Pensées d'une ronde

Quand est-ce qu'on sait ?

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La scène se déroule dans un lit, parce que c'est toujours au lit qu'ont lieu les conversations les plus importantes. Les plus intimes aussi. Il et Elle chuchotent, serrés l'un contre l'autre.

Lui: Ils grandissent, hein, nos petits...

Elle: Et oui... Ce ne sont vraiment plus des bébés. Bientôt ils ne voudront plus qu'on les embrasse. Tu te rends compte ? Plus de calins...

Lui: Je ne veux pas qu'ils grandissent comme ça moi. C'est trop tôt, je n'ai pas eu mon compte. Il ne nous reste plus qu'à en faire un autre !

Elle: N'importe quoi ! Je croyais qu'on était d'accord, que c'était terminé ? Tu sais bien, ce serait compliqué avec trois enfants. On n'a pas la place. Avec mon travail, ça ne serait pas possible. Et puis on vient d'en sortir. Non, vraiment, c'est terminé.

Lui: Oui, tu as raison.

Après quelques minutes...

Elle: Tu étais sérieux ?

Lui: Non, je plaisantais, c'est juste que je suis nostalgique, mais au fond de moi je sais que c'est terminé.

Elle: Ah...

Elle se retourne dans le lit en s'éloignant ostensiblement de lui

Lui: ça va ?

Elle: Oui, ça va.

Lui: Ben non, ça n'a pas l'air. Qu'est-ce que tu as ?

Elle: Non, rien.

Lui: Allez, dis-moi.

Elle: Y'a que tu ne veux plus d'enfants. Y'a que c'est comme si j'étais ménopausée. D'un coup. Y'a que je vais avoir cinquante ans.

Lui: Dans quinze ans. Tu vas avoir cinquante ans dans quinze ans.

Elle: Oui et bien ça pourrait être demain puisque de toutes façons je suis hors service maintenant.

Lui: Mais enfin, tu es la première à dire que ce ne serait pas possible ? On était d'accord, non ?

Elle: Tu comprends rien ! C'est pas pareil si c'est moi qui le dit. Et puis là tu as réveillé mon instinct maternel. Du coup là, j'ai mal. Tu as fait joujou avec mon utérus. Tu lui as fait croire pendant deux secondes qu'il pouvait encore servir. Et ensuite tu lui as claqué la porte au nez. Sans aucun ménagement. Tu sais quoi ? C'est moche ce que tu as fait, c'est très moche.

Après un temps...

Lui: Tu es sérieuse ? Tu veux un autre enfant ?

Elle: Non, je ne crois pas. Mais je ne veux pas que tu n'en veuilles plus. Je veux que ça reste possible, je ne peux pas écrire le mot fin.

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On s'était dit rendez-vous...

Dans une soirée, la ronde a retrouvé un ami de lycée, un de ceux qui à l'époque lui avait fait verser des larmes amères. Trop grosse pour lui, s'était-elle dit, trop moche, trop nulle, personne ne m'aimera jamais... Il avait en effet préféré qu'ils restent amis. Pendant des mois elle avait fantasmé sur le jour où elle lui en mettrait plein la vue. Ce jour chéri où il ramperait à ses pieds en pleurant qu'il s'était trompé.

Que la première qui ne s'est jamais fait ce genre de scénario me jette la première pierre. Sauf qu'en vrai, je ne sais plus où j'ai lu ça, quand on retombe sur ce mec qu'on souhaite scotcher d'amour, on est encore plus moche que le jour du fameux rateau douloureux. On regrette alors amèrement d'avoir rêvé de le rencontrer par hasard et de n'avoir donc pas eu le temps ou l'occasion de faire en sorte d'être au top.

En l'occurence, dans cette soirée de la vraie vie, dix ans après, il ne s'est pas passé grand chose, mis à part ces quelques mots échangés...

- "Alors comme ça, tu ne fumes plus ?"

- "Non, je ne fume plus. Je ne fais plus de régimes non plus. Tu vois, en dix ans, j'ai finalement réussi à changer. Un peu".

- "Tu sais quoi ? Ne change plus rien maintenant. Parce que ça te va bien de ne plus faire de régimes. Tu es... tu es bien".

Il y a des soirs, comme ça, où on se dit que vieillir ce n'est pas si mal. Il y a des soirs où l'on a l'impression très nette qu'il est temps de dire adieu à cette fille que l'on détestait tant. Il y a des soirs où par le hasard de retrouvailles, on mesure le chemin parcouru et où l'on se rend compte que l'heure de la réconciliation avec soi même a sonné.

Après ce compliment anodin, je l'ai regardé et je n'ai évidemment rien retrouvé de ce qui m'avait fait craquer en 1ère B...

Alors mes yeux se sont posés sur l'homme, le mien, avec ravissement et reconnaissance pour ce qu'il a su voir et comprendre. Et avec un peu d'étonnement qu'il parvienne à me supporter.

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Ma liberté commence là où s'arrête la tienne.

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La scène se déroule un soir, après le boulot.

- Elle: Au fait, jeudi je sors avec mes collègues. ça ne te pose pas de problème ?

- Lui: Quels collègues ?

- Elle: Ben toujours les mêmes, Laurent, Pascale et Stéphane, pourquoi ?

- Lui: Tu l'aimes bien hein, ce Laurent ?

- Elle: Oui je l'aime bien, il est hyper drôle. Mais c'est juste un copain, tu le sais très bien. C'est même un collègue.

- Lui: N'empêche que tu l'aimes bien.

- Elle: Arrête.

- Lui: Non mais c'est juste que t'es déjà sortie la semaine dernière, alors je me dis que tu l'aimes bien.

- Elle: Ecoute, il faut que tu comprennes que moi j'ai besoin de voir du monde. C'est comme ça, je ne suis pas qu'une mère et une épouse. Je suis aussi une femme, tu vois ? Ce n'est pas bon d'être enfermée dans son couple. C'est pour nous que je sors aussi, tu comprends ? Pour qu'on ne se sclérose pas.

- Lui (narquois): Ouais c'est surtout pour aller picoler avec tes copains.

- Elle : Heu... Je... Non, pas seulement. Et quand bien même, j'ai le droit. Je suis libre que je sache, non ? On n'est plus au 19ème siècle. Je te rappelle qu'on a le droit de vote depuis un demi-siècle. Va falloir que tu sois un peu moins exclusif mon chéri. J'ai besoin de mon indépendance. Ce n'est pas contre toi c'est une question d'épanouissement personnel. D'ailleurs tu devrais faire pareil. Crois-moi jamais je ne t'empêcherai de sortir avec des copains. Je serai même RA-VIE que tu le fasses. Parce moi, que ce qui te fait plaisir me fait plaisir.

- Lui: C'est bon, c'est bon, Yvette Roudy. Sors avec tes copains mais le Laurent, là, il n'a pas intérêt à regarder tes seins.

- Elle (caline): T'es bête toi... Non mais tu sais, c'est important pour moi de bien m'entendre avec mes collègues. ça permet de décompresser, et puis ça rend le boulot plus humain, tu vois ?

- Lui: Je comprends, je comprends... Tiens, en parlant de collègues, tu sais, Patricia, et bien elle court avec Pierre et moi maintenant, le mercredi à midi. Et elle a été IMPRESSIONNEE par ma foulée.

- Elle (après un temps d'arrêt): Ah oui ? Et elle a rien d'autre à foutre que te regarder, cette garce ? Tu sais quoi ? Je t'interdis d'aller courir à partir de maintenant. Quelle salope tout de même. Elle sait que tu as des enfants ? Y'en a qui reculent devant rien, c'est incroyable. Et toi bien sûr, tu roucoules, hein ? Tu devrais avoir honte. Oui, honte, parfaitement. Tu n'as qu'à le dire si je ne te suffis plus. Tu sais quoi pour jeudi ? Et bien je vais mettre un grand décolleté.

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Un matin, au lit

La scène se déroule dans un lit, un matin, après un réveil crapuleux...

(L'image n'a pas grand chose à voir avec la suite mais ça fait partie de mes incontournables...)

- Elle: J'ai grossi. Au moins deux kilos.

- Lui: mrpfffffhhpfff...

- Elle: C'est cette nouvelle pilule. Je ne vois que ça. Parce que sinon, on ne peut pas dire non plus que je me gave. C'est simple je ne mange rien.

- Lui: mmmmmmm...

- Elle: Non mais je te jure, cette saloperie me donne ENVIE de manger du sucré. Je résiste je résiste, mais bon, parfois, je craque. Je vais apeler ma gynéco. J'ai déjà un terrain favorable, si les hormones s'y mettent moi je déclare forfait.

- Lui: mmmmmmmmm...

- Elle: ça te dérange ?

- Lui: Quoi ?

- Elle: Que j'ai grossi. ça te dérange ?

- Lui : Mais non...

- Elle: AH !

- Lui (sentant qu'il vient de faire une GROSSE boulette, sans vraiment parvenir à savoir laquelle): Quoi, "AH !" ?

- Elle: J'ai bien grossi, tu viens de le dire très clairement. Merci, c'est vraiment le moment approprié. Un vrai gentleman.

- Lui: Non mais t'es dingue, j'ai RIEN dit !

- Elle: Je te demande si ça te dérange et tu me dis non. Donc IMPLICITEMENT tu admets que j'ai grossi.

- Lui: (gros, gros, très gros soupir)

- Elle: Je te donne un exemple. Si tu me dis: "je perds mes cheveux. ça te dérange, que je perde mes cheveux ?", et que je te réponds: "Non, pas du tout". Tu comprends quoi ? Que tu perds tes cheveux, mais que ça ne me dérange pas. Alors que si je te réponds: "non mon amour, tes cheveux sont magnifiques, ils sont tous là", c'est différent.

- Lui, affolé: Je perds mes cheveux ?

- Elle: Ne t'inquiète pas mon chéri, de toutes façons ça ne me dérange pas...

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Premières étreintes, un autre point de vue

Les premières étreintes, vues du point de vue de l'homme, enfin, de ce que j'imagine être son point de vue... Pour saisir toute l'extrème subtilité ;-) du propos, je conseille de lire au préalable ce billet,

"Allez, je me lance, je l'embrasse. Le cou, d'abord. En général, ça marche, le cou, non ? Ah, oui , ça a l'air de marcher. Oh là là, ses seins... Quelle poitrine ! Un peu lourde, comme j'aime. Une poitrine réconfortante, de femme. J'étais sûr que sa peau serait douce. Merde, je la sens qui se raidit. Je vais trop vite, je n'aurais pas dû arracher les boutons de son chemisier. Calme toi mon grand, calme toi, tu vas tout gâcher. En même temps, sa peau est si douce que j'ai envie de la caresser de partout. Allez, tu as raison ma belle, allonge-toi, on sera mieux. Pas moyen d'aller plus bas, merde. Si ça se trouve je ne lui plais pas. Mes poils. J'ai trop de poils, à tous les coups c'est ça qui la bloque. C'est bien ma veine, je tombe sur une fille qui n'aime pas les hommes velus. Pourtant je n'en ai pas beaucoup en même temps. C'est peut-être ça, en fait je n'en ai pas assez. Manque de virilité. A tous les coups.

Voilà qu'elle me demande à boire. Vite, vite, pourvu que cette pause ne me fasse pas perdre mes moyens. La cata. Le mec qui se ratatine le premier soir. Sûr que là, je ne la reverrai pas. Allez, hop hop hop, je remonte. Ouah, elle est nue sous les draps. Pfiou... Pas de risque que je me ramollise. Ses épaules sont rondes, je les croquerais.

J'y crois pas, elle a à peine bu. Bon, n'y pense pas, reste concentré. Ah bon, pas sur moi ? Dommage, j'aurais pu la regarder en même temps, ne pas en perdre une miette.

Je pourrais au moins enlever ce drap, non ? Non ? Ah, pas de chance, je suis tombé sur une frileuse. En même temps, elle n'a pas froid aux yeux... Bon, allez, je prends les choses en main. Baisse la garde chérie, laisse moi venir.

Un jour, je lui dirai que sous les draps je les vois aussi ses bourrelets. Un jour, je lui dirai que je les aime aussi. Un jour, j'espère.

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Premiers calins...

Bon, grosse grosse journée au boulot, pas le temps pour ce billet passionnant que je comptais vous écrire sur... ah, je ne le dis pas, vous verrez bien demain... ;-) Qui a dit que je n'avais pas d'idée ? Hein ? QUI ???

Donc je vous inflige à nouveau une petite rediff, de saison je pense. Bah oui, l'été, c'est la saison des amours, non ?

 

Premières étreintes

Là, il m'embrasse, c'est bon. Le visage, pas de problème. Embrasse moi tant que tu voudras. Ses mains descendent, aïe. Le cou, c'est parfait, c'est bon le cou, j'adore ça. Ah... les seins. Oui, d'accord, les seins je veux bien, il sont gros, tu vas avoir de quoi faire, ça devrait t'occuper un moment. Pendant ce temps là, tu n'iras pas ailleurs. Oh là là, il ouvre mon chemisier. Non, ça ne va pas être possible, ça, en pleine lumière, comme ça, assise et torse nu, même pas en rêve, mon chéri. Mon ventre rebondit sur mon pantalon et mes seins débordent du soutien gorge. Attends, deux secondes, je m'allonge.

 

Ah, voilà, sur le dos, c'est mieux. Là, à la rigueur, tu peux regarder, tu peux même faire courir ta main sous ma poitrine. Heu...non, le ventre, tout de même, si tu pouvais éviter, ça m'arrangerait. Même sur le dos, il est gros. Mon dieu, s'il réalise à quel point il est gros, il va s'arrêter net, c'est sûr. Il faut que je trouve un moyen de me mettre sous les draps. Mais je ne peux pas le faire avec mes vêtements, je vais avoir l'air ridicule. Et me déshabiller devant lui, plutôt mourir.

 

"J'ai très soif, tu peux aller me chercher un verre d'eau ? merci, tu es gentil".

 

Allez, hop hop hop, on enlève tout ça, le jean, les collants ventre plat sous le pantalon, la culotte géante de Bridget, le soutien gorge, vite vite vite, sous les draps, il remonte. C'est incroyable, il a mis à peine deux secondes. A croire qu'il est pressé. En soi c'est plutôt bon signe, ce qu'il a aperçu ne l'a pas effrayé. Bon, maintenant va falloir boire ce stupide verre d'eau. Ce qui signifie qu'il faut que je me redresse, alors que je suis NUE. Quelle idiote. Je n'ai même pas soif. Le drap, je tiens le drap et de l'autre le verre. Ouf, c'est bon. Allez, viens, je suis prête. Sous la couette, dans le noir, je me sens presque bien.

 

"Sur toi ? Ah, non, je... je n'aime pas trop, je préfère que tu restes comme ça, la première fois, je préfère, je sais, c'est idiot..."

 

Sur lui ! Inimaginable. Autant lui dire tout de suite de s'en aller. D'abord, je vais l'écraser. C'est sûr. Ensuite, s'il en réchappe, il verra mes seins sans soutien-gorge. Qui tombent sur mon ventre. Et mes cuisses. Bien écrasées. Enormes. Non, sur toi, sans façons. Bon, il m'a l'air compréhensif. Et... mmmm... assez doué. Allez, j'arrête de penser à quoi que ce soit. ça va aller, oui, ça va...

 

Heu... non, le drap, s'il te plait, laisse-le, on a beau être en juillet... j'ai un peu froid.

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Logique...

 

- J'en ai ras-le-bol, j'ai encore pris un kilo.

- Tu sais, si depuis dix ans, tu avais REELLEMENT pris un kilo tous les lundis, tu passerais plus les portes.

- C'est parce qu'après, je les reperds.

- Et pourquoi tu ne me le dis jamais, que tu as perdu un kilo?

- Parce que je sais que de toutes façons, je vais le reprendre.

- Alors tu ne devrais pas non plus me dire que tu as pris du poids puisque tu sais que tu le reperds systématiquement...

- ...

Oui, je sais, je sais...

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Dix ans

 

Aujourd'hui, c'est son anniversaire. C'est aussi celui de notre histoire. Dix ans. Dix ans qu'on ne se lasse pas de se demander qui prendra le pain ce soir, qui appelle la baby-sitter pour samedi ou quel film on prend au vidéo. Dix ans que le vendredi est un jour qui sourit parce que les deux matins qui suivront seront doux. Dix ans de "J'ai grossi, non ?", dix ans de "Non, pas du tout".

Dix ans à deux dont six à quatre. Dix ans que sur cette place des Abesses, un soir de lendemain de fête de la musique, après quelques jours de valse hésitation, on s'est serrés fort. Ce soir là, on s'est dit qu'on ne voulait pas que ça s'arrête. Alors on a continué.

Dix ans, et maintenant ? "Maintenant", comme le dit la Maman souris de Claude Ponti, "on voyage..."

Bon anniversaire.

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J'ai grossi, non ?

 

- Si on allait au ciné ce soir ?

- Oui... si tu veux...

- Ben non, si ça te dit pas trop, on n'y va pas.

- Si si, c'est juste que j'ai vachement grossi, non ?

- Alors on va voir quoi ? Tu voulais pas voir Volver ?

- ça se voit, hein ? Je suis sûre que tu trouves que ça se voit.

- On pourrait aller à la séance de 20h, comme ça on rentre pas trop tard ? Attends, je vérifie sur Internet si ça passe au MK2.

- De toutes façon, c'est obligé que tu t'en sois rendu compte, j'explose dans mon jean. J'en ai ras-le-bol, je ne mange rien et je perds pas un gramme. Je sais pas comment tu fais pour te montrer avec moi.

- C'est bon, y'a une séance à 19h50. J'appelle la baby-sitter.

- Non mais c'est vrai, moi à ta place j'aurais honte.

- File moi son numéro, je le trouve plus.

Puis, après un silence

- Hey...

- Oui ?

- Arrête.

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Ce matin

lui: Tu as maigri, non ?

moi: Non, je ne crois pas...

lui: Si, je le sens, là, tes hanches...

moi (l'air faussement dégagé) :Ah bon ? Peut-être...

La balance ensuite interrogée prouvera que non non non, pas un gramme de perdu. C'est ça l'amour aussi, peut-être. Si ça se trouve, il a vraiment l'impression que mes hanches ont fondu...

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Lui et moi dans la rue

"- Je suis aussi grosse que cette fille, là ?

- Laquelle ?

- Celle-là, là, juste devant toi.

- Ben, elle est pas grosse cette fille.

- Elle est pas grosse ? Tu rigoles ? Tu veux dire que je suis plus grosse qu'elle ? Super.

- Mais non, j'ai pas dit ça, tu n'es pas grosse non plus, c'est tout.

- Oui, et bien désolée, mais à partir d'aujourd'hui, navrée de t'annoncer que ton jugement ne vaut plus grand chose. Parce que si cette fille là, devant, là, n'est pas énorme pour toi, alors le fait que tu me trouves ne serait-ce qu'enrobée m'inquiète vraiment. Cette nana, elle a un cul pas possible, c'est incroyable que tu ne t'en rendes pas compte. Il fait deux fois le mien, merde !

- Putain, si tu sais qu'elle est plus grosse que toi alors pourquoi tu me demandes ? Je m'en fous, du cul de cette fille, à la fin ! Le tien me plait, c'est l'essentiel, non ?

- L'essentiel ce serait que tu me regardes vraiment. Je ne vois pas comment mon cul peut te plaire, c'est tout. Et je ne peux pas supporter l'idée que tu me trouves plus grosse que cette fille obèse. Je crois que je vais rentrer, je ne me sens pas bien."

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Larmes de ronde

La ronde voudrait parfois être une toute petite chose...

 

Elle envie depuis toujours ses copines - pour la plupart belles et minces - qui, lorsqu'elles pleurent, attirent les garçons comme des abeilles sur un pot de miel. Une fille qui pleure est si "touchante", confient-ils, se transformant en guimauves ridicules.

 

La ronde, quand elle pleure, a le sentiment pour sa part d'être juste pathétique. Contrairement à ses copines, ses yeux ne se contentent pas de se remplir de larmes, ils gonflent instantanément et deviennent aussi rouges que ceux des lapins albinos. D'étranges plaques roses et urticantes apparaissent ensuite ça et là sur son visage. Ne parlons pas de son nez qui bien sûr se met à couler abondamment. Les reniflements bruyants ainsi provoqués finissent d'anéantir l'aspect soit-disant romantique d'un chagrin de fille.

 

Les rares fois où la ronde s'est effondrée, ses amis garçons se sont donc en général contentés d'une grande claque dans le dos - la même qu'ils auraient probablement réservée à leur meilleur ami - ou pire, de lui tendre un verre d'alcool, sur le mode "bois un coup ça va passer tout ça". Passons sur les "pleure tu pisseras moins" censés la consoler. Rien à voir donc avec les cajoleries exaspérantes dont bénéficient les belles désespérées dès leur premier sanglot.

 

Condamnée à avoir le sens de l'humour - une grosse qui en est dépourvue est tout bonnement infréquentable - la ronde a donc pris le parti d'en rire un peu plus que les autres, les dents serrées parfois.

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Des lettres d'amour

Le parcours amoureux désastreux des jeunes années de la ronde est jonché de lettres d'amour, envoyées comme des bouteilles à la mer aux garçons secrètement convoités.

 

Ces missives n'eurent évidemment jamais l'effet escompté... Outre le fait que la ronde les rédigeait dans un style maladroit et pathétique, elle s'arrangeait de surcroit pour les envoyer juste avant que l'élu de son coeur ne s'absente pour de longues semaines. On ne sait jamais, imaginez qu'il ait eu envie de répondre favorablement à sa requête ?

 

Au cours de cette période, la ronde a donc essuyé pas mal de refus. A la décharge des destinataires de ses déclarations écrites, l'absence de spontanéité de sa démarche avait de quoi freiner un quelconque et très éventuel enthousiasme.

 

Surtout, les pauvres hommes n'avaient rien vu venir. Oui, bien sûr, la disponibilité sans limite de leur chère amie leur avait parfois semblé un peu too much. Bien sûr, ils l'avaient sentie à fleur de peau ces derniers jours. Mais elle avait une telle capacité à masquer ses sentiments que vraiment, non, vraiment, ils étaient loin de se douter qu'elle fût capable de tels emportements amoureux...

 

Ne sachant pas bien comment s'y prendre, les garçons repoussaient donc les avances de la ronde, toujours gentîment, parfois maladroitement "ça n'a rien à voir avec ton physique tu sais...". Et pensaient qu'après cette petite mise au point, leur relation d'antan pouvait repartir de plus belle. Mais la ronde, elle, ne l'entendait pas de cette oreille. Blessée, désespérée, elle se sentait flouée. Elle leur avait tant donné... Et puis honnêtement, comment pouvaient-ils croire que toute l'affection qu'elle leur portait était à ce point désintéressée ?

 

En prenant un peu d'âge, la ronde dût toutefois se rendre à l'évidence... Si dans ces histoires amicales ambigües l'un des protagonistes avait trompé l'autre, c'était bien elle. Elle aurait en outre été bien incapable de mener à bien une quelconque relation physique avec ces garçons. Il eut fallu pour cela s'exposer un peu plus que dans une lettre d'amour vouée à l'échec...

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Une ronde qui drague..

Pour repérer une ronde qui drague, il vous suffit de chercher celle qui regarde ses chaussures, planquée dans un coin.

 

Oui, la ronde a une technique d'approche très particulière. Disons, pour être indulgente, qu'elle en a deux. La première consiste donc à se faire la plus petite possible et à ignorer ostensiblement l'élu de son coeur. Mais attention, elle ne fait pas cela dans un esprit conquérant, genre "plus je vais l'ignorer, plus je vais l'intriguer". Non, le risque pour une ronde serait plutôt que le garçon la regarde... Elle ne conçoit en effet pas du tout pouvoir séduire qui que ce soit. Si le garçon convoité se met à la mater, sûr que ce sera pour se moquer, pense-t-elle.

 

La ronde a donc passé de longues soirées à rêver qu'un prince pas comme les autres l'inviterait à danser, tout en frémissant d'horreur à l'idée que cela puisse arriver.

 

La deuxième façon de draguer de la ronde est totalement différente mais tout aussi inefficace. Elle devient amie avec l'être secrètement aimé. Il n'y a pas de meilleure amie pour un garçon qu'une ronde amoureuse de lui. Compréhensive comme aucune autre, elle s'intéresse au moindre de ses faits et gestes tout en prenant garde de n'être jamais envahissante. Elle l'accompagne dans ses pires virées alcoolisées, ne recule devant aucune plaisanterie paillarde. C'est simple, elle devient le pote dont l'homme a toujours rêvé, avec ce petit truc en plus de féminité, bien pratique lorsque le garçon en question a besoin d'une épaule pour pleurer. Parce que ce qu'elle fait de mieux, la ronde amoureuse, c'est consoler son protégé après qu'une autre qu'elle, la folle, l'ait jeté. Oui, la ronde amoureuse est mieux qu'une amie, elle est la mère, la soeur, la femme sans les mauvais côtés. Elle ne se vexe pas, est toujours là. On peut même à l'occasion poser sa tête sur son sein généreux.

 

Ce que l'homme convoité ne semble pas voir durant cette lune de miel platonique, c'est que sous ce sein généreux un coeur palpite... Bientôt, la ronde n'y tiendra plus, il lui faudra lui avouer, que tout cela, et bien non, ce n'était pas vraiment de l'amitié.

 

Mais c'est une autre histoire...

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Un été en Italie

Cet été là, l'homme l'emmena en Italie. Elle se souvient d'avoir traversé affamée ce pays de cocagne interdit. Elle sent encore les effluves savoureux des pizze, des tomates confites, du pesto et de l'origan grillé. Elle passa trois semaines à humer ces parfums sans céder une fois à la tentation, avec pour seule consolation, cette impression d'être plus légère jour après jour.

 

L'homme la regardait, impuissant, devenir l'ombre d'elle même.

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