bruit est insupportable. Et puis la lampe de la salle de bain a encore grillé. Depuis le temps que je te demande de voir ce qui cloche. L'ampoule lache tous les trois jours. Et comme par hasard quand c'est moi qui suis dans mon bain.

Et la tringle à rideaux ? On n'est pas censés en acheter une autre ? Mais non, rien. J'en ai ras-le-bol qu'on remette tout à demain comme ça, tout le temps.

Bon, cette chambre, on en est où ? Hein ? Vous n'avez rien fait là, je rêve ou non ? Quoi vous jouez ? Je pensais avoir été claire. Tout ce qui traine part à la benne. Oh et puis faites comme vous voulez, si vous voulez vivre dans une porcherie, c'est votre problème.

Où est passé mon Elle ? C'est incroyable. Je ne demande pas grand chose, là. Juste pouvoir lire mon Elle tranquillement. Forcément, il y a UN truc qui est parti à la poubelle, c'est mon Elle. De toutes façons personne n'en a rien à faire. Moi je dois faire attention à tout le monde mais alors pour qu'on fasse attention à moi, je peux toujours courir.

Ah et je t'avertis, ce soir, je n'ai pas du tout envie d'aller chez L et J. Tu iras tout seul, de toutes façon tu seras bien mieux sans moi. Je suis vilaine, énorme et je n'ai rien à me mettre.

- Hey, ça ira là ? Tu te calmes maintenant ? Qu'est-ce que tu nous fait ?

...

- Rien. De toutes façons tu ne peux pas comprendre. (après un temps)... J'ai grossi.

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Quand est-ce qu'on sait ?

baiser_rodin

La scène se déroule dans un lit, parce que c'est toujours au lit qu'ont lieu les conversations les plus importantes. Les plus intimes aussi. Il et Elle chuchotent, serrés l'un contre l'autre.

Lui: Ils grandissent, hein, nos petits...

Elle: Et oui... Ce ne sont vraiment plus des bébés. Bientôt ils ne voudront plus qu'on les embrasse. Tu te rends compte ? Plus de calins...

Lui: Je ne veux pas qu'ils grandissent comme ça moi. C'est trop tôt, je n'ai pas eu mon compte. Il ne nous reste plus qu'à en faire un autre !

Elle: N'importe quoi ! Je croyais qu'on était d'accord, que c'était terminé ? Tu sais bien, ce serait compliqué avec trois enfants. On n'a pas la place. Avec mon travail, ça ne serait pas possible. Et puis on vient d'en sortir. Non, vraiment, c'est terminé.

Lui: Oui, tu as raison.

Après quelques minutes...

Elle: Tu étais sérieux ?

Lui: Non, je plaisantais, c'est juste que je suis nostalgique, mais au fond de moi je sais que c'est terminé.

Elle: Ah...

Elle se retourne dans le lit en s'éloignant ostensiblement de lui

Lui: ça va ?

Elle: Oui, ça va.

Lui: Ben non, ça n'a pas l'air. Qu'est-ce que tu as ?

Elle: Non, rien.

Lui: Allez, dis-moi.

Elle: Y'a que tu ne veux plus d'enfants. Y'a que c'est comme si j'étais ménopausée. D'un coup. Y'a que je vais avoir cinquante ans.

Lui: Dans quinze ans. Tu vas avoir cinquante ans dans quinze ans.

Elle: Oui et bien ça pourrait être demain puisque de toutes façons je suis hors service maintenant.

Lui: Mais enfin, tu es la première à dire que ce ne serait pas possible ? On était d'accord, non ?

Elle: Tu comprends rien ! C'est pas pareil si c'est moi qui le dit. Et puis là tu as réveillé mon instinct maternel. Du coup là, j'ai mal. Tu as fait joujou avec mon utérus. Tu lui as fait croire pendant deux secondes qu'il pouvait encore servir. Et ensuite tu lui as claqué la porte au nez. Sans aucun ménagement. Tu sais quoi ? C'est moche ce que tu as fait, c'est très moche.

Après un temps...

Lui: Tu es sérieuse ? Tu veux un autre enfant ?

Elle: Non, je ne crois pas. Mais je ne veux pas que tu n'en veuilles plus. Je veux que ça reste possible, je ne peux pas écrire le mot fin.

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On s'était dit rendez-vous...

Dans une soirée, la ronde a retrouvé un ami de lycée, un de ceux qui à l'époque lui avait fait verser des larmes amères. Trop grosse pour lui, s'était-elle dit, trop moche, trop nulle, personne ne m'aimera jamais... Il avait en effet préféré qu'ils restent amis. Pendant des mois elle avait fantasmé sur le jour où elle lui en mettrait plein la vue. Ce jour chéri où il ramperait à ses pieds en pleurant qu'il s'était trompé.

Que la première qui ne s'est jamais fait ce genre de scénario me jette la première pierre. Sauf qu'en vrai, je ne sais plus où j'ai lu ça, quand on retombe sur ce mec qu'on souhaite scotcher d'amour, on est encore plus moche que le jour du fameux rateau douloureux. On regrette alors amèrement d'avoir rêvé de le rencontrer par hasard et de n'avoir donc pas eu le temps ou l'occasion de faire en sorte d'être au top.

En l'occurence, dans cette soirée de la vraie vie, dix ans après, il ne s'est pas passé grand chose, mis à part ces quelques mots échangés...

- "Alors comme ça, tu ne fumes plus ?"

- "Non, je ne fume plus. Je ne fais plus de régimes non plus. Tu vois, en dix ans, j'ai finalement réussi à changer. Un peu".

- "Tu sais quoi ? Ne change plus rien maintenant. Parce que ça te va bien de ne plus faire de régimes. Tu es... tu es bien".

Il y a des soirs, comme ça, où on se dit que vieillir ce n'est pas si mal. Il y a des soirs où l'on a l'impression très nette qu'il est temps de dire adieu à cette fille que l'on détestait tant. Il y a des soirs où par le hasard de retrouvailles, on mesure le chemin parcouru et où l'on se rend compte que l'heure de la réconciliation avec soi même a sonné.

Après ce compliment anodin, je l'ai regardé et je n'ai évidemment rien retrouvé de ce qui m'avait fait craquer en 1ère B...

Alors mes yeux se sont posés sur l'homme, le mien, avec ravissement et reconnaissance pour ce qu'il a su voir et comprendre. Et avec un peu d'étonnement qu'il parvienne à me supporter.

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