Pensées d'une ronde

C'est si bon...

Bon, j'avais décidé de faire la grève. Un acte symbolique, de rébellion. Je voulais, par mon silence, protester contre cette arnaque à l'amour qu'est la Saint Valentin. Je voulais manifester ma solidarité avec tous les célibataires - surtout ceux qui le vivent mal parce que les autres ne m'ont rien demandé on est bien d'accord - qui vont endurer toute la journée les mièvreries de rigueur en ce 14 février. Mais finalement, je me dis que mon silence ça va pas peser bien lourd dans tout ce vacarme. D'autant que je suis bien évidemment une people maintenant que je suis miss. Mais en même temps, les miss canalblog, chais pas, ça reste encore assez confidentiel. Du coup, je décide de continuer à occuper le terrain, on sait jamais.

Pourquoi je déteste le 14 février ? Par grand principe. Bon, ok, c'est surtout parce qu'avant de rencontrer l'homme, j'ai vécu des dizaines de Saint Valentin à pleurer dans mon lit le soir convaincue que je mourrais dévorée par des chiens que je n'avais même pas. J'aurais tué n'importe quel couple d'amoureux, comme ça, gratuitement. Je ne l'ai pas fait parce que Midnight Express à l'époque m'avait légèrement traumatisée et que je ne suis pas loin de penser que les prisons françaises et les cachots turcs, c'est même combat.

Le pire c'est que bon, je n'ai pas non plus connu qu'un seul sabre laser dans ma vie. Mais comme par hasard, le jour de la saint valentin, ça ne manquait jamais, pof, seule, single, cé-li-ba-taire. Beurk, pas sexy en cette société ou tout marche par deux.

Bref, je peux vous dire que pour mon premier 14 février avec l'homme, tout en conspuant cette fête du marketing, je rêvais en secret d'un repas aux chandelles avec gros caillou dans ma coupette de rosé à la fin. Et puis rien, nada, que dalle, j'étais tombée sur le Ben Laden de la Saint Valentin. Le genre à non seulement mettre un point d'honneur à ne RIEN m'offrir ce jour là mais même à être exprès désagréable. Du coup, depuis dix ans, la saint valentin, c'est limite mon pire jour de l'année.

Et puis ce matin, comme c'est mercredi, je me suis levée un peu plus tard. Les enfants - dressés à la perfection - ont joué dans leur chambre, comme deux anges. L'homme a lui aussi décidé de trainer un peu. On s'est collés l'un contre l'autre dans un demi-sommeil, et on a savouré ces minutes volées. "C'est bon d'écouter la pluie avec toi" m'a-t-il chuchoté. Alors j'ai compris que la Saint Valentin,  comparée à un homme qui aime écouter la pluie le matin avec moi, ça fait juste pas le poids.

A tous les amoureux, je dis, savourez, parce que c'est si bon. A tous ceux qui cherchent encore leur chat, je dis que demain est un autre jour. Et que souvent, la vie a plus d'imagination que vous ne le pensez. Et puis à tous ceux qui se fichent de trouver leur moitié pour la bonne raison qu'ils n'y croient pas à tout ça, et bien je dis que personnellement, je ne crois pas non plus à ces histoires de moitié. Juste au plaisir d'écouter la pluie, parfois, à deux.

EDIT: la photo n'a rien à voir avec la choucroute, encore moins avec la Saint Valentin. Mais je voue une passion à ce petit village "sous le soleil". Et c'était un bon moment, de voir ce soir là la pénombre tomber sur le port...

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Embouteillages

Alors cette fois ci, la scène se passe... dans une voiture. Et toc ! Parce que je ne sais pas vous mais chez l'homme et moi, la voiture... aïe.

Et quand je dis "Aïe", je suis très très très en dessous...

Lui: A ton avis on prend le périph ou on passe par Paris ?

Elle: Je n'en sais rien, c'est toi qui conduis, c'est toi qui décides.

Lui: Bon, on n'a qu'à prendre le périph alors.

Elle: mmm mmm...

Cinq minutes plus tard, coincés sur le périphérique.

Elle: C'est pas vrai, merde, on va mettre une heure pour faire deux cent mètres.

Lui: Ben ouais, c'est incroyable qu'à cette heure ci il y'ait autant de m...

Elle: En même temps on le sait, que le périph c'est l'horreur. (après un silence) A tous les coup dans paris y'a pas un chat.

Lui: Heu... quand je t'ai demandé...

Elle: Oh ça va hein ! Dans cinq minutes ça va être de ma faute aussi. Assume tes décisions, quand même.

Lui: Ok, ok.

Elle: De toutes façons si j'avais dit "on passe par Paris", tu m'aurais répondu que le périph c'est plus rapide. Ne me dis pas le contraire c'est à chaque fois pareil.

Lui: Je rêve.

Silence de plomb

Elle (ne pouvant pas s'en empêcher): En plus c'est moche et ça pue ici. C'est incroyable que tu me fasses à ce point pas confiance. A croire que parce que j'ai pas monsieur pénis entre mes jambes je suis inapte à tout ce qui a un rapport avec la voiture.

Lui: Mais tu délires ou quoi ! Je t'ai DE-MAN-DE !

Elle: Oh écoute, hein, le débat est clos, on est coincés sur ce périph à la con, on va pas non plus en rajouter en s'engueulant. C'est juste que de penser qu'on pourrait être arrivés si tu m'avais écoutée, ça me rend littéralement malade. Et le pire c'est que tu ne veux même pas le reconnaître. En même temps je ne sais pas pourquoi je m'étonne, une mauvaise foi pareille c'est typiquement masculin.

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